Peut-être Paul Auster, imaginant Ferguson, s’est-il souvenu de Rimbaud : « À chaque être, plusieurs autres vies me semblaient dues », tant ce délire pourrait être le creuset romanesque de 4321 et de son personnage central démultiplié. Ferguson est d’ailleurs moins un personnage qu’une figure, surface de projection comme mise à distance de son auteur, un moteur fictionnel comme une interrogation de ce qui pourrait fonder une identité américaine comme notre rapport au réel.
Je commence ce texte, cette lettre, avec appréhension, la poitrine serrée et le souffle un peu coupé, impressionné par l’ampleur et la portée du sujet que je veux soulever, plus que jamais il s’agira d’être simple et juste, juste : les mots justes.
Qu’il s’agisse d’une invective politicienne propre à faire se pâmer les militants de la France Insoumise ou d’une stratégie concertée et mûrement réfléchie de la part de l’ex-candidat à l’élection présidentielle, l’expression « parti médiatique » employée à tort et à travers par Jean-Luc Mélenchon ou Sophia Chikirou pose douloureusement la question du populisme érigé en pièce maîtresse de la com’ pol’, voire en ligne de conduite sinon idéologique, du moins et assez paradoxalement très médiatique…
Si le titre du livre de Marie de Quatrebarbes, Gommage de tête, est emprunté à Eraserhead, le film de David Lynch, ce titre est en français plus polysémique : le gommage comme effacement mais aussi comme élimination des peaux mortes – un gommage pour supprimer, effacer de l’existence, autant que pour vivifier, rendre plus vivant : ôter ce qui est mort ou faire disparaître de l’existence. Dans les deux cas, il s’agit d’enlever, soustraire.
Les Cesar ont définitivement un problème. Année après année, on se dit que l’édition prochaine sera la bonne, que l’animateur retrouvera l’inspiration perdue, que les auteurs des vannes et des discours des remettants arrêteront de se censurer au nom d’une pruderie et d’un respect qui annihilent toute spontanéité et finissent par transpirer l’obséquiosité (au point de faire ressembler les textes de remerciements davantage à des mots de premiers communiants obligés de gratifier mémé pour sa gourmette en argent achetée au poids dans une bijouterie en gros qu’à l’expression sincère d’une pensée cinéphilique qui rendrait grâce à la profession).
La 90ème cérémonie des Oscars s’est déroulée au Dolby Theatre de Los Angeles ce dimanche 4 mars en présence du tout-Hollywood. Le palmarès, nos articles.
43ᵉ cérémonie des César du cinéma, organisée par l’Académie des arts et techniques du cinéma, 2 mars 2018.
Retrouvez les lauréats et les articles de la rédaction.
Préambule. Les livres apparaissent et disparaissent des rayons des librairies au gré, non du vent, mais des ventes. Ils circulent tant bien que mal, et tandis que cette forme de jeu (au chat et à la souris) se déroule, il y a non seulement à lire, mais aussi à voir – à perte de vue. Il suffit de peu – un léger défaut d’attention – pour que tel ouvrage qui nous était pourtant ô combien destiné s’évanouisse aussitôt, comme s’il n’avait jamais matériellement existé.
En épigraphe de Contrecoup, Rachel Cusk avait placé un extrait de L’Orestie, Eschyle soulignant l’unité de la conscience et de la douleur : « il n’y a pas d’intelligence vraie sans souffrance ».
Lundi 5 mars prochain, à 19 heures, aura lieu, à La Maison de l’Amérique latine, une grande rencontre avec Jacques Roubaud, dans le cadre des soirées « Coïncidences », organisées par Maurice Olender et François Vitrani.
L’année vient de débuter et Les garçons sauvages est déjà sans nul doute l’un des plus beaux films qu’il nous sera donné de voir. Une bande de cinq garçons d’une arrogance à toute épreuve commet le crime de trop.
« La reprise est la réalité, le sérieux de l’existence. Celui qui veut la reprise a mûri dans le sérieux : celui-là vit. Il ne galope pas comme un gamin » lance, avec vigueur et force, Kierkegaard pour venir définir la reprise, ce grand et intrépide principe de vie qu’il voit naître à l’horizon vital de chaque homme qui entend se déprendre du passé, en dépasser les atermoiements contrits et se livrer pleinement à l’instant présent qui ne cesse de venir à soi dans l’étourdissement de l’immanence.
