Festival de Cannes 2025 – État des lieux (4)

©Dransi

Jour 3 – Jeudi 15 mai 2025.

 

Je vous avoue que je voulais commencer avec une longue diatribe intelligente sur la temporalité en festival mais n’ayant dormi que 4 heures, dire des choses pertinentes est un peu compliqué, ça sera donc court.


Aujourd’hui, la journée commence avec un film ACAB (All Cops Are Bastard, pour les non-initiés), très critique à l’égard des forces de l’ordre : Dominik Moll et son film Dossier 137.

Un film « à sujet » comme aiment à le répéter les critiques : une flic de la DGSI (Léa Drucker) enquête sur le responsable d’un tir de flashball dans la tête d’un très jeune manifestant gilet jaune en 2018. La police des polices est-elle trop laxiste ? Comment faire quand on aime son corps de métier mais qu’on aime également la justice ?

Ironie du sort, dans le car régie qui capte et réalise la montée des marches se trouve… une policière. On le mettrait dans un film, personne n’y croirait.

La 3e journée s’accélère puisque je dois interviewer Erige Sehiri, réalisatrice franco-tunisienne et deux de ses deux actrices : Deborah Lobe Naney et Laetitia Ky, pour le film Promis le ciel (à voir !)Une interview à Cannes, c’est tous les journalistes des médias qui se retrouvent au même endroit pour interviewer l’équipe du film présente sur le festival en général seulement deux jours : le jour de la montée des marches pour la projection du film et le lendemain avec le photocall.

Radio, télévision, photo et presse écrite se bousculent au portillon, et ce sont les attachés presse, légèrement épuisés, qui essayent de mettre de l’ordre dans tout ça.

Quand je dis « essayent » c’est parce qu’une interview de 30 minutes qui passe à 12 minutes ne donne pas forcément la même discussion.

Erige Sehiri dont le film fait l’ouverture d’Un Certain Regard, ne déroge pas à la règle et enchaîne interviews sur interviews.

Soudain, dans cette fourmilière, un point fixe : deux des trois actrices principales du film, seules, hermétiques au chaos médiatique.

La magie cannoise c’est de pouvoir (avec la bénédiction de l’attaché de presse) commencer une conversation inattendue à bâtons rompus avec deux actrices que l’on trouve géniales !

 

Et puis finir la journée avec la montée des marches de minuit pour le film de Yann Goslan, Dalloway, clin d’œil très appuyé à Virginia Woolf. Cécile de France, écrivaine en mal d’inspiration, commence à développer un lien étroit avec son assistante virtuelle qu’elle a nommée Dalloway et qui a la voix de… Mylène Farmer.

 

Grosse journée pour la critique mais également pour les fêtards, car il faut aussi s’amuser. Aujourd’hui, c’était donc le début des grosses soirées cannoises avec stars hollywoodiennes et tiktoker, monde scintillant, étrange et bigarré où des baos au café distribués à 2h côtoient le champagne et les cocktails.

Inutile de dire que la projection à 8h30 de la 4e journée ne sera certainement pas d’actualité pour nombre de personnes, croisées dans la nuit cannoise.