Croyez-bien que j’en suis tout à fait désolé, mais le dernier Woody Allen, comme la grande majorité de son œuvre, est très réussi.
Le temps a passé et tu t’es retournée pour voir ce qu’il en était. Tu m’as dit : Viens voir, regarde, l’érable pousse et la vigne bourgeonne… Le temps a passé et nous sommes en avril… Mai. Le printemps que l’on espérait est arrivé, du moins dans le calendrier, les jours étirent leur bras du matin au soir, la bise laisse place à la brise, parfois, mais le soleil est encore frais. Alors oui, le temps a passé et sur nos corps, au taquet, s’apprêtent d’importantes collections d’impressions : des feuilles des fleurs des bois, de la verdure pour le futur.
Tu regardes les défilés de mars en pensant que ce sera un nouvel automne, un nouvel hiver, tu me dis : déjà ! Parfois il arrive que celui-ci ne nous a pas encore vraiment lâchés.
La critique comme principe de sélection, de discernement et distribution ou redistribution nécessite un critère et une faculté capable de discerner. Si la critique présuppose une résolution et une forme d’ordre, elle présuppose aussi des conditions et limites susceptibles d’un débordement.
Autrefois — « Quand tu penses qu’autrefois c’était hier » (Claro) —, les archives de nos vies étaient personnelles (photographies, journaux intimes, transmissions de récits) ou plus collectives, quand artistes et écrivains s’en emparaient. Aujourd’hui, toutes les vies sont surveillées, archivées, quasi en temps réel, via réseaux sociaux, traçages d’algorithmes et espionnage de masse.
La Fête de l’insurrection gitane se tiendra ce dimanche 15 mai sur le parvis de la Basilique de Saint-Denis. Si elle est l’occasion de commémorer un événement peu connu de l’histoire, elle est aussi l’expression d’une forme de résistance politique autant qu’un lieu de rencontre, de réflexion, de découverte – et d’amusement. Entretien avec Pierre Chopinaud, de l’association La voix des Rroms.
Le District, French supermarket in NYC, March 2016 ;
e District, supermarché français à New York, mars 2016
A vant la diffusion d’un documentaire que Paris Première diffusera le mardi 17 mai à 22h35, les éditions Cherche Midi / Le Seuil font paraître aujourd’hui un panégyrique haut en couleurs fait de textes et d’images inédites présentés par Fabrice Gardel et sobrement intitulé Je reviens ! Vous êtes devenus (trop) cons.
« Pourquoi vous… tu me racontes cette histoire ? » demande avec étonnement Caroline (Isabelle Carré) à l’exubérante et à peine connue Pattie (Karin Viard) qui vient de lui faire un second récit fort grivois et bien détaillé de l’une de ses nombreuses et ravissantes baisades. Et Pattie de répondre tout simplement : « Pour rien, je t’explique d’où vient le vin. ». Si on ne l’avait pas encore compris à ce stade du film, à savoir une quinzaine de minutes après le début, le moteur de 21 nuits avec Pattie est la parole.
Au mois d’août 2015, le quotidien britannique The Guardian a publié un classement intéressant, pittoresque et forcément subjectif de ce qu’il considère être les cents meilleurs romans de tous les temps. La particularité est, en l’occurrence, qu’il s’agit évidemment et exclusivement de publications d’auteurs de langue anglaise, quelle que soit leur nationalité ou leur origine et quelle que soit l’époque. Cette classification, plutôt chronologique que thématique, fait donc la part belle à ce que l’on nomme les classiques de la littérature. Le classement commence avec le XVIIè et le XVIIIè siècles.
Le mutantisme commencerait avec l’affirmation qu’il « nous faut agir pour nous-mêmes, tout de suite », puisque nous serions pris dans une « crise évolutive ». Ici et maintenant sont en crise et il nous faut en sortir – ou disparaître. L’enjeu est vital – ou plutôt il est la vie elle-même : comment non pas rester en vie dans ce monde-ci mais inventer une autre forme de vie et donc un autre monde ?
Le Prix Goncourt du premier roman 2016 a été attribué lundi à Joseph Andras pour De nos frères blessés (Actes Sud). La surprise fut double : le roman n’était pas encore en librairies (il paraît aujourd’hui) et il ne figurait pas dans la sélection de quatre titres dévoilée par le jury le 6 avril dernier. Mais il s’agit d’un choix à saluer tant ce roman semble en effet ouvrir à une œuvre d’importance, littéraire et engagée, profondément politique, donc.
Il y a ça de beau. On cherche constamment l’auteur de cette photographie qui n’en est pas une.
Paru ce printemps aux éditions Grasset, La Littérature sans idéal, nouvel et stimulant essai du romancier Philippe Vilain, s’impose déjà comme un ardent foyer de polémiques tant, par ses vives réflexions, il vient à questionner le cœur nu de la littérature contemporaine. Relecture intransigeante du paysage actuel égaré entre mercantilisme et impossible aveu de sa puissance à faire style, l’analyse de Vilain, portée par une prose à l’exigence moraliste qui a fait la vertu neuve de ses récits, ne manque pas de susciter des débats féconds sur lesquels Diacritik a voulu revenir avec lui le temps d’un grand entretien.
Tu connais cette histoire. Tu la connais depuis l’enfance. On te l’a racontée lorsque tu étais enfant. On te la racontait en chuchotant au creux de ton oreille. Une bouche s’approchait de ta peau, contre l’oreille, et les lèvres murmuraient l’histoire. Tu te souviens ? Non ?