Charles Burns, noire extension de la ligne claire

© Dominique Bry
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Jusqu’au 3 décembre 2016, l’artwork de Charles Burns est une nouvelle fois exposé à Paris à la galerie Martel. Dessins, vraies-fausses couvertures de teenage comics, illustrations, planches originales, le travail du plus hergéen des auteurs de comics emplit les murs de la petite galerie ; la noirceur du trait et les couleurs explosives, pop et presque saturées se côtoient avec intensité.

Dessinateur, illustrateur, Charles Burns est aujourd’hui reconnu comme un des plus talentueux « cartoonists » de sa génération. Né en 1955, formé à l’Evergreen College (où il a côtoyé Matt Groening), il voit sa carrière lancée notamment grâce à sa rencontre avec Art Spiegelman et Françoise Mouly qui lui proposeront dès 1982 de publier illustrations et histoires courtes dans le magazine RAW.

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© Dominique Bry
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Son dessin, dans le droit fil d’une ligne claire déstructurée, nourrie de pop art, de cinéma fantastique, de comics des années 50 et d’obsessions sexuelles et existentielles, est aujourd’hui mondialement connu. Avec Vortex et Love Nest, dernières parutions en date, Burns creuse un peu plus le sillon de ses tropismes : la réalité se trouve ici déformée, déformante. L’ironie et la noirceur coexistent pour mieux moquer support et propos : les teenage romances, les sexy pulps… La jeunesse, le politiquement correct, la société moderne et ses travers, la « normalité » sont autant de sujets que Charles Burns s’ingénie à mettre en scène et à renverser. L’exposition est aussi et surtout l’opportunité de découvrir comment Burns se nourrit de l’univers d’Hergé pour mieux revisiter (pour ne citer que quelques exemples) L’Oreille cassée, Le temple du soleil ou, case après case, Le trésor de Rackham le Rouge et Le Lotus bleu grâce à l’avatar et double de l’auteur Nitnit.

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© Dominique Bry

Charles Burns partage son temps entre la bande dessinée (Big Baby, Fleur de peau, Black Hole, El Borbah, Toxic en 2010…) et l’illustration. Il est l’auteur de nombreuses couvertures de magazines (RAW, Time, The New Yorker, The Believer…) et a réalisé des pochettes d’artistes tels que Fever Ray et Iggy Pop. Son œuvre a inspiré de nombreux artistes, bien au delà de l’univers de la bande dessinée (danse, télévision…) et a été récompensée par les prix les plus prestigieux. Black Hole a été élu par The Comics Journal, un des 100 meilleurs comics de langue anglaise du siècle. Vortex est édité en France par Cornélius (80 p. couleur, 22,50€).

capture-decran-2016-11-20-a-14-50-16Le 3 décembre, décrochage de l’exposition en présence de Richard McGuire, autre grand nom de la bande dessinée US et illustrateur (entre autres pour The New York Times, The New Yorker ou Le Monde).

Exposition Charles Burns :
Galerie Martel
17, rue Martel
75010 Paris
14h30-19h du mardi au samedi

Plus d’infos : www.galeriemartel.com