Edouard Louis
Edouard Louis

« Toute la tâche de l’art est d’inexprimer l’exprimable » annonçait Roland Barthes à la lisière feutrée de ses fondateurs Essais critiques en une formule incandescente de paradoxe qui pourrait servir de guide idéal à la lecture d’Histoire de la violence d’Édouard Louis. Reparaissant ces jours-ci en collection de poche en Points Seuil, un an après sa tonitruante sortie, ce second et puissant roman, tout de noirceur et décisif de beauté, paraît être traversé du même et définitif constat devant un geste d’écrire qui, pour raconter ce viol qui a déchiré l’existence du jeune homme, ne doit pas, contre toute attente, s’affronter à la terreur sombre de l’innommable mais surseoir à ce qui est déjà nommé dans la langue.

Édouard Louis
Édouard Louis

« Oui, je voulais parler » : ainsi s’achevait le texte publié par Édouard Louis dans Next (Libération, 7 mars 2014), Le plus étonnant pour moi, un texte présenté comme la matrice possible de son second roman. Vouloir parler, comme un je peux et je dois, malgré tout ce qui m’en empêche, le sujet, la honte, la fuite nécessaire, le fait d’avoir déjà dit et redit ce qui s’est passé, à des anonymes (l’infirmière, le médecin, les flics) comme à des proches.
« Oui, je voulais parler », écrire comme on parle, on s’adresse, on interpelle, écrire pour transformer une expérience (terrible, traumatique) en histoire, un sujet en objet littéraire, parler depuis soi pour dire à tous. Ce récit, c’est Histoire de la violence, second livre d’Édouard Louis, au titre comme un essai foucaldien, un « roman » alors même qu’il part de ce qui a été vécu, qui sort en poche, chez Points, aujourd’hui.

Édouard Louis © Jean-Luc Bertini
Édouard Louis © Jean-Luc Bertini

Après le juste succès de son premier roman En finir avec Eddy Bellegueule, Édouard Louis est revenu en 2016 avec Histoire de la violence, âpre et magistral roman, qui évoque cette terrible nuit de Noël 2012 où il rencontre Reda avec qui la douceur des premiers instants va tourner à la violence la plus nue et la plus sombre. Diacritik avait rencontré Édouard Louis en janvier 2016 pour évoquer avec lui ce roman, nous republions cet entretien alors qu’Histoire de la violence sort en poche aujourd’hui, chez Points.

Édouard Louis © Jean-Luc Bertini
Édouard Louis © Jean-Luc Bertini

Après le juste succès de son premier roman En finir avec Eddy Bellegueule, Édouard Louis revient en cette rentrée d’hiver 2016 avec Histoire de la violence, âpre et magistral roman, qui évoque cette terrible nuit de Noël 2012 où il rencontre Reda avec qui la douceur des premiers instants va tourner à la violence la plus nue et la plus sombre. Diacritik a rencontré Édouard Louis pour évoquer avec lui ce roman qui s’impose déjà comme l’un des plus puissants de l’année.

Histoire de la violence

« Oui, je voulais parler » : ainsi s’achevait le texte publié par Édouard Louis dans Next en 2014, Le plus étonnant pour moi, un texte présenté comme la matrice possible de son second roman. Vouloir parler, comme un je peux et je dois, malgré tout ce qui m’en empêche, le sujet, la honte, la fuite nécessaire, le fait d’avoir déjà dit et redit ce qui s’est passé, à des anonymes (l’infirmière, le médecin, les flics) comme à des proches.
« Oui, je voulais parler », écrire comme on parle, on s’adresse, on interpelle, écrire pour transformer une expérience (terrible, traumatique) en histoire, un sujet en objet littéraire, parler depuis soi pour dire à tous. Ce récit, c’est Histoire de la violence, second livre d’Édouard Louis, au titre comme un essai foucaldien, un « roman » alors même qu’il part de ce qui a été vécu.