Jean Rolin ou une écriture in situ (17-18 novembre)

Jean Rolin
Jean Rolin

Les jeudi 17 et vendredi 18 novembre prochains aura lieu à Paris un colloque international sur un de nos contemporains capitaux : Jean Rolin, figure discrète à l’œuvre majeure dont la géographie se tient comme la quête neuve et toujours tenue d’un intense suspense tellurique.

Dirigé par Marie-Odile André, Bruno Blanckeman et Anne Sennhauser, se déroulant à l’université de Paris 3 – Sorbonne, en présence de l’écrivain mais aussi de Jean-Christophe Bailly et Philippe Vasset, ce colloque sera l’occasion de revenir sur un constat, celui selon lequel, actuellement, il existe une forte présence d’ouvrages se donnant pour objet une expérience concrète du monde – expérience délimitée dans le temps et dans l’espace, qui, du voyage à l’enquête, est mise en scène au sein du récit.

Pour Jean Rolin, qui a d’abord exercé le métier de journaliste, l’œuvre littéraire naît de cette mise en situation de l’écrivain, qui se nourrit du reportage sans s’interdire la fiction. L’écriture est étroitement liée à la découverte d’un lieu, topographié, arpenté, recomposé ; elle s’alimente du regard porté sur les choses, de la mémoire qui émerge à leur contact, des réflexions ou des rêveries qui ne manquent pas d’en découler. C’est cette écriture in situ que ce colloque se propose d’interroger, prolongeant ainsi les diverses études consacrées à l’auteur. Il s’intéressera aux formes et aux enjeux d’une écriture porteuse d’une sensibilité d’époque – désir d’immersion prolongée dans un espace concret face à la saturation des flux médiatiques, redéfinition de la forme littéraire en prise avec l’expérience vécue, inquiétude liée aux bouleversements sociaux et économiques.

De quelle manière l’espace est-il interrogé ? Comment l’expérience des lieux et de ses dynamiques est-elle transformée, dans et par l’écriture ? Peut-on y percevoir un nouveau mode d’implication par rapport à la société ? On souhaitera ici se pencher tant sur la posture critique de l’auteur-narrateur que sur la manière dont il investit et agence dans son œuvre des motifs à consonance politique, comme ceux de l’environnement, de la périphérie, de l’animalité. Autant de questions et de perspectives qui se déploient dans le programme détaillé que voici :

Programme

Jeudi 17 novembre
Salle Bourjac (Université Sorbonne nouvelle, 17, rue de la Sorbonne, 75005 Paris)

Matin
9h00 : accueil des participants et ouverture du colloque.
9h30-10h30 – Dispositifs topographiques (modération : Pierre Schoentjes)
• Bruno Thibault, Université du Delaware, « Entre reportage et repérage : l’écriture in situ de l’Amérique dans Le Ravissement de Britney Spears et Savannah ».
• Pascal Mougin, Université Sorbonne Nouvelle – Paris 3, « Les protocoles topographiques de Jean Rolin : héritages du situationnisme, voisinages avec l’art contemporain ».
10h30-11h : discussion et pause
11h-12h – L’ethos du reporter (modération : Pierre Hyppolite)
• Samuel Harvet, Université Sorbonne Nouvelle – Paris 3, et Mathilde Roussigné, EHESS, « Ce que l’imposture fait au reportage : enjeux esthétiques et épistémiques dans l’œuvre de Jean Rolin ».
• Chiara Bontempelli, Université La Sapienza – Rome, « Le monde à l’épreuve de la fiction : Ormuz et Les Événements ».
12h-12h30 : discussion et pause

 Après-midi
14h30-15h30 – L’environnement en question (modération : Aline Bergé)
• Pierre Schoentjes, Université de Gand, « Jean Rolin au fil de l’eau. Environnement sans enracinement ».
• Frédéric Martin-Achard, Université Jean Monnet – Saint-Étienne, « Rapport aux bêtes : les animaux dans l’œuvre non-fictionnelle de Jean Rolin ».
15h30-16h : discussion et pause.
16h-17h30 – « Terrains d’écriture (carte, territoire, imaginaire) »
Table ronde avec Jean Rolin, Jean-Christophe Bailly, Philippe Vasset, animée par Marie- Odile André et Anne Sennhauser. 

Vendredi 18 novembre
Maison de la recherche, salle Athéna (4 rue des Irlandais, 75005 Paris)

Matin
9h30-10h30 – Narrer l’urbanité (modération : Pascal Mougin)
• Pierre Hyppolite, Université Paris Nanterre, « Espace (péri)urbain et narrativité romanesque »
• Anne Sennhauser, Université Sorbonne Nouvelle – Paris 3, « Le sentiment du lieu chez Jean Rolin : un “tragique urbain” contemporain ? ».
10h30-11h : discussion et pause
11h-12h – Résonances géopolitiques (modération : Martine Boyer-Weinmann)
• Aline Bergé, Université Sorbonne Nouvelle – Paris 3, « Le tiers espace du souffle : la geste océanique de Jean Rolin »
• Guillaume Thouroude, Université de Nizwa – Oman : « Jean Rolin et l’orientalisme contemporain. Une tension générique qui vibre de la Terre sainte au détroit d’Ormuz ».
12h-12h30 : discussion et pause

Après-midi
14h30-15h30 – Espaces palimpsestes (modération : Bruno Thibault)
• Sylvaine Dauthuille, Université Sorbonne Nouvelle – Paris 3, « Figures mariales dans l’œuvre de Jean Rolin »
• Martine Boyer-Weinmann, Université Lumière – Lyon 2, « L’Explosion de la durite : lectures in situ en remontant le fleuve Congo »
15h30-16h : discussion et pause
16h-17h30 – entretien avec Jean Rolin
 animé par Marie-Odile André et Anne Sennhauser

On retrouvera ici l’article de Marie-Odile André sur Peleliu

Plus de renseignements ici

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