« Je suis une personne ordinaire qui s’est retrouvée embarquée dans une aventure extraordinaire. En partageant mon histoire, j’espère ouvrir la voie à d’autres histoires et à d’autres voix, élargir la voie pour permettre à d’autres de comprendre qu’ils ont leur place dans ce pays ».

L’une des publications les plus remarquées fin 2018 a été l’ouvrage de Michelle Obama, Becoming, traduit en français sous le titre, Devenir.

Philippe Vasset est un explorateur inlassable du monde comme de nos cartographies imaginaires, qu’il s’agisse de zones blanches et cartes muettes ou des réseaux saturés du monde physique comme numérique. La géographie est au cœur des fictions qu’il arpente, en témoigne son dernier livre, Une vie en l’air, dont la forme dérive du lieu, et pas n’importe lequel, « un long trait de béton, tendu à sept mètres de hauteur », la piste de l’aérotrain dans la Beauce, « ce portique (…) dont je n’ai jamais su me défaire » : « dès l’origine, l’édifice fut un accélérateur de fictions ».

Avant d’enquêter sur la filière de la tomate d’industrie (L’Empire de l’or rouge), Jean-Baptiste Malet s’était intéressé à l’Amazonie : non le poumon vert mais l’un des GAFA, quand bien même le titre de son enquête embedded chez le géant de la vente en ligne joue d’une ambiguïté volontaire pour mieux la faire entrer dans le cadre d’enjeux sociétaux plus larges.

L’enquête menée par Jean-Baptiste Malet sur « l’histoire méconnue d’une marchandise universelle », la tomate d’industrie, est double : elle est celle publiée en 2017 chez Fayard, L’Empire de l’or rouge, celle d’un documentaire, avec Xavier Deleu, diffusé ce soir sur France 2 à 22 h 50.
Et l’un comme l’autre donnent à comprendre ce qui se cache derrière les appétissantes boîtes de sauces et autres ketchups de nos placards, en quoi la tomate est le concentré de nos systèmes économiques et sa couleur rouge celle du sang de centaines de milliers de travailleurs exploités, voire esclavagisés, de par le monde.

Jonathan Galassi
Jonathan Galassi

Il y a, sans conteste, une forme d’inconscience ou de défi à publier un premier roman quand on dirige l’une des maisons d’édition les plus réputées du monde. C’est pourtant ce que vient de faire Jonathan Galassi, président de Farrar, Straus and Giroux, avec Muse qui paraît en France, chez Fayard, traduit par Anne Damour, Muse ou la peinture acide d’un monde éditorial en pleine mutation et un hymne à la poésie, à la puissance de la littérature.
Diacritik a rencontré Jonathan Galassi lors de sa venue à Paris, en juin dernier, l’occasion d’évoquer avec lui les raisons pour lesquelles l’éditeur, poète et traducteur qu’il est s’est soudain tourné vers le roman mais aussi de l’interroger sur le présent et l’avenir de l’édition.

NB canapéNina Bouraoui, romancière française vivante, née à Rennes en 1967. 14 romans, 1 pièce de théâtre, une dizaine de nouvelles et textes courts dans diverses anthologies et pas mal de paroles de chansons.

Connue et reconnue, Nina Bouraoui, citoyenne d’un « pays de mots », appartient à cette catégorie d’écrivains qui se réinventent, repoussent les limites et les contours de leur écriture avec une évidence surprenante. En 25 ans de publications, elle passe d’une plume presque gothique au roman social en faisant un détour par l’autobiographie romancée placée sous le signe de la recherche identitaire, sans jamais se départir de thématiques fortes, signatures ancrées dès ses premiers écrits.