Aujourd’hui sort en DVD le film d’Amandine Gay, Ouvrir la voix, un documentaire beau et politique dans lequel s’enchevêtrent les témoignages de vingt-quatre femmes noires.
Category Archive: Cinéma
Paru en juin 2018 aux éditions Dupuis dans la collection Aire Libre et redécouvert à l’aune d’un été propice aux séances de rattrapage, Midi-Minuit signé Doug Headline et Massimo Semerano est un roman graphique captivant et cinéphile, puisant dans le cinéma de genre pour en tirer une intrigue toute en référence au modèle qu’il explore.
Naomi Klein le constatait dans No Logo : nous vivons désormais dans un « village », « reliés les uns aux autres par une trame de marques ». Et elle énonçait une « hypothèse simple : lorsqu’un plus grand nombre de gens découvriront les secrets des marques qui composent la trame mondiale de logos, leur indignation alimentera le prochain grand mouvement politique, une vague ample et déterminée d’opposition aux transnationales, surtout celles qui jouissent d’une très franche reconnaissance de marque ». Dévoiler le secret de l’une de ces marques, au logo blanc et vert si reconnaissable, est justement ce à quoi s’emploie le documentaire de Luc Hermann et Gilles Bovon, Starbucks sans filtre, qu’Arte diffuse ce soir à 20 h 30.
Aux portes des rêves, la pensée s’agite. Et cela pourrait bien commencer par l’interrogation que pose en chanson Barbara Carlotti dans Magnétique, morceau de son dernier album éponyme : « Je n’ai pas encore pu savoir jusqu’à présent ce qu’est exactement le rêve. Je me le demande toujours. »
Cet entretien, ce dialogue, ces entre-mots, entre-paroles, sont tissés de dialogues qui les précèdent. Si la véritable archéologie de ceux-ci est impossible à mener, fondamentalement infinie, leurs symptômes les plus signifiants se situent sans doute à l’endroit d’une incompréhension : celle résultant du dialogue avec ce film documentaire dont je ne saisis pas la dramaturgie, dont mes propres respirations paraissent en discordances avec les siennes, alors même que la matière qui le compose devrait presque obligatoirement me faire vibrer.
« You know what’s scary about them ? They don’t need power ». C’est un homme qui parle des singes. C’est leur force : « They don’t need power ».
« Le cinéma ment, pas le sport ». C’est avec cet aphorisme de Jean-Luc Godard que s’ouvre d’emblée le documentaire de Julien Faraut, L’Empire de la perfection, composé d’archives focalisées sur le célèbre joueur de tennis John McEnroe.
Il y a bien longtemps que San Gennaro a abandonné Naples. Plus probablement a-t-il été acheté par quelques mafieux locaux qui ne protègent plus que les camoristes et les footballeurs… Là-bas encore plus qu’ailleurs, la loi du plus fort est la seule qui soit respectée : Dogman, le dernier film de Matteo Garrone illustre magistralement cette défaite du monde civilisé.
Immense re-présentation précisément, malgré tout.
Rien n’est imaginable mais tout est image.
La sortie sur Netflix, le 13 avril dernier, de Je ne suis pas un homme facile, premier long-métrage en langue française sur la plateforme américaine, est tout sauf anecdotique. Le pitch : à la suite d’un banal choc, Damien (qui coche toutes les cases des qualificatifs du porc à balancer sur les réseaux sociaux, macho, misogyne, phallocrate voire pire) se retrouve propulsé dans un monde dominé par les femmes.
Le 27 avril dernier a eu lieu une grande rencontre avec Dario Argento à Paris, au Forum des images. Diacritik en était le partenaire, avec la librairie Atout Livres et France Culture.
Retrouvez l’intégralité de cette rencontre en vidéo.
Plusieurs semaines après le visionnage de la chose, la question reste en suspens : A Genoux les gars est-il le pire film que j’ai pu voir au cinéma ?
13novembre. Disponible depuis le 1er juin sur Netflix, le documentaire de Jules et Gédéon Naudet brise des silences multiples. Le silence effroyable né de la sidération qui s’est emparée de la nation tout entière ce soir de 2015. Le silence qui s’est installé après, quand les bruits des tirs, des explosions, quand les cris des victimes ont cessé. Le silence des anonymes qui sont intervenus, aidant, soignant, soulageant, accompagnant les morts, les blessés, les rescapés, les simples témoins des scènes tragiques vécues cette nuit-là.
Il serait dommage de ne voir en Jafar Panahi qu’un symbole de la liberté victime de l’intégrisme islamiste. Bien entendu, il est impossible de l’oublier et il n’est pas question une minute de l’oublier, comme on n’oubliera pas le cas de Kiril Srebennikov, cinéaste russe maintenu sous résidence surveillée par le régime autoritaire de Vladimir Poutine.
À l’occasion des cinquante ans de « Mai 68 », il est possible de le repenser à la lumière d’événements plus larges et de le replacer dans un contexte plus vaste où s’entrecroisent la culture et le politique (à différencier de la politique) sur un plan international, autrement dit d’insister sur la possibilité – voire la nécessité – d’un décloisonnement.