Alors que paraît L’Autre journal d’Hervé Guibert (L’Arbalète Gallimard) — rassemblant les articles que l’écrivain publia en 1985-1986, mais aussi des entretiens et photographies —, retour sur le premier volume de ces Articles intrépides, paru en 2008 chez Gallimard et regroupant les papiers culturels de Guibert dans Le Monde (1977-1985).

Sophie CALLE, Le nez (2000) © Jean-Baptiste Mondino
Sophie CALLE, Le nez (2000) © Jean-Baptiste Mondino

Les travaux de Sophie Calle sont un partage de la souffrance, du manque, du vide, de la perte. Des enquêtes. Une manière singulière de puiser dans l’intime la matière même d’un partage. De croiser le quotidien et la fiction. De faire des contraintes, des rituels l’exercice d’une liberté insolente. Du pied de nez considéré comme un des beaux-arts.

« Vision d’orage », non dans les « ruines du vieux Rome », mais en Louisiane, sur l’Isle de Jean Charles et à La Nouvelle-Orléans, dans New York et sur les côtés du New Jersey, avec Laurent Gaudé, Frank Smith, Nathaniel Rich et Richard Ford, ouragans littéraires. Dans chacun de leurs textes, « le tonnerre résonne », « tourbillonne ». « Comme un ouragan », la tempête en nous, en somme.

Ilestderetour

Mein Kampf, manifeste d’Adolf Hitler dont on connaît la terrifiante postérité, a été écrit en prison, à Landsberg (avec l’aide de Rudolf Hess), et publié en 1925. En 1934, il est traduit en français, sous le titre Ma doctrine. En 2012, l’écrivain allemand Timur Vermes publie un roman Er is wieder da (Eichborn Verlag), traduit 35 langues — et en français par Pierres Deshusses chez Belfond —, un Il est de retour (désormais disponible en poche 10/18) qui résonne étrangement alors que l’on annonce la reparution de Mein Kampf, chez Fayard, traduit par Olivier Mannoni. Le texte nationaliste, antisémite tombe en effet dans le domaine public en janvier 2016.

Faut-il encore présenter Edmund White, biographe de Genet et Rimbaud, romancier américain dont l’œuvre — au-delà de ses qualités littéraires — a contribué à faire reculer les barrières des sexes et des genres ? Qu’il s’agisse de sa tétralogie autobiographique — Un jeune Américain (1982), Tendresse sur la peau (1988), La Symphonie des adieux (1997), L’Homme marié (2000) —, de ses romans, de mémoires (City Boy en  2010), c’est la société américaine que White met en perspective, interroge, dont il sonde les tabous et les avancées, les mutations sociétales et culturelles.

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La télévision et la radio célèbrent leurs archives, pérennisés dans des livres et DVD. Un phénomène qui prend des allures de lame de fond et phénomène de librairie en ce moment, avec une série d’anthologies hagiographiques d’un certain âge d’or — pour des émissions terminées donc mythiques comme Apostrophes ou Le Grand Échiquier — ou toujours sur les ondes, comme Le Masque et la plume.
Tour d’horizon et premier arrêt sur image, avec Le Masque et la plume, institution dominicale et doyenne des émissions de radio en Europe.

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Nos dialecteurs ont un flair littéraire certain, eux qui ont décerné, dès samedi, leur Goncourt à Mathias Enard, pour Boussole, un roman exigeant, littéraire, foisonnant, un récit des frontières, comme celle qui scinde et unit les deux rives d’Istanbul : « se promener dans Istanbul était, quel que soit le but de l’expédition, un déchirement de beauté dans la frontière — que l’on voie Constantinople comme la ville la plus à l’est de l’Europe ou la plus à l’ouest de l’Asie, comme une fin ou un commencement, comme une passerelle ou une lisière, cette mixité est fracturée par la nature, et le lieu y pèse sur l’histoire comme l’histoire elle-même sur les hommes. »

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Un homme pressé, et sans doute blessé. Pour qui nous avons pris le train. L’homme de Phèdre, des Paravents, d’Hamlet, de La Dispute, d’Intimité. Qui révéla Koltès au grand public. Un homme en recherche, questionnant, curieux, ouvert sur les arts, tous les arts, qui dit s’être construit des autres, de ses rencontres* : « apprendre ce que je ne sais pas, d’une certaine façon à devenir la personne que je ne suis pas encore ». Cet homme rare s’appelait Patrice Chéreau.

Capture d’écran 2015-10-30 à 15.25.58Les irrésistibles Recettes de Roald Dahl (Revolting Recipes) est un Folio bilingue, illustré par Quentin Blake, publié en 2009 et toujours en vente libre.

Tout le monde connaît les nouvelles humoristiques et fantastiques et les contes pour enfants (ou adultes restés jeunes ou voulant le paraître) de l’auteur de James et la grosse pêche ou Charlie et la chocolaterie. Le présent volume regroupe les recettes qui émaillent ses récits.

HausseDesPrixLa semaine des prix littéraires a été lancée hier avec le Grand Prix de l’Académie française et ses deux lauréats, Hédi Kaddour pour Les Prépondérants et Boualem Sansal pour 2084. Un prix en miroir comme deux rives de la Méditerranée primées — et jusque là, comment ne pas être d’accord ? — mais aussi le recto et le verso du livre : d’un côté, l’ampleur, la fluidité, un sens inné et merveilleux (au sens étymologique) du détail qui fait sens, de l’autre des métaphores pâteuses, un didactisme tout aussi étouffant et, disons-le, un très mauvais roman : en somme le meilleur (Kaddour) comme le pire.