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Entre le festival d’Angoulême et la polémique, c’est une vieille histoire. C’est aussi presque une fatalité : celle des manifestations publiques qui ne parviendront jamais à satisfaire tout le monde. Y a-t-il eu un festival de Cannes sans grincements de dents ? Une cérémonie des Oscars sans agacement ? Un Prix Goncourt sans remous chichiteux ? Et c’est heureux. Sans désaccord, pas de diversité. Alors, certes, l’édition 2016 du célèbre festival de la bande dessinée a cumulé les casseroles, mais est-ce une raison pour les lui faire traîner encore en 2017 ?

« Faire image, c’est donner du relief, du saillant, du trait, de la présence » clame, en manière d’aphorisme d’une pensée en éclatant précipité, Jean-Luc Nancy au cœur d’Au fond des images dans les ultimes instants de cet essai œuvrant à trouver de l’image son faire présence, trouvant de l’image sa matière de monde et son monde tenu comme grande étreinte du vivant. Nul doute qu’une telle formule par laquelle faire image consiste à rendre le monde présent pourrait venir s’inscrire au fronton de la pensée critique de Christian Rosset sur la bande dessinée, sur son essor à toujours déborder du cadre et à trouver l’atome du monde après le trait, après le mot, dans l’excès toujours concerté et rêvé de la vignette et de la bulle.