Dans une interview au sujet de Shining, Stanley Kubrick déclare sa déception vis-à-vis du cinéma parlant : On devrait retrouver le charme de la musique et du cinéma muet … Ça a coûté cher au cinéma de devenir parlant, j’aimerais faire un film avec les procédés du muet. Il regrette que le parlant soit devenu théâtral et démonstratif.
Littérature
Poétesse et romancière, Sara Bourre publie Chambre 908, un texte né du deuil de son père. Entre fragments oniriques et récit poétique, elle interroge les frontières du réel et de l’intime, transformant la perte en matière vivante. Entretien avec une autrice qui fait de l’écriture un espace de présence et de métamorphose, traversé par l’absence et le désir de se réinventer.
Philippe Jaccottet aurait eu cent ans cette année. Avec Vers Philippe Jaccottet, le philosophe publie un livre qui rend hommage au poète de diverses manières.
Ça commence par un lundi matin de juillet à la plage.
« Le cri de la vie dans le chant du deuil avec la voix de l’amour » : cette formule de Jérôme Thélot pourrait servir de devise au recueil d’Antonella Anedda, Historiae.
Après Mon corps de ferme (2023), Aurélie Olivier publie Cordon Tombe. Entretien de l’autrice avec Liliane Giraudon.
Justine Arnal écrit à la surface, elle écrit la surface non pour ignorer son envers, ce qui existe et vit au-dessous, mais pour ne pas lui ôter sa nature souterraine, pour ne pas l’exposer – le réduire, l’effacer – à la lumière du langage, pour le laisser à son obscurité, au fait d’être pressenti.
La pulpe et le jus est un premier roman qui ne ressemble à rien de ce qui se publie aujourd’hui.
Véronique Bergen n’écrit pas une biographie de Zoë Lund, pas plus qu’elle ne s’inspire de celle-ci pour un « personnage ». Voyage avec Zoë Lund construit une « figure », met en évidence une forme de puissance pour l’écriture d’un discours poétique et éthique.
Auteur de romans, d’essais décisifs sur le cinéma, critique de cinéma, vivant entre Paris et Berlin, Jérôme d’Estais délivre avec Ange solitaire un roman de toute beauté, construit comme un road movie autour de la figure flamboyante de Zazie de Paris.
Ces dernières années, de nombreux écrivains se sont penchés sur le monde de la justice. Après Notre solitude, de Yannick Haenel, Emmanuel Carrère a publié V13. Avec Balle perdue, s’il est encore question d’une forme profonde de solitude, ce n’est pas au procès d’un attentat que s’intéresse Nane Beauregard, encore moins à un procès récent et médiatique, mais plutôt à la personnalité de Pascual Lozano, un jeune homme d’origine hispanique condamné à mort pour avoir tué une fillette d’une balle perdue au tournant des années 2000.
Le sous-titre du livre de Vincent Debaene énonce l’objet de l’étude : les rapports entre Anthropologie, littérature, discours, et le statut d’indigène – statut évidemment pris dans la situation du colonialisme. Le livre analyse ces relations dans le contexte du colonialisme français, en particulier dans certains pays d’Afrique. La réflexion sur ces rapports interroge la façon dont chacun des termes est, dans ce contexte, lié aux autres, est aussi construit par son rapport aux autres.
Fondées en 2021, les éditions Tango Girafe publient, selon des partis-pris toujours singuliers, de la poésie, de la littérature, des traductions. Entretien avec Françoise Elian.
Depuis une trentaine d’années, Belinda Cannone sonde le désir dans des essais et des romans. Paraît aujourd’hui Comment écrivent les écrivains, un texte polyphonique où se mêlent les voix de quinze écrivains, parmi lesquels Nathalie Azoulai, Jean-Pierre Siméon, Miguel Bonnefoy, Cécile Guilbert, Marie Ndiaye, François-Henri Désérable…
Principalement narrative, l’œuvre de Patrick Autréaux ne cesse de se déplacer, sans se préoccuper des frontières génériques du récit et de la fiction.