Jour 5 – Samedi 17 mai
Jour 4 – Vendredi 16 mai 2025.
Les jours commencent sérieusement à se mélanger, le week end n’existe pas et le concept de repas est quelque chose d’aléatoire. Oui, c’est bien le 4e jour du festival de Cannes.
Jour 3 – Jeudi 15 mai 2025.
Je vous avoue que je voulais commencer avec une longue diatribe intelligente sur la temporalité en festival mais n’ayant dormi que 4 heures, dire des choses pertinentes est un peu compliqué, ça sera donc court.
Le 17 mai prochain se tiendra la deuxième édition du festival PLS à Montreuil, au sein de La Parole Errante, un lieu auto-organisé d’expérimentation politique, culturelle et sociale. Hangar et ancienne usine, la Parole Errante voit le jour en 1997, lorsque le conseil départemental confie la gestion autonome de cet espace au poète et dramaturge Armand Gatti, qui, avec ses compères, en fait à la fois un lieu de répétitions théâtrales et un espace d’accueil pour des assemblées politiques et des fêtes de soutien. Aujourd’hui cette idée d’un lieu culturel avec un ancrage dans les luttes politiques en dehors des logiques politiciennes continue d’exister grâce au collectif bénévole La Parole Errante Demain qui organise des soirées de soutien autour des questions décoloniales, des luttes minorisées, des colères internationales, des fêtes de soutien face à la police et la justice.
La romancière Hélène Gaudy quitte dans son récent livre Archipels le domaine de la fiction pour interroger la figure de son père. Paru à l’automne 2024 aux éditions d’Olivier, son récit retrace l’enquête qu’elle a menée plusieurs années durant, au fil d’entretiens avec ses parents, de collectes d’objets et de documents, d’arpentages sur les lieux susceptibles d’éclairer l’existence d’un père aimé et côtoyé toute sa vie durant, mais dont elle interroge l’irréductible part d’inconnu. (Entretien).
Jour 2 – Mercredi 14 mai 2025.
« Je cite souvent Louise Bourgeois à qui on demandait : « Qu’est-ce que ça veut dire ce que vous faites ? » et elle répondait : « Si vous ne sentez pas ce que j’ai voulu exprimer, I have failed – j’ai raté« . »
Dans Bassoléa, le récit s’appuie sur un dispositif optique. Le texte dépend d’un changement de point de vue, d’un déplacement du regard, rendus possibles par l’invention d’une machine à voir et à voir autrement, autre chose – à voir la vie à l’œuvre.
Jour Un – Mardi 13 mai 2025.
S’il est un poète dont je lis les livres dès qu’ils me parviennent, c’est bien Dominique Fourcade. Ne me demandez pas pourquoi – mais c’est ainsi. Les lectures en retard ne manquent pourtant pas ; les piles d’ouvrages en attente de recension s’accumulent dans l’atelier – de quoi culpabiliser de ne pas pouvoir se montrer plus rapide, même si se précipiter n’est pas d’usage au Terrain vague qui est un espace où le temps – non monnayé – ne doit être compté.
Hybridité des personnages, des genres littéraires, de la langue… La dimension d’hybridité est résolument au centre de mélusine reloaded, le premier roman de Laure Gauthier, poétesse et performeuse. Paru dans le Domaine français des éditions Corti, il a reçu le Prix du Premier Roman Français 2024. Dans ce récit, à la fois fable féministe, dystopie écologique et conte futuriste, l’autrice réinvente la légende de la fée mi-femme, mi-serpent, pour en faire un personnage politique, (éco)féministe, qui œuvre à la reconstruction d’un pays post-démocratique. Écrit dans une prose poétique, mélusine reloaded est une critique écopoétique de notre société et de ses dérives, la quête d’une autre voie, prônant la force de la transformation en même temps qu’un lâcher prise nécessaire. Je crois au pouvoir de transformation de l’être humain », nous a confié Laure Gauthier. En l’acceptation de notre propre hybridité, donc.
Jour Zéro – Lundi 12 mai 2025.
Arrivée à Cannes dimanche soir. Commencement des hostilités aujourd’hui.
Diacritik publie il suffit de traverser la mer, un feuilleton composé par la poétesse Catherine Weinzaepflen.
Après Simurgh & Simorgh, Speed et Space, Gabriel Gauthier fait paraître La Vallée du Test. Entretien avec l’auteur.
Deux ans après L’usure d’un monde. Une traversée de l’Iran, François-Henri Désérable publie Chagrin d’un chant inachevé. Sur la route de Che Guevara, un récit somptueux. François-Henri Désérable s’est fixé une règle de vie : passer la moitié de ses jours dans ce monde à le voir, et l’autre à l’écrire.