Se laisser mourir pour permettre aux autres d’apprécier la valeur de la vie, voilà ce que prône le gouvernement dans lequel s’inscrit Ikigami : Préavis de mort, de Motorō Mase. Dans le futur proche d’un pays calqué sur le Japon moderne, est entrée en vigueur « La loi pour la prospérité nationale ». Derrière ce nom politiquement correct se cache le moteur vrombissant de la dystopie que Motorō Mase construit. Chaque enfant se voit injecter un sérum dont certains échantillons seulement sont contaminés et provoqueront la mort des plus malchanceux entre l’âge de 18 et 24 ans. Le gouvernement déclare que voir des vies s’arrêter réveille l’envie de vivre, sans preuves à l’appui ni que nous, lecteurs, connaissions clairement le contexte socio-politique dans lequel la loi a été acceptée.

Entre le festival d’Angoulême et la polémique, c’est une vieille histoire. C’est aussi presque une fatalité : celle des manifestations publiques qui ne parviendront jamais à satisfaire tout le monde. Y a-t-il eu un festival de Cannes sans grincements de dents ? Une cérémonie des Oscars sans agacement ? Un Prix Goncourt sans remous chichiteux ? Et c’est heureux. Sans désaccord, pas de diversité. Alors, certes, l’édition 2016 du célèbre festival de la bande dessinée a cumulé les casseroles, mais est-ce une raison pour les lui faire traîner encore en 2017 ?

Quelque chose est en train de se passer dans l’Ouest américain et dans les bacs de nos libraires préférés. Car si les rayons se remplissent toujours d’aventures d’as de la gâchette ou d’Indiens malmenés par l’homme blanc et la modernité galopante, Comment ne pas souligner la dimension littéraire du troisième tome d’Undertaker, L’Ogre de Sutter Camp, signé Ralph Meyer, Caroline Delabie et Xavier Dorison, tant l’arrivée d’un vilain charismatique vient bousculer les codes de la BD de genre ?

Ça n’a échappé à personne, les récentes révélations d’un journal satirique dont la philosophie n’a pas varié d’un bec depuis sa création en 1915, ont fait resurgir des comportements d’un autre temps, d’un autre siècle, quand des journalistes avaient eu à cœur de créer un « espace de liberté » pour « rompre délibérément avec toutes les traditions journalistiques établies » malgré « la menace du ciseau des censeurs ». Le nom de cette gazette tandis que reviennent les imprécations et les invitations au silence ? Le Canard Enchaîné.

Paru chez Glénat le 18 janvier dernier, Puppy est un long récit sans paroles, l’histoire d’un chien qui s’évade de sa tombe et se retrouve plongé dans une réalité fantomatique. Mais si Puppy est mutique de bout en bout, il n’en est pas moins le cri puissant et le témoin de l’amour résilient que porte son auteur pour le dessin et les belles histoires. Et si pour Luz le silence était le meilleur moyen de se faire entendre ?

Cette année, je ne suis pas allé à Angoulême. Et je le regrette. Je le regrette parce que malgré une propension à la misanthropie et à l’agoraphobie qui me conduisent parfois à préférer les bulles dévorées en solo dans mon salon aux salons rassemblant des bédévores dans une bulle, le programme de cette 44e édition était au demeurant et a posteriori très alléchant.

Gus, « plus qu’un nom, une légende ». Les connaisseurs de l’œuvre de Christophe Blain, laissés dans l’expectative depuis Ernest, attendaient avec impatience le retour du hors-la-loi littéraire le plus attachant à l’ouest du Pécos. Cela faisait huit ans que l’on n’avait plus de nouvelles de Clem, Grat, Ava et Jamie ; que l’on n’avait pas chevauché avec Gus ; que l’on n’avait pas goûté le talent hors norme de Christophe Blain depuis son Quai d’Orsay magnifique.

Résistons d’emblée à l’envie de citer OSS117 expliquant que «le Soviet éponge» et évacuons la polémique et les questions de la trahison, du blasphème voire de l’hérésie pour ne pas avoir à nous demander s’il fallait ou non coloriser la première aventure de Tintin dessinée par Hergé : ce mercredi 11 janvier paraît en librairie le légendaire Tintin au pays des Soviets en couleur(s).

Adapté de la bande dessinée éponyme, Seuls (le film) sortira en salles le 8 février 2017 et un premier trailer vient d’être dévoilé par les éditions Dupuis. Née il y a dix ans sous la plume de Fabien Vehlmann et les pinceaux de Bruno Gazzotti, Seuls (la BD) raconte l’histoire de cinq enfants qui se réveillent un matin dans une ville dont toute la population a disparu. Estampillé « tous publics », Seuls a rencontré le succès dès le premier album avec un ton, un propos tour à tour sérieux et enfantin, grave et ironique. Retour sur les origines de la BD avec ses auteurs, Fabien Vehlmann et Bruno Gazzotti.

« Faire image, c’est donner du relief, du saillant, du trait, de la présence » clame, en manière d’aphorisme d’une pensée en éclatant précipité, Jean-Luc Nancy au cœur d’Au fond des images dans les ultimes instants de cet essai œuvrant à trouver de l’image son faire présence, trouvant de l’image sa matière de monde et son monde tenu comme grande étreinte du vivant.

Jusqu’au 3 décembre 2016, l’artwork de Charles Burns est une nouvelle fois exposé à Paris à la galerie Martel. Dessins, vraies-fausses couvertures de teenage comics, illustrations, planches originales, le travail du plus hergéen des auteurs de comics emplit les murs de la petite galerie ; la noirceur du trait et les couleurs explosives, pop et presque saturées se côtoient avec intensité.

1 – Mots qui ne sont pas de pure race
2 – Groupe américain auteur de « We Are Young » et « Some Nights »
3 – Il ne quitte jamais sa chemise de nuit jaune
4 – Détective à la mâchoire carrée
5 – Jeu favori de la Sphinge
6 – Acteur qui vendait bien
7 – Auteur qui savait tayloriser
8 – La petite fille de Quino
9 – Auteur dont on peut retourner le nom comme une crêpe
10 – Ses feux évitent d’éblouir ceux qui arrivent en face

(Solution dans l’article)