« Il faut prendre soin de ceux qui restent et enterrer les morts. On n’écrit pas autre chose. Des tombeaux » avançait Mathieu Riboulet, partageant sa voix avec Patrick Boucheron, à l’entame de Prendre datesà propos des attentats de 2015 pour venir dire combien, désormais, à la mesure des morts qui peuplent les jours et les nuits, il appartient à chacun d’œuvrer non à la déploration continue et au deuil irréversible des êtres disparus mais d’en convoquer la revie depuis la littérature même.

Inaugurée le 8 mars 2018, une date en clin d’œil symbolique, la Galerie Miranda offre de belles promesses dans le champ qui est le sien : la photographie et l’édition photographique. La vocation de Miranda Salt, créatrice de ce bel espace, est de faire découvrir au public français des œuvres photographiques principalement féminines et étrangères.

Le très beau texte de Claire Tencin, Le silence dans la peau, enroule l’histoire de trois femmes, généalogie familiale sur trois générations échouées dans leur silence, le silence de la peau, le silence du désir, le silence de la mère : une mère aïeule qui doit se séparer de ses enfants pour jouir d’être une femme qui désire ; une mère qui doit renoncer au désir, qui déclare sa non jouissance de femme, une mère toute mère, infanticide et innocente ; une fille qui refuse la maternité, le devenir corps-mère, et qui par le récit fait advenir la mère avec la syntaxe du père moins le père.

Quand des militants d’extrême droite disent avoir « raccompagné » des migrants à la frontière franco-italienne et que le parquet de Gap doit classer l’enquête sans suite faute « d’infraction constatée », et ce en une petite semaine, on se frotte les yeux d’incrédulité. Pourtant, l’information est bien là, ce n’est pas même une « mauvaise blague ».

Mathieu Riboulet © Sophie Bassouls

Que dire lorsqu’un écrivain meurt ? L’écrivain est ses livres et les livres ne meurent pas. Ils peuvent être oubliés, ne plus être lus, mais ils ne meurent pas. Que dire sinon, peut-être, le silence, se taire ? Et lire les livres.

Mathieu Riboulet vient de décéder, lisons ses livres.

En hommage, nous republions un article écrit lors de la parution des Œuvres de miséricorde, en 2012.

Suite au projet qui a crée la polémique dans la communauté médicale, le Docteur Sergio Canavero a déclaré le 17 novembre 2017, lors d’une conférence de presse à Vienne, qu’il avait réalisé la première greffe de tête humaine sur deux cadavres et qu’il projette prochainement de renouveler l’expérience sur des patients vivants.
La réalité dépasserait-elle la fiction et serait-il bientôt possible de transférer la tête d’un malade sur le corps d’un donneur ?

Ken Liu (DR)

Il ne fait guère de doute qu’en proposant un recueil des nouvelles de Ken Liu, Ellen Herzfeld et Dominique Martel, les bibliographes du site Quarante-Deux, savaient qu’ils allaient rééditer le triplé gagnant des recueils de Greg Egan Axiomatique (2006), Radieux (2007) et Océanique (2009), chez le même éditeur. De fait, l’auteur sino-américain est l’un des nouvellistes les plus récompensés de ces dernières années, pour des nouvelles aussi originales que réussies, alliant la force des idées à la beauté de l’écriture. Avec ses dix-neuf textes, La Ménagerie de papier permet donc de découvrir toutes les facettes du talent de Ken Liu, et le recueil est désormais disponible en poche, chez Folio. Par Samuel Minne