Quelle bonne idée d’avoir confié les clés de la maison Blake & Mortimer à Jaco Van Dormael, Thomas Gunzig et François Schuiten ! Le Dernier Pharaon, paru le 29 mai dernier, est une œuvre majeure, hybride, qui rend hommage aux héros créés par Edgar P. Jacobs tout en convoquant des thématiques sociologiques, économiques et écologiques très actuelles. Un album magistral qui combine puissance narrative et perfection graphique.

Carola Rackete a été arrêtée par la police italienne. Les policiers italiens n’ont pas refusé d’obéir à l’ordre qu’ils avaient reçu de l’interpeller. Carola Rackete a été arrêtée parce qu’elle a refusé d’obéir. Une autre femme, toujours en Italie, est également emprisonnée et accusée pour le même motif : Pia Klemp risque vingt ans de prison et 15000 euros d’amende pour chaque vie qu’elle a pu préserver. Carola Rackete et Pia Klemp ont été arrêtées pour avoir dit « Non », pour avoir refusé de participer à la souffrance et à la mise à mort d’autres êtres humains, pour avoir exercé le pouvoir fondamental et irrévocable des peuples : refuser d’obéir.

Après la parution de Éthique du samouraï moderne – Petit manuel de combat pour temps de désarroi (Grasset, 2019) où il est question de sagesse et d’humanisme combattant, peut-on vraiment imaginer que Patrice Franceschi, écrivain, essayiste mais aussi aventurier et homme très engagé, puisse simplement nous raconter à la première personne du singulier quelques histoires vécues durant ses périples au travers de nouvelles qu’il souhaite être lues comme des « romans ramassés à l’extrême, tentant de  dire l’essentiel et rien que lui » ?

Alors que le prochain livre de Max Porter, Lanny, sort à la rentrée, au Seuil, dans une traduction de Charles Recoursé, les éditions Points font reparaître dans leur collection « Signatures » La Douleur porte un costume de plumes, premier texte singulier de l’écrivain anglais, fable et conte du deuil.

Les lecteurs français avaient découvert Nathaniel Rich via Paris sur l’avenir, sidérante dystopie réaliste, une alliance de mots qui n’a plus rien de paradoxal quand le climat se dérègle. Le sujet est bien de Perdre la Terre. Là est l’Histoire de notre temps, titre et sous-titre de l’essai de Nathaniel Rich qui vient de paraître en France.

J’aime lire Duras au-delà de Duras. Elle même disait qu’après sa mort il resterait le lecteur, les petits lecteurs, j’en suis un. Mais je ne lis pas Duras en son temps circonscrite, j’ai beaucoup lu Duras, jusqu’au dégoût, puis j’ai arrêté de la lire n’arrivant plus à voir les phrases comme au début, et je l’ai oubliée plusieurs fois, et j’y suis revenu, j’y reviens.

Du 25 au 30 juin aura lieu à Paris, à la librairie le Monte-en-l’air et sur la scène du Pan Piper, la première édition du festival « Tremble parlure ». Conçu par Florian Caschera, membre notamment du groupe Arlt, « Tremble parlure » donne la parole, chaque soir, à travers rencontres, discussions et concerts, aux écrivaines et écrivains contemporains qui font trembler la langue. Au programme, pour ne citer qu’eux, Eugène Savitzkaya, Christophe Manon, Gaëlle Obiégly ou Eric Chevillard encore. L’occasion était donc toute trouvée pour Diacritik d’aller interroger Florian Caschera sur cette nouvelle et riche manifestation.

Cela fera bientôt neuf ans que le premier titre des Éditions 2024, Les Derniers dinosaures de Didier de Calan et Donatien Mary, est sorti en librairie. Comme toujours, quand une ouverture se produit dans un territoire aussi saturé que celui de la bande dessinée, on est surpris, même si l’attente de l’inattendu est le propre des lecteurs, des regardeurs, des auditeurs – des veilleurs. Il convient alors de faire passer au plus vite la nouvelle pour que cette ouverture puisse devenir l’origine d’un nouveau monde.