Diacritik a évoqué L’Intérêt de l’enfant, roman de Ian McEwan, en grand format. Le voici disponible en poche, chez Folio.
Ian McEwan est le romancier de l’ambiguïté, maître de la mise en récit de la confusion des sentiments. L’Intérêt de l’enfant ne déroge pas à la règle : à travers un remarquable portrait de femme tiraillée entre sa déontologie et ses aspirations, il rend compte de la société tout entière, de nos vies contemporaines confrontées aux notions de religion, de justice, de libre-arbitre et de droit.
éditions Folio
5 chapitres comme 5 actes d’une tragédie, reposant sur une triple et implacable unité, de lieu, de temps et d’action. Sur la plage de Chesil est un roman sur rien donc une totalité, un absolu : « Voilà comment on peut changer radicalement le cours d’une vie : en ne faisant rien ».
Diacritik a évoqué ces livres en grand format. Les voici en poche, pour le plaisir de tous : Camille Laurens, Celle que vous croyez (Folio) et Le crime d’Ari Thorarinsson (Points).
Paula Fox est restée trop méconnue en France, malgré le travail de Joëlle Losfeld pour y diffuser ses livres. Peut-être sa mort, le 1er mars dernier, annoncée aujourd’hui, remettra-t-elle son œuvre fondamentale sur le devant de la scène littéraire. Née en 1923, elle était de celle dont les écrivains américains ne cessent de dire l’influence cruciale sur leur propre univers littéraire, à commencer par Jonathan Franzen, inlassable passeur de son travail.
Il est des livres dont on sort profondément changé(e), des textes dont on sait, immédiatement qu’ils seront l’aventure d’un sens en nous, que chaque (re)lecture viendra amplifier, affiner, transformer. Suicide est de ceux-là. Une rencontre, avec un ami : « Si tu vivais encore, tu serais peut-être devenu un étranger. Mort, tu es aussi vivant que vif ». Dans ce roman, publié en 2008 chez P.O.L, disponible en Folio, un « je » s’adresse à un « tu », un ami qui s’est suicidé. Il avait 25 ans. C’était il y a beaucoup plus longtemps maintenant.
Et je leur donnerai dans ma maison et dans mes murs
un mémorial (Yad) et un nom (Shem) qui ne seront pas effacés », Isaïe 56, 5.
L’œuvre de Scholastique Mukasonga pose trois grandes questions : d’abord l’identité littéraire de Scholastique Mukasonga. Dans la typologie des écrivains du génocide, est-elle témoin, survivante ou tout simplement descendante ? puis la question de la forme narrative et du genre : dans la littérature du génocide rwandais, Scholastique Mukasonga privilégie-t-elle le témoignage ou la fiction ? La troisième soulève la question du statut de la narration et de la fiction : ont-elles une valeur thérapeutique, testimoniale ou éthique ? Sont-elles des preuves ? Sont-elles des documents pour l’histoire et la mémoire du génocide ?
« Le monde explosait autour de lui » : on est en 1989, l’année de la chute du mur de Berlin, de la libération de Nelson Mandela, des émeutes de la place Tien’anmen, et, le 14 février, de la fatwa que l’ayatollah Khomeini lança contre un écrivain, Salman Rushdie, et un livre, Les Versets sataniques. « Le fond de sa pensée était : je suis un homme mort. » Toute la vie de Salman Rushdie se recompose à partir de cette date qui ouvre Joseph Anton, lui imposant une relecture de sa propre vie.
Bertrand Belin écrit, chante ou lit en public les textes qu’il a écrits ; compose, danse sur les musiques qu’il a composées ou les textes qu’il a écrits pour chanter. Entrelacs. Entretien avec Bertrand Belin.
« Nous venions d’emménager dans un appartement (…) au 17 de la rue Saint-Jacques, dans le Ve arrondissement », « idéalement situé, près de la Sorbonne, du boulevard Saint-Michel et de la Seine », offrant une vue panoramique sur tout le quartier à Anne Wiazemsky et son compagnon, Jean-Luc Godard.
Les jeudi 17 et vendredi 18 novembre prochains aura lieu à Paris un colloque international sur un de nos contemporains capitaux : Jean Rolin, figure discrète à l’œuvre majeure dont la géographie se tient comme la quête neuve et toujours tenue d’un intense suspense tellurique.
Nathacha Appanah publie l’un des romans les plus forts que nous offre cette rentrée littéraire 2016 : Tropique de la violence, aux éditions Gallimard, alors que Folio fait paraître en poche l’inédit Petit éloge des fantômes et son précédent roman, En attendant demain. Diacritik a rencontré Nathacha Appanah en juin dernier. Elle évoque pour nous Mayotte, la violence, les migrations et ses fantômes et ceux de cette île française trop oubliée.
Paru en 2013, Tu montreras ma tête au peuple est le premier livre de de François-Henri Désérable qui a depuis publié Evariste (2015), autour du « Rimbaud des mathématiques ».
La parution récente d’un Folio plus classique autour de son premier livre a été le prétexte d’un grand entretien pour interroger l’écrivain sur ce recueil étonnant de 10 épisodes sous la Terreur, son Comment on écrit l’histoire et ses projets littéraires.
L’Occupation est un court, très court roman. Dense. Brut sinon brutal. Un concentré de roman, dont chaque page, chaque phrase éveille d’autres mots en écho, les nôtres bien sûr mais aussi ceux que la littérature a déjà trouvés sur ce sujet qui est un véritable topos : la jalousie.
Le ravissement des innocents est un premier roman singulier, aussi insaisissable et pluriel que son auteure, Taiye Selasi, née à Londres, élevée aux États-Unis, vivant en Europe après avoir parcouru le monde, d’origine ghanéenne par son père et nigériane par sa mère. Sa vie pourrait être à elle seule un roman. Taiye Selasi écrit en anglais, cette langue qui recouvre tant de racines et d’usages de par le monde, parlée au Royaume-Uni comme aux États-Unis, en Inde ou en Afrique anglophone, tant de pays que l’auteure a connus, traversés ou dans lesquels elle a vécus. Et la prose du roman tisse ces langues, elle est héritière de ces croisements, de ces cultures qui se rencontrent dans un roman inclassable, fragmenté et poétique, l’histoire d’une famille autour des trois journées qui suivent un deuil.