Le second épisode de la série Faits divers à la une (Arte), diffusé juste après Roswell, se déroule cinquante ans plus tard, sous un pont parisien. C’est ce moment que Robert McLiam Wilson, dans une tribune récente publiée dans Libération, a qualifié de « triomphe du rien », expression qui dit bien le paradoxe oxymorique d’un fait en apparence sans importance pourtant susceptible d’un emballement infini, en ce sens passionnant parce qu’il révèle nos imaginaires, nos constructions fictionnelles comme un moment de l’histoire sociale.

Samedi 9 septembre s’ouvre, sur Arte, la diffusion de Faits divers, l’Histoire à la une, une série documentaire d’Emmanuel Blanchard et Dominique Kalifa, en dix épisodes de 26 mn, autour de faits divers sont des marqueurs à la fois historiques, médiatiques et sociologiques, voire littéraires ou cinématographiques. Ils se sont produits en France, aux USA, au Japon, en Allemagne ou ailleurs mais leur onde de choc est planétaire, ils sont parfois l’épisode initial d’une saga criminelle, selon la loi sérielle du genre, d’autres sont des hapax, tous sont contextualisés et analysés à travers des images d’archives d’une grande richesse, des commentaires de spécialistes (historiens, sociologues, anthropologues).
La série documentaire débute samedi prochain avec ses deux premiers épisodes, L’invention des soucoupes volantes (Roswell) et La presse contre la couronne (Lady Di).

Adapter une œuvre n’est jamais une mince affaire, qui plus est quand il s’agit de concentrer quarante années d’aventures de papier en en deux heures dix-huit de pellicule, fût-elle numérique : en portant Valérian de Christin et Mézières à l’écran, Luc Besson a réussi à son corps défendant à faire voyager son film aux confins du Grand rien. Décryptage et critique aux frontières de la bande dessinée, du cinéma et de la mauvaise foi.

Du 6 au 18 septembre, le Centre Pompidou propose « Après », une exposition in progress d’Eric Baudelaire. Le projet de cette exposition trouve son origine dans les attentats qui en novembre 2015 ont frappé Paris et Saint-Denis. « Après » interroge moins ces attentats que ce qui se passe « après », en posant les questions : comment en parler ? comment en rendre compte ? comment s’en souvenir ?

Après presque douze ans d’absence de la scène littéraire, Christophe Honoré revient en cette rentrée de septembre avec sans doute l’un de ses plus beaux livres : l’inquiet et mélancolique Ton père qui paraît dans « Traits et portraits », la collection de Colette Fellous au Mercure de France.

Les contraires satyres : avec Extases (qui paraît le 6 septembre chez Casterman) Jean-Louis Tripp explore et expose sa part plus qu’intime, dans un récit autobiographique qui le dispute à l’autofiction et met en scène et en images la sexualité et la construction de soi, l’apprentissage et les fantasmes, le réel et l’imaginaire d’un auteur, narrateur et personnage principal.

Là où l’histoire se termine, le quatrième roman d’Alessandro Piperno, est une interrogation aiguë de la filiation et des soubresauts de l’histoire contemporaine, quand tout se fragmente et implose. Mêlant récit intimiste et peinture sociale pour composer une comédie drôle, féroce et parfois mélancolique, le romancier italien sonde l’histoire récente (le terrorisme européen) et révèle les dessous de la haute société romaine, une « bonne société qui n’avait plus de nom à présent, ni de prestige, ni de distinction, rien, que des stocks options, des notifications d’ouverture d’enquêtes judiciaires, quelques mauvais pressentiments de caste » . Quelque chose se termine, en effet.
En mars dernier, Alessandro Piperno a accordé un long entretien à Simona Crippa et Christine Marcandier, pour Diacritik.