Loin des représentations hollywoodiennes de Walker Texas Ranger ou des Highwaymen, le personnage principal de bluebird, bluebird d’Attica Locke n’a rien à voir avec la mythologie de l’Ouest sauvage et ses images de justiciers droits dans leurs bottes, arborant fièrement l’étoile de Ranger. Enquête sur un double meurtre dans l’est du Lone Star State, bluebird, bluebird est une plongée dans le Texas profond et le récit de la quête identitaire d’un Ranger noir trop porté sur l’alcool dans un État au lourd passé ségrégationniste.

Son nom est Bernie, Bernie Gunther. À Berlin à la fin des années 20, l’âge d’or de la République de Weimar touche à sa fin et le jeune enquêteur imaginé par Philip Kerr fait ses premiers pas à la Kriminalpolizei, chargé d’élucider une série de meurtres violents et sordides. Tel est le point de départ d’une intrigue qui mêle adroitement histoire réelle et fiction policière qui convoque des tueurs en série sur fond de montée du nazisme dans le Berlin interlope et doré de la fin des années 20.

1919. L’Inde est toujours britannique et subit la loi de l’Empire via le Rowlatt Act qui donne tout pouvoir au gouvernement anglais pour enfermer les agitateurs politiques. A Calcutta, un jeune capitaine de la police de Sa Majesté enquête sur le meurtre sauvage d’un Sahib. Avec L’attaque du Calcutta-Darjeeling, Abir Mukherjee signe un premier roman policier dense et maîtrisé, sur fond d’aspiration des peuples à disposer d’eux-mêmes et de fin de l’ancien monde. Il sort en poche chez Folio Policier.

Retour gagnant pour Abir Mukherjee avec le deuxième volet des enquêtes indiennes de Wyndham et Banerjee, duo de policiers impériaux dans l’Inde coloniale du début du XXème siècle. Les princes de Sambalpur paraît le 1er octobre en France (toujours traduit par Fanchita Gonzalez Batlle, aux éditions Liana Levi), une affaire qui mêle habilement Histoire et polar, meurtres et mœurs, poids des traditions et cultures inconciliables.

1919. L’Inde est toujours britannique et subit la loi de l’Empire via le Rowlatt Act qui donne tout pouvoir au gouvernement anglais pour enfermer les agitateurs politiques. A Calcutta, un jeune capitaine de la police de Sa Majesté enquête sur le meurtre sauvage d’un Sahib. Avec L’attaque du Calcutta-Darjeeling, Abir Mukherjee signe un premier roman policier dense et maîtrisé, sur fond d’aspiration des peuples à disposer d’eux-mêmes et de fin de l’ancien monde.

Il y avait déjà le Tell No One d’Harlan Coben, il y a désormais Tell No Tales, second polar d’Eva Dolan mettant en scène la section des crimes de haine de l’inspecteur Zigic. Deux ans après Les Chemins de la haine (Long Way Home), Eva Dolan revient avec Haine pour haine (Liana Levi) à Peterborough, ville frontière à une époque charnière au cœur d’un polar social étouffant. Ou comment l’intolérance et le mensonge se font vecteurs de violence et de désintégration du vivre ensemble.

A Peterborough, dans l’est de l’Angleterre, un homme est en fuite dans une nuit boueuse, terrorisé par des poursuivants qui n’en sont pas à leur première exaction. Avec Les Chemins de la haine, Eva Dolan signe un premier roman policier teinté de chronique sociale brute dans une Angleterre en plein Brexit qui cherche un chemin vers son humanité.

Vous qui pensiez connaître l’affaire pour avoir lu Dix petits nègres et le nom de l’assassin nommément désigné par Agatha Christie, révisez votre jugement : Pierre Bayard a mené une contre-enquête tout aussi minutieuse que malicieuse et son verdict est sans appel. The truth is out there, la vérité est ailleurs, conclusion à laquelle les dénouements des épisodes d’X-Files nous a habitués. Retour sur l’un des plus célèbres cold cases de l’histoire littéraire, avec l’inspecteur Bayard, le temps d’un grand entretien.

La mise en scène ne peut être évoquée dans le cadre d’une interrogation sur le roman sans poser tout d’abord cette loi fondatrice : la mise en scène porte une empreinte générique. Elle est liée à l’intime histoire du théâtre, et désigne, comme une violence, le permanent excès du texte de théâtre sur ce qu’il n’est pas : comme si la mise en scène était un théâtre moins le théâtre, l’instance critique d’une théâtralité qui se sait organisatrice de formes sans pour autant parfois vouloir toujours se montrer.

A Peterborough, dans l’est de l’Angleterre, un homme est en fuite dans une nuit boueuse, terrorisé par des poursuivants qui n’en sont pas à leur première exaction.
Avec Les Chemins de la haine, Eva Dolan signe un premier roman policier teinté de chronique sociale brute dans une Angleterre en plein Brexit qui cherche un chemin vers son humanité.

Marion Guillot (Yves Loterie)

Après l’étonnant et dépaysant Changer d’air en 2015, Marion Guillot revient avec C’est moi, l’un des meilleurs romans de cette rentrée d’hiver 2018. Roman policier presque sans police, récit vif et acéré inexorablement tendu vers sa fin, ce deuxième opus de la jeune romancière confirme son indéniable art de tramer une narration depuis les manques et les vides de ses personnages. Ici la narratrice qui partage la vie de Tristan, « côte à côte plus qu’ensemble », doit affronter le brusque décès de l’ami du couple, Charlin, énigmatique personnage. Diacritik a voulu revenir le temps d’un grand entretien avec Marion Guillot sur ce roman aussi neuf qu’haletant.

Oubliez ce que vous croyez savoir du Japon, oubliez les stéréotypes faits de mangas ultra-violents, de rythme de vie effréné, de travailleurs qui se pressent, que l’on pousse dans le Shikansen ou de yakuzas caricaturaux et plongez dans Six-quatre de Hidéo Yokoyama, roman policier captif et captivant paru aux éditions Liana Levi.
Un thriller obsédant qui déploie une intrigue à la poétique d’haïku et met la psychologie des personnages et le poids de la société japonaise tout entière au centre d’une affaire non résolue depuis quatorze ans. 

Sarah Schulman (DR)

Après Delores, de Sarah Schulman, reprend certains codes du roman policier américain : meurtre, enquête, détective narrateur, point de vue unique de celui-ci, dérive urbaine, atmosphère sombre, alcool, etc. Si Sarah Schulman reprend ces codes, c’est surtout pour les déplacer, en faire le moyen de renversements autant que les révélateurs d’une réalité invisible ou invisibilisée.