Jour 5 – Samedi 17 mai
Samedi, 17h, ça somnole dans le grand Auditorium Louis Lumière, la salle de cinéma aux 2309 places : regarder un – très beau – film de Chie Hayakawa, cela en est trop pour certains. N’oublions pas que nous sommes quasiment au milieu du festival, et les plus vaillants en sont à une vingtaine de films en 5 jours.
Renoir est l’histoire d’une petite fille, Fuki, dont le père est hospitalisé en soins palliatifs et dont la mère est débordée et absente. Pas d’actions en tant que telles mais une caméra qui regarde ses personnages vivre leur solitude, subir le carcan social et la pression du travail, tout cela avec la délicatesse et la retenue du cinéma japonais.
De très beaux plans, une jeune actrice merveilleuse au jeu peu démonstratif, et de longues scènes silencieuses, bref une œuvre magnifique comme en témoigne la scène de la petite fille regardant dans les airs comme pour suivre l’âme d’un vieil homme qui meurt dans sa chambre d’hôpital.
Quoi d’autre ? Un film hongkongais, sombre et long : Sons of the neon night, de Juno Mak, qui a explosé tous les budgets de son film avec un petit 400 millions de dollars, ce qui l’a mis direct à la première place du podium des films les plus chers de l’histoire du cinéma hongkongais.
Et l’émotion d’interviewer les frères Nasser, réalisateurs gazaouis venus présenter leur long métrage Once upon a time in Gaza. Pas beaucoup d’espace pour le cinéma dans cette interview mais un cri pour la libération de Gaza. À la question de la signification du titre, une réponse implacable « Il était une fois, c’est pour raconter l’histoire d’un lieu, d’une utopie, d’un conte qui n’existe plus. Gaza n’existe plus, Gaza est détruite. J’ai voulu créer un western spaghetti gazaoui du lieu où nous avons grandi et que j’aime ».
Précisons que l’interview se passe sur un restaurant de plage de la Croisette, musique de Katy Perry à fond. Grand écart pour tout le monde.