Ce samedi soir, à Bercy, dans une ambiance presque irréelle, il y avait évidemment pour moi de l’insolite à monter sur scène, en plein milieu de l’ultime concert des Shaka Ponk, afin d’y déclamer le petit message maladroitement slamé qu’ils m’avaient demandé de préparer pour l’occasion.
poésie
Texte-collage, texte-chimère, Le lac [fac-similé], de Ludovic Bernhardt, défie les catégories et les classements.
Après Rien à cette magie, Meta Donna, Et tout soudain en rien, Suzanne Doppelt fait paraître Un beau masque prend l’air construit par une mise en dialogue avec des œuvres picturales. Entretien avec Suzanne Doppelt.
Des livres qui se lisent avec plaisir, il n’en manque pas. Des livres qui se relisent dans la foulée sans ennui, il y en a suffisamment pour alimenter cette chronique. Mais des livres qui se relisent longtemps après, comme si, de nouveau, c’était la première fois, non qu’on ne les ait oubliés, mais parce que nous les appréhendons de manière plus ouverte – la mémoire ayant été, sinon altérée, disons fragilisée, voire trouée, par les effets du temps (la mémoire est un champ de bataille pour les archives) –, il y en a beaucoup moins. On se dit alors : au diable l’actualité, c’est d’eux que nous devrions parler.
Comment écrit-on à trois ? Peut-on penser l’écriture d’un livre où se perdraient, dans l’entremêlement de l’écriture, les voix des poètes qui s’y déploient ?
Ça commence avec Voguer. Le livre passe par les mains de la libraire qui porte un masque sur la bouche et le nez. On est en 2020. Elle retourne le livre. Elle lit la quatrième de couverture : « La nuit des garçons dansent pour conjurer le sort et faire vivre un désir plus grand. » Elle dit : ah oui, on en aurait bien besoin en ce moment. C’était un livre de Marie de Quatrebarbes.
Pour célébrer les 30 ans des éditions Al Dante, le CIPM présente une exposition consacrée à cette singulière aventure éditoriale, poétique et politique, conduite par Laurent Cauwet.
Du 8 au 12 octobre, se tiendra à Nantes la 24e édition du Festival MidiMinuitPoésie organisé par la Maison de la Poésie de Nantes et réunissant poésie, musiques, arts visuels.
Cela fait déjà longtemps que le désir d’associer bande dessinée et poésie travaille souterrainement cette chronique, sans qu’il ne soit pour autant question de rechercher des liens arbitraires, ou de fausses affinités. De timides, ces rencontres sont progressivement devenues manifestes ; et aujourd’hui, peut-être parce que cet épisode de Terrain vague porte le numéro “23” – nombre magique selon moi –, l’« alternance » sera de rigueur : une bande dessinée / un livre de poésie / deux bandes dessinées / deux livres de poésie / une bande dessinée / un livre de poésie.
Claude Adelen n’est pas un poète prolixe, mais chacun de ses livres compte, une douzaine depuis 1968, plusieurs fois récompensés par des prix (dont l’anthologie Légendaire (Flammarion, 2010), qui permet d’en découvrir un vaste empan), comme ont compté ses chroniques de poésie dans la revue Action poétique, en partie rassemblées sous un titre éloquent : L’émotion concrète (Comp’Act, 2004). Son dernier recueil, l’ultime si on l’en croit (mais faut-il le croire ?), est sans doute le plus beau.
Tout est déjà brouillé lorsque je m’empare de vaisseau instantané, aussi nommé instant shipping, petit livre-carte de Léon Pradeau, paru juste avant l’été.
Le livre de Catherine Weinzaepflen, D’ailleurs, se construit autour d’une idée du monde et de ce qui est impliqué par le fait d’y vivre : l’omniprésence, la permanence de l’ailleurs. Le monde n’est jamais entièrement ici, il implique toujours un ailleurs. Aller vers cet ailleurs, s’y trouver, revient à déplacer l’ailleurs qui persiste au-delà de l’ici.
À l’occasion de la parution du Jour de l’oraison, entretien avec Pierre de Cordova où il est question, entre autres, de Bataille, de Barthes, de poésie, de critiquer Orphée, ou encore d’Aya Nakamura.
2 septembre. Des livres « de la rentrée », j’en avais reçu cinq au moment de prendre la route cet été – ce qui était bien suffisant. De retour dans l’atelier, un sixième me parvient, et non des moindres : Ann d’Angleterre de Julia Deck. Je viens d’en achever la lecture. Mais il est trop tôt pour en parler car il faut prendre le temps de faire un peu de ménage : se débarrasser de ce qui, même d’une oreille distraite, a été enregistré de ce qui circule à son sujet ; et aussi de bon nombre de petites pensées qui ont surgi au cours de la lecture et qui, si elles ne se sont pas envolées, se sont accrochées tels de vieux chapeaux sur les patères du corridor mal éclairé que nous traversons parfois la nuit. Travail à la gomme, comme toujours, réactivant le plaisir de la lecture et les sentiers de l’écriture.
La Journée du moelleux est le premier livre de Léo Dekowski. Il a une forme surprenante : la plupart des poèmes sont constitués de longs vers centrés sur la page, certains ne comportant qu’une phrase, voire un seul mot.