Mise en scène par Anne Kessler, une nouvelle Bérénice a été présentée au Théâtre de la Concorde. Dans un décor minimaliste qui ramène le théâtre à la plus pure puissance de la langue de Racine, Anne Kessler a imaginé une interprétation en tension, déchirante. Elle y joue une Bérénice au seuil de l’effondrement et orchestre un quatuor bouleversant avec Stanislas Merhar dans le rôle de Titus, Thomas Blanchard en Antiochus et Évelyne Istria en Phénice.
Littérature
Consacré à l’assassin de Jean Jaurès, Les Morts de Raoul Villain, récemment couronné par le Prix de la biographie Le Point 2026, est autant un livre d’histoire qu’une réflexion en acte sur les limites du récit historique, un essai sur les rapports entre histoire et fiction, entre l’archive, les documents, et leurs marges, leurs manques. Qu’en est-il des vies qui existent dans ces absences ? Mais encore : quel point de vue également politique serait possible à partir de la figure de Raoul Villain ? Entretien avec Amos Reichman.
Ça commence par un trou : sur la première page de mon service de presse, la page est trouée. Je comprends que c’est l’auteur qui me l’a poinçonnée, et déjà, je me dis : cette lecture va vraiment m’intéresser, c’est certain.
Il est des livres dont on garde une trace en soi des années après les avoir lus, d’autres que l’on prend plaisir à relire parce qu’ils ne cessent de révéler leur sens caché. Ceux de Valentin Retz, qui publie ces jours-ci La longue vie, cumulent ces deux qualités.
Transhumaner et organiser est le dernier recueil inédit publié du vivant de Pasolini. Plus de 50 ans après sa parution en Italie, il a fallu le désir d’une poétesse-traductrice (Florence Pazzottu) et la passion intelligente d’une éditrice (Catherine Tourné) pour que ce livre soit traduit et disponible dans son intégralité en français.
On oublie combien un écrivain peut être seul. Y compris à Rome, y compris dans un musée. Éric Reinhardt, qui publie L’imparfait, en sait quelque chose.
Dans son premier recueil, Le bonheur vient d’en bas, la poétesse, artiste, militante et chercheuse nan marci mêle la poésie et la peinture pour construire un refuge à son peuple de traumatisé·es, un soin vénère et politisé – et l’exigence radicale de vérité, contre l’empire de la distorsion et de la violence imposé par les agresseurs.
Après Poèmes à pied, Le Nôtre, L’Âge de verre, ou encore Si riche heure, Cole Swensen fait paraître Et et et qui, à travers une poétique du « et », élabore un texte où le langage s’articule aussi à ce qui lui échappe. Entretien (bilingue) avec Cole Swensen.
Depuis quelques années, Peter Handke publie des livres de plus en plus fins. Tête-à-tête ne fait pas exception. Non pas que l’écrivain n’ait plus rien à dire mais que chaque mot soit employé avec le plus de justesse possible.
À l’occasion de la sortie de la deuxième fournée des éditions Pédale, pédale ! qui réunit des textes érotiques de Florian Bardou, Antonin Crenn, Christophe Pellet et Mathieu Pineau, Pierre Niedergang s’est s’entretenu avec les deux éditeurs de cette collection à destination des pédales et de leurs ami·es, Antonin Crenn et Baptiste Thery-Guilbert.
Nul besoin d’être un intime de l’œuvre d’Hélène Cixous pour goûter le texte que Colin Lemoine lui consacre.
Depuis plus de 30 ans, les éditions de l’Attente publient des livres qui se sont imposés dans le champ de la poésie contemporaine en investissant celui-ci de formes, de questions, de propositions plurielles qui ont participé et participent à son renouvellement, à sa réinvention, à son débordement. Entretien avec Françoise Valéry et Franck Pruja.
La mémoire ensevelie se soulève, fissurant le silence : dans Décharge, Séverine fait jaillir, à travers un long poème, les strates enfouies d’une enfance traumatique.
Tout commence par un titre : Trust. Dans la littérature de Pavel Hak, le titre revêt une importance et requiert immédiatement l’attention et la réflexion du lectorat.
Avec L’homme est une fiction, Carmela Chergui mène l’enquête pour retrouver les traces d’un artiste oublié : l’occasion de remettre en lumière un parcours singulier, marqué par la solitude et la folie, autant que de rappeler à la mémoire un membre de sa propre famille. Ce récit de quête interroge les raisons d’une disparition mais aussi celles d’une biographie.