Lire est une activité dévorante pouvant s’accomplir à peu près partout, de manière volontiers désordonnée ; c’est affaire de trous dans l’emploi du temps, et non d’organisation rationnelle des activités du jour. Écrire un journal de lecture, cherchant à retenir de petites pensées éphémères, en écho à des éclats de textes explorés avec plus ou moins d’acuité, l’est davantage encore – le moment heureux de cette activité étant celui du montage. Mais avant d’y parvenir, il faut griffonner, raturer, détruire, reprendre, se frotter à certaines limites, alors qu’en finir n’est pas au programme : on ne rend sa copie qu’en raison de ce qui a été paraphé sur le dérisoire contrat qu’on a conclu avec soi-même. Il s’agit toujours d’un exercice de la liberté dont il faut saisir les opportunités, quitte à en sortir un peu sonné – entre fatigue et perplexité.
Si Arnaud des Pallières a adapté Michael Kohlhaas au cinéma il y a une dizaine d’années, avec Mads Mikkelsen dans le rôle-titre, de Heinrich von Kleist on connaît surtout en France Le Prince de Hombourg, Penthésilée ou La Marquise d’O. Pour le reste, de ce côté du Rhin, on ignore presque tout de lui et de ses tentatives éditoriales avortées.
Diacritik publie il suffit de traverser la mer, un feuilleton composé par la poétesse Catherine Weinzaepflen.
Comment le journaliste Nicolas Plommée arrive-t-il à procurer un plaisir philosophique au lecteur de son tout récent ouvrage référence en français sur Kylie Minogue ? En déroulant subtilement la vaste carrière de l’australienne…
Depuis ses débuts dans le champ littéraire, Paloma Hermina Hidalgo s’est distinguée par ce que l’on nomme communément une plume : un style, une écriture absolument singulière et hors-norme qui constellent le ciel de la poésie contemporaine.
Après Extrêmes et lumineux, Au nord du futur, Provisoires et Signes des temps, Christophe Manon fait paraître Élégies mineures. Entretien avec l’auteur.
Le Treize est le récit détaillé des attentats du 13 novembre 2015 (préparatifs, déroulement), dans l’esprit du « récit documentaire » ou du « document poétique » inspirés notamment des objectivistes américains.
Conan Doyle en Pléiade… On imaginait cela impossible, ne serait-ce qu’il y a une dizaine d’années. Lovecraft, oui, on est un peu moins surpris. Celui-là a une fibre littéraire qui le ferait accepter même par ceux que l’étiquette de la littérature de genre rebute. Et puis il y a son style et le genre, le fantastique (qui a toujours été le sous-genre le mieux accepté par la grande littérature – voyez Balzac, Maupassant, Borges). Mais Conan Doyle ?
À la rentrée de septembre 2024, Flammarion a inauguré une nouvelle collection dans laquelle « universitaires et écrivains des nouvelles générations » proposeront « des enquêtes variées abordant la politique, la terre, le social et l’intime ».
Si tant est qu’elle soit intense, fervente ou souveraine, une œuvre (perçue de façon fragmentaire ou dans sa totalité) nous rend – parfois – muets ou bègues.
Diacritik publie il suffit de traverser la mer, un feuilleton composé par la poétesse Catherine Weinzaepflen.
3 octobre 2025. Encore et toujours Feldman sur la platine – l’inépuisable Morty, qui avait confié en 1967 au jeune Jean-Yves Bosseur (20 ans) : « Sincèrement, je ne pourrais pas vivre dans mon art. Dedans, j’y mourrais. Compris ? J’aime bien vivre, bien manger, j’aime vivre vite, parce que dans mon art je me sens mourir très, très LENTEMENT. » Cet entretien s’achevait par ces mots : « Il faut se tenir à l’écart des grandes villes ; trop de choses ; trop de choses stupides… » Bien entendu, Morton Feldman est mort à son domicile de Buffalo, dans l’état de New-York : cet écart n’était pas une coupure radicale.
« L’Ange d’Indian Lake » de Stephen Graham Jones par sa traductrice
Diacritik a toujours eu à cœur de défendre la littérature étrangère et celles et ceux sans lesquel.le.s elle […]
La poésie défie l’évidence et le temps. Elle provient parfois de très loin, insaisissable s’impose, tout en restant légère.
Au printemps 2025, les éditions Les Cahiers de la Seine, dirigées par Henri Lefebvre, ont publié un étrange petit livre intitulé Et là je me mets en danseuse, signé Anne Portugal et Vincent Broqua. Un dessin de Jim Dine signé et daté y précède la formule : être rabalaïre : théorème.