Diacritik a toujours eu à cœur de défendre la littérature étrangère et ceux sans lesquels elle demeurerait inaccessible à une grande partie du lectorat français : les traducteurs. Carine Chichereau, traductrice de très nombreux auteurs anglo-saxons, a accepté de tenir une rubrique régulière dans nos colonnes, pour évoquer, en vidéo, un texte dont nous lui devons la version française. Aujourd’hui, Edgar et Lucy de Victor Lodato, paru aux éditions Liana Levi.

Le joyau de Négar Djavadi, Désorientale, paraît dans la collection de poche des éditions Liana Levi, Piccolo. La narratrice, le « je » de la fiction, est Kimiâ, troisième fille de Darius Sadr et de Sara Tadjmol, intellectuels et opposants iraniens contre le Shah puis contre Khomeini. Que deviennent les enfants de militants entièrement consacrés à leur lutte au risque de leur vie personnelle et familiale ? 

De la mer et de la terre, de l’ici et de l’ailleurs, de nos désirs de bonheur et de fuite, d’îles et de continents, d’amour, de solitude et de promesses, d’amitié, de rires et de souffrances, de vie et de mort, de couleurs, d’odeurs et de saveurs, voilà quelques-uns des sujets qui nourrissent le beau et nouveau roman de Milena Agus : Terres promises.

A Peterborough, dans l’est de l’Angleterre, un homme est en fuite dans une nuit boueuse, terrorisé par des poursuivants qui n’en sont pas à leur première exaction.
Avec Les Chemins de la haine, Eva Dolan signe un premier roman policier teinté de chronique sociale brute dans une Angleterre en plein Brexit qui cherche un chemin vers son humanité.

« Révélation », « phénomène » : les termes les plus élogieux ont accompagné dans la presse la publication du premier roman d’Aura Xilonen, El Universal saluant par exemple sa « langue originale et éblouissante ».
Ces soudains emballements médiatiques peuvent souvent sembler excessifs, ils disent pourtant parfois une réelle découverte, une stupeur quand une voix se fait jour : c’est le cas avec Gabacho, qui sort en poche chez Liana Levi dans une traduction stupéfiante de Julia Chardavoine.

Oubliez ce que vous croyez savoir du Japon, oubliez les stéréotypes faits de mangas ultra-violents, de rythme de vie effréné, de travailleurs qui se pressent, que l’on pousse dans le Shikansen ou de yakuzas caricaturaux et plongez dans Six-quatre de Hidéo Yokoyama, roman policier captif et captivant paru aux éditions Liana Levi.
Un thriller obsédant qui déploie une intrigue à la poétique d’haïku et met la psychologie des personnages et le poids de la société japonaise tout entière au centre d’une affaire non résolue depuis quatorze ans. 

Là où l’histoire se termine, le quatrième roman d’Alessandro Piperno, est une interrogation aiguë de la filiation et des soubresauts de l’histoire contemporaine, quand tout se fragmente et implose. Mêlant récit intimiste et peinture sociale pour composer une comédie drôle, féroce et parfois mélancolique, le romancier italien sonde l’histoire récente (le terrorisme européen) et révèle les dessous de la haute société romaine, une « bonne société qui n’avait plus de nom à présent, ni de prestige, ni de distinction, rien, que des stocks options, des notifications d’ouverture d’enquêtes judiciaires, quelques mauvais pressentiments de caste » . Quelque chose se termine, en effet.
En mars dernier, Alessandro Piperno a accordé un long entretien à Simona Crippa et Christine Marcandier, pour Diacritik.

Dans sa forme même, Prends garde matérialise la double face de tout fait divers écrit, entre histoire et roman : au recto du livre, couverture sur fond rouge, le récit romancé de Milena Agus ; au verso du livre, couverture sur fond gris, les faits relatés par Luciana Castellina. Le lecteur décidera par où commencer, le sens de lecture influant évidemment sur la perception du même fait.