« Pourquoi faut-il relire le roman ? (…) Lecture anxiogène en ces temps difficiles ? Pas tant que ça. La Peste offre surtout une réflexion profonde et humaniste sur les comportements adoptés par une société lorsqu’on restreint ses droits. Voici ce qu’il faut en savoir ». (Vogue, avril 2020)

Vogue est loin d’être seul magazine à sommer les lecteurs de lire La Peste, roman de 1947 : on notera les deux impératifs d’obligation du verbe falloir ! La formulation n’est pas une invitation à lire le roman dans sa complexité mais une obligation à le lire pour décrypter le présent.

L’Algérie en héritage appartient à la collection bien nommée « d’un lieu l’autre » des éditions bleu-autour. Après avoir tenté de reconstituer minutieusement la mémoire individuelle et collective des habitants de l’Algérie, dans le cycle L’enfance des Français d’Algérie avant 1962 (2014), Une enfance dans la guerre, Algérie 1954-1962 (2016) et À l’école en Algérie des années 1930 à l’indépendance (2018), ce volume est annoncé comme le dernier de cette série.

Les poèmes de Perrine Le Querrec brisent un silence. Le programme est présenté d’emblée dans un avant-propos en forme de journal : à Louviers, où elle est en résidence dans la Villa Calderón, l’autrice recueille les paroles de femmes qui ont subi des violences « conjugales, sexuelles, psychologiques, violences humaines, violences de la société, la violence et ses nombreux visages (…) ».

L’œuvre d’Arno Bertina est magnétisée par un tropisme africain : de la guerre d’Algérie dans Le Dehors à la restitution des biens spoliés dans Des lions comme des danseuses, l’écrivain cadastre l’envers de l’histoire occidentale, le registre de ses exactions et de ses crimes, mais il accompagne également la vitalité joyeuse du continent, sa puissance de devenir et son énergie joueuse. C’est un tel tiraillement qui traverse L’âge de la première passe, avec pour ambition d’interroger la place inconfortable de l’écrivain, homme, blanc, occidental, au Congo, accompagnant une ONG s’efforçant d’aider des mineures prostituées.

« Y a-t-il jamais eu des explorateurs de l’angoisse qui soient descendus en chute libre au fond de la panique puis en soient revenus pour en témoigner ? ». Une exploratrice certainement, Lydia Flem, qui dans un texte offert à la lecture dans le cadre de l’opération « Le Seuil du jour », déploie l’un de ces moments que l’on nomme trop légèrement sans doute une « crise de panique » pour montrer combien cet état limite est une « expérience de l’intime extrême ».