Cette phrase et aucun mot
Aucun mot dans cette unique phrase
Une seule phrase et aucun mot il y aurait
Pleine de corps qui n’ont pu être enterrés
Cette phrase et aucun mot
Aucun mot dans cette unique phrase
Une seule phrase et aucun mot il y aurait
Pleine de corps qui n’ont pu être enterrés
Voici une robinsonnade postmoderne en quelque sorte. C’est que Robinson, le héros, est un jeune autiste (10 ans) et que son île n’est autre que sa personne même, celle que raconte par petits tableaux son père en bon Vendredi qu’il est, protecteur et infatigable. Comme on voit, les rôles langagiers sont ici inversés : Robinson n’a pas la parole ou plus justement est sans parole (hormis ses rires, ses pleurs, ses colères) tandis que le père ne cesse guère de s’adresser à lui, veilleur attentif et toujours en alerte.
Fred le Chevalier, dans les colonnes de Diacritik comme sur les murs de la ville.
Un homme ( roman, Philip Roth ), c’est une vie.
Dans Les jeunes gens, de Mathieu Larnaudie, il est question des signes, des images du pouvoir actuel, signes et images qui sont ce pouvoir. Celui-ci est aussi signes et images, langage et image. C’est ce langage, ce sont ces images qu’il s’agit de déployer, de décrypter, de mettre au jour pour en comprendre la logique.
Une peinture. Un portrait plus exactement. Un portrait de toi que je m’étais mis en tête de réaliser.
« Quand on admire un écrivain, on est curieux de le connaître. On cherche son secret — les clés de son puzzle » (Philip Roth, L’Écrivain fantôme).
Philip Roth n’aura donc jamais le Nobel… Quelle importance ? Il est, à jamais l’un des plus grands écrivains américains, toutes époques confondues. Dans Manhattan People, Christopher Bollen écrit que la mort raconte « la vie à l’envers », la « biographie du défunt » se muant en « en quête acharnée pour tenter de comprendre ». Dans le cas de Roth, tout a été pensé avant et par l’écrivain : il y a quelques années, il avait annoncé avoir renoncé à l’écriture en 2010 (mais l’avoir d’abord tu), travaillant à la biographie que lui consacre Blake Bailey (il rassemblait pour lui ses archives) et à des échanges ludiques de textes avec Amelia, la fille d’une de ses amies proches, dont il admirait la fraîcheur et l’imaginaire. Mais jamais, plus jamais, de fiction, assurait-il. Parcours d’une œuvre et d’une vie, à l’envers, alors que la mort de l’écrivain vient d’être annoncée, mardi 22 mai 2018. Il avait 85 ans.
Non content d’enseigner la littérature, d’en être le passeur inlassable sur Diacritik, Johan Faerber la théorise dans ses livres, comme dans son Proust à la plage qui paraît aujourd’hui chez Dunod. Récit intime et passionné de la vie de Marcel Proust, soit « la vraie vie, la vie enfin découverte et éclaircie, la seule vie, par conséquent, réellement vécue » (Contre Sainte-Beuve), en lien constant avec l’écriture et la lente et têtue genèse de la Recherche, ce Proust s’offre comme un « roman critique ».
L’occasion d’inverser les rôles et de soumettre notre initiateur de grands entretiens à la question.
Édouard Louis a publié, au début du mois de mai, Qui a tué mon père, livre aussi intense que bref qui s’impose comme le tome 3 d’une Histoire de la violence, titre du deuxième volume de ce que l’on peut désormais considérer comme un triptyque.
Plusieurs fois, je l’avais surprise, elle nous couvait d’un œil protubérant ; Catherine, ses bijoux, sa dégaine de voyante extra-lucide, sa logorrhée et sa puérile obstination à séduire ; moi, mes vêtements chinés aux fripes, mes cheveux très courts, ma réserve un peu inquiétante.
Sous le titre Infinités, la silhouette d’une femme nue se fond avec une vue de l’espace, la spirale d’une nébuleuse déroulant un semblant de chevelure sur la tête, des cercles concentriques et leurs rayons évoquant les représentations scientifiques qui permettent de comprendre l’univers. L’illustration délicate d’Aurélien Police invite à découvrir ainsi le recueil de nouvelles d’une auteure indienne anglophone, un ensemble de textes rares à plus d’un titre.
Le 26 et 27 mai prochains, dans le cadre du « Printemps de l’Échangeur », seront projetés Les Films du Monde, 50 cinétracts + 1 écrits et réalisés par Frank Smith.
Diacritik a toujours eu à cœur de défendre la littérature étrangère et ceux sans lesquels elle demeurerait inaccessible à une grande partie du lectorat français : les traducteurs.
Carine Chichereau, traductrice de très nombreux auteurs anglo-saxons, a accepté de tenir une rubrique régulière dans nos colonnes, pour évoquer, en vidéo, un texte dont nous lui devons la version française.
Aujourd’hui, Nos révolutions de Jane Smiley tout juste paru aux éditions Rivages.
Parvenu à cent – c’était convenu –, tu te retournes. La futaie est vide. Peu de bruits, des oiseaux discrets, des branches et des feuilles qui craquent sous tes pas. Et puis ce vent léger qui agite les cimes. Tu fouilles là où tu aurais eu l’idée de te cacher : derrière un buisson de ronces, sous de hautes fougères. Tu examines minutieusement chaque arbre.