Tous les écrivains ont un rapport avec le temps et même plus, le temps est leur affaire. Écrire c’est faire avec du temps. Bien sûr tous les êtres vivants ont un rapport avec le temps, mais ils le savent plus ou moins. L’écrivain, lui, ne sait que cela, qu’il a à se débrouiller avec cette matière-là, temporelle, s’en départir, tricoter avec, des phrases et des fils sur de la durée, sur de la musique dans les plus beaux exemples, sur du silence, des phrases et des fils qui feront textile, texte, livre, écorce.

« Une construction où n’éclate aucun événement spatial n’est pas de l’architecture » avance Benoît Goetz pour venir dire combien, dans La Dislocation, son remarquable essai sur l’intimité traversée par l’architecture et la philosophie, l’architecture ne commence précisément qu’à partir du moment où le bâtiment déployé œuvre au déploiement même de l’espace, à sa visibilité, fracture la ville et le discours sur la ville : fait trou de visible dans le tissu urbain et fait scène dans ce qui demeurait jusqu’ici indifférent à l’œil.

Emmanuel Macron mis en scène dans une classe de primaire déclarait en professeur dans une interview à Jean-Pierre Pernaut « Les étudiants doivent comprendre une chose : s’ils veulent avoir leurs examens en fin d’années ils doivent réviser. Car il n’y aura pas d’examens en chocolat dans cette République. » Infantilisation de son auditoire, mépris pour les étudiant.e.s qui savent parfaitement qu’il faut réviser. Encore faut-il en avoir les moyens matériels ; moyens sabrés par sa politique.

Tiré en partie de Desproges par Desproges paru en 2017 aux éditions du Courroux, Une plume dans le culte est diffusé dimanche 15 avril sur France 5 à 9h25. Une plume dans le culte, ou l’éloge en cinquante-deux minutes même pas funèbres de Pierre Desproges, « écriveur », « rigolo », homme de télévision, de radio, de scène, que l’actualité en panne de modèle convoque régulièrement quand il s’agit de disserter sur l’humour en général et sur le rire-de-tout-mais-pas-avec-tout-le-monde en particulier.

Notre troisième entretien est consacré à une chercheuse (docteur depuis 2013) dont le domaine de spécialité est le Vietnam : les recherches de Julie Assier portent sur la francophonie littéraire vietnamienne et sur l’intertextualité à l’œuvre dans les créations francophones.