Créée en 1989 par Jean-Michel Espitallier et Jacques Sivan, rejoints par Vaninna Maestri, Java est, par sa singularité, son engagement, sa nouveauté, une revue indissociable de la poésie contemporaine française, emblématique de ce que peut être une revue de création.

Trois ans avant qu’il ne partît dans la montagne pour rejoindre au Ban-de-la-Roche le bon pasteur Oberlin, étrangement bon d’une étrange bonté, Lenz distinguait encore, dans une lettre importante à Sophie de La Roche, les deux composantes opposées de la poésie : le Bildende, formateur et didactique, trop enclin au ton comminatoire et boursouflé, et le Tönende, lié à la musique sinon au chant.

2024 est l’année du centenaire de la mort de Franz Kafka, le 3 juin 1924. Logiquement, les publications et rééditions s’empilent, au risque de la saturation : rééditions d’œuvres, fin de la trilogie de Reiner Stach au Cherche-Midi, nouvelles parutions dont La vie après Kafka de Magdaléna Platzová (Agullo), etc. La liste promet d’être longue. Parmi tous ces livres, J’irai chercher Kafka. Une enquête littéraire de Léa Veinstein (Flammarion).

Constance Debré est l’anti-Rubempré, elle brosse une trajectoire inverse de celle du héros de Balzac. Ils ont pourtant un point commun : leur drame est leur nom. Pour Rubempré, ce nom est ce qui l’entrave, il le nie afin d’être reconnu à Paris. Pour Debré, il est ce qui l’enferme, elle veut le détruire pour commencer une vie neuve.

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“Les curieux nous visitent encore de loin en loin. À travers les grilles hérissées de flèches à pointes d’or, ils glissent leurs appareils pour immortaliser la façade jaune et lisse. Du petit salon, nous les observons se recueillir, échanger sourires et larmes devant la dernière demeure d’une gloire nationale, figure du patrimoine français.”

Jeudi 11 novembre 2021, le Forum des Images recevait Art Spiegelman pour évoquer la sortie de The Parade de Si Lewen et de Street Cop de Robert Coover aux éditions Flammarion dont il a respectivement assuré l’édition et réalisé les illustrations. La rencontre était animée par David Rey (Atout Livre) et Dominique Bry (Diacritik) tandis que Marguerite Capelle assurait la traduction simultanée. La venue d’Art Spiegelman en France est toujours un événement et le public ne s’y est pas trompé, venu en nombre pour assister à cet échange où l’on a parlé d’art, d’édition, d’illustration, d’histoire, de mémoire, de BD underground et d’underwears…

Au sortir de la nuit : en rêve, ou peut-être en songe, une constellation s’est formée. Même si une telle association d’objets plus ou moins lumineux (souvent des livres, mais pas seulement) peut sembler le fruit d’une cogitation personnelle, elle finit par s’imposer, non seulement à soi, mais à tous, comme si elle avait toujours été là, en attente d’un regard – ou d’une écoute. On peut très bien ne jamais la voir.

Aller sur le terrain, tel est sans doute un des gestes essentiels de Joy Sorman : ce désir de sortir de son espace à soi, ou de sa zone de confort était déjà sensible depuis Gros œuvre ou Comme une bête, puisque le travail de rencontre et de documentation était l’impulsion d’une écriture romanesque, transposant et se nourrissant d’une somme de savoirs.