Le livre signé Frank Smith est pourtant composé d’énoncés prélevés dans l’œuvre de Gilles Deleuze. Ce livre est-il de Frank Smith ? De Deleuze ? Des deux à la fois puisque, si les énoncés sont de celui-ci, leur prélèvement, leur répétition, leur cadrage est le fait du premier ?
poésie
En guise de premier recueil paru en français de la poétesse américaine Adrienne Rich, on n’aurait pu imaginer meilleur titre que celui de ce livre, Le Rêve d’un langage commun, ouvrage bilingue de plus de 170 pages, traduit par Shira Abramovich et Lénaïg Cariou.
Écrire en non-poète sur la poésie, en s’adressant à des non-poètes, tel est le projet de ces constellations « poétiques ». Encore qu’« écrire sur », rien de moins sûr ; disons plutôt qu’il s’agit de passer un peu de temps « avec », autrement dit en compagnie de livres de poésie, avant de tenter de raccorder par montage ce que la mémoire a accroché au cours de ces lectures (mais comme cette dernière a tendance à s’effilocher, glisser quelques signets entre les pages est plus prudent).
Avec Sauvons l’ennemie, Sandra Moussempès poursuit l’exploration d’une poésie hantée par les figures renversées d’une mythologie intime où le « moi » de la poétesse est disséminé au gré des images mentales et des décors de fictions.
En août 2024, traumatisée par la disparition de mon chat, je me suis interrogée sur ma relation aux animaux : l’idée que la mort d’un mammifère familier puisse susciter autant de désastre que celle d’un humain (émotionnel, sensible, sentimental), que peut-être s’agitent dans mon cerveau les mêmes neurones de désolation, m’interroge.
L’an dernier, les grands commémorateurs de tout poil et de toute brosse se sont enquis de célébrer la naissance du surréalisme. Pour en déterminer la date, instant lustral où l’étincelle doit allumer l’incendie, on a retenu celle de la parution du premier Manifeste, soit 1924.
Poète, critique et traducteur, David Lespiau a fait paraître récemment, aux éditions Héros-Limite, Une danse pour les doigts humains. Entretien avec l’auteur.
Il faudrait rester pour voir. Demeurer là, dans l’attente de voir ce que l’on sait déjà : le film, hantés que nous serions du commentaire du film lui-même, c’est-à-dire des images déjà-là du film que nous n’aurions que trop vu, même si nous ne l’avons pas vraiment ou pas encore vu.
Le titre renvoie à la deuxième Épître aux Corinthiens : « Si quelqu’un est en Christ, il est une nouvelle créature. Les choses anciennes sont passées ; voici, toutes choses sont devenues nouvelles ». La citation choisie par Nathan Trantraal contraste avec le contenu des textes : ce qu’elle affirme est contredit par la réalité, le livre étant structuré par cette contradiction entre un discours et un autre, entre la promesse et la réalité sociale, politique, culturelle, économique.
Dans son œuvre, Guy Bennett s’intéresse aux marges du livre, à ce qui est habituellement situé hors du texte considéré comme le centre du livre, comme ce qui dans celui-ci est l’œuvre, le reste étant jugé secondaire, un supplément.
Il pourrait s’agir d’un livre d’Euclide mais il est signé Marie de Quatrebarbes. Ça pourrait être un livre d’un physicien-philosophe de l’Antiquité, mais c’est un livre de poésie. Ce serait un livre de grammaire autant qu’une poétique, une écriture autant qu’un rapport au monde – un nouveau monde, un monde nouveau dans ce monde.
Quoique cela ne provoque chez lui aucun pathos particulier, à quatre-vingt-cinq ans le poète et traducteur Jacques Darras sent, comme on dit, son heure venir. Simplement, il entend s’interroger réellement, lucidement sur cette frontière qui surgit désormais devant lui.
Elsa Boyer a publié des récits et des essais traversés en particulier par un questionnement sur notre environnement numérique. Elle est également traductrice. Laminaire est son premier livre de poésie. À l’occasion de sa parution, entretien avec Elsa Boyer.
L’immense écrivain Jacques Roubaud vient de mourir. Notre peine est immense. En hommage à son œuvre infinie, Diacritik republie quelques-uns des nombreux articles qui ont jalonné l’histoire de notre journal et que nous lui avions consacrés.
L’immense écrivain Jacques Roubaud vient de mourir. Notre peine est immense. En hommage à son œuvre infinie, Diacritik republie quelques-uns des nombreux articles qui ont jalonné l’histoire de notre journal et que nous lui avions consacrés.