De manière lancinante, et surtout en temps de crise, les mises en garde quant aux dépenses de l’État ou au poids de la dette ne cessent de nous ramener à une prétendue réalité.
Extrait de How will i rest in peace if i’m buried by a highway?, premier EP du jeune musicien américain, plastic door// en est à la fois un juste résumé et seulement une facette.
Seconde enquête d’Aimé sur le passé d’Albertine, car Marcel n’est pas suffisamment édifié.
Ce serait bien que tout le monde se mette à lire Georges Hyvernaud. Puis se taise un petit bout de temps. Même Leila Goncourt au Bois Dormant, si ce n’est pas trop demander.
Paolo Giordano a écrit Contagions en quelques jours, entre la fin février et le début du mois de mars 2020, alors que l’Italie entrait dans l’épidémie de Coronavirus et commençait à prendre conscience (et nous avec elle) de l’ampleur sans précédent d’une crise planétaire dont le sens comme les conséquences vont bien au-delà de la seule maladie.
La voix est monocorde, l’écriture, sèche, brute, efficace. Les premières lignes de Retour de service l’attestent : l’espionnage n’est pas sensationnaliste mais intimiste et fait de faux-semblants. Pour son 25ème roman, John le Carré signe un retour gagnant, sur fond de Brexit et de fin de l’ancien monde.
Tout a commencé, du moins pour qui écrit ces lignes, par la parution fin 1972 / début 1973 des Écrits et propos sur l’art d’Henri Matisse chez Hermann – “Texte, notes et index établis par Dominique Fourcade” –, livre sidérant pour un jeune homme d’à peine 17 ans qui s’intéressait, comme beaucoup de ses contemporains, à ce qui pouvait ouvrir des perspectives nouvelles
Quatrième lecture d’un extrait du « Monologue de Bassoléa », un des chapitres de Des espèces de dissolution, de Juliette Mézenc, paru en 2019 aux éditions de l’Attente.
Tous les mercredis, Joffrey Speno nous offre l’un des films de sa collection de portraits documentaires « La parole aux morts ». Aujourd’hui, Pour ce que je suis réellement.
Co-fondateur du collectif Urbain, trop urbain, Matthieu Duperrex explore depuis une quinzaine d’années la notion d’Anthropocène en croisant sciences humaines, littérature et arts visuels dans des performances et des installations artistiques ; il enquête sur le terrain des milieux anthropisés comme dans son dernier livre, Voyages en sol incertain paru en 2019 conjointement en version papier aux éditions Wildproject et en version numérique augmentée aux éditions La Marelle.
Elle entre dans sa sixième année de détention et porte un nom : Nûdem Durak. Chanteuse, kurde en Turquie, ses 32 ans fêtés voilà quatre mois ; un État l’a condamnée à passer plus de la moitié de son âge en prison. Ce nom, on commence à le prononcer sur quelques continents. C’est bien peu, face à l’appareil entier d’un État, mais ce n’est pas tout à fait rien : un prisonnier l’est sans doute moins lorsque l’on sait, dehors, qu’on l’a réduit à n’être plus que ça. Le silence fortifie les cachots plus sûrement que les barreaux – il arrive parfois que rompre le premier aide à scier ces derniers.
Cinéma à l’université pourrait se définir comme la troisième étape d’un mouvement plus vaste qui touche à l’un des piliers de l’enseignement du cinéma, à savoir le cloisonnement presque absolu de la théorie et de la pratique, du savoir et du savoir-faire, de la pensée purement intellectuelle et de la pensée « avec les mains » (pour citer le livre éponyme de Denis de Rougemont, lui-même cité dans Godard dans Histoire(s) du cinéma).
Une poignée de semaines durant, un écrivain en peine d’écrire se retranche à Arromanches pour travailler : la solitude forcée, le mouvement hypnotique de la mer, le lieu inconnu, l’éloignement des luttes politiques lui sont un espoir de concentration et d’écriture intense.