Après Moulins (où il était exposé jusqu’au 18 juin), Miles Hyman s’installe à Quimperlé le temps d’une exposition qui lui est consacrée et intitulée « L’Entre-deux mondes », un nom de circonstance pour un artiste qui, né dans le Vermont et venu étudier et s’établir en France, est devenu celui que l’on décrit souvent comme le plus français des dessinateurs américains.

C’est un petit livre à la couverture barrée de rouge, empli de l’ironie et l’autodérision caractéristique de l’œuvre de Guy Delisle. L’auteur de Chroniques de Jérusalem, Pyongyang, Shenzen ou Chroniques Birmanes signe avec Le Guide du mauvais père une BD drôle et tendre, aux textes travaillés qui balancent entre second degré et réalisme emprunté au quotidien.

Du 15 juin au 30 septembre 2018 à la Maison du dessin de presse de Morges, c’est le faîte du Prince. Emmanuel Macron en grand inspirateur de caricaturistes et dessinateurs talentueux ? C’est le sous-texte de cette exposition qui prend le parti de s’intéresser au processus de création qui préside (sans jeu de mot) à la représentation du chef de l’État depuis son arrivée à l’Élysée en mai 2017.

Quelques jours après la sortie de Ready Player One dans les salles, comment ne pas noter la quasi omniprésence de la virtualité et du paradoxe (jusqu’à l’affrontement) entre le réel et l’imaginaire numérique ?
Revue d’effectif d’une tendance avec trois exemples, une bande dessinée et deux séries, qui ont en commun de développer d’autres réalités, entre futurisme et post-humanisme : Alt-Life (à paraître le 6 avril), Counterpart et Altered Carbon.

Avec Herzl : une histoire européenne, qui paraît ces jours-ci aux éditions Denoël, Camille de Toledo livre, avec l’inventive compagnie d’Alexandre Pavlenko, son premier roman graphique. Plus que jamais attentif aux formes les plus contemporaines d’expression, Camille de Toledo choisit ici, de manière aussi inattendue que neuve, de déployer le sombre récit d’une figure historique du judaïsme, Theodor Herzl, en la donnant littéralement à voir par les noires illustrations de Pavlenko dans toute sa puissance tragique.


Joost Swarte est né en 1947, la veille de Noël. Il a donc toujours eu quelques heures d’avance sur ceux que l’attente du lever du jour dit “des cadeaux tombés du ciel” tient en éveil – ce dernier mot allant comme un gant à son regard d’une acuité sans égal. Je ne sais si sa main a tremblé, ne serait-ce qu’une fois, dans sa vie, mais ce dont je suis certain, c’est qu’il est on ne peut plus sensible aux tremblements d’un monde dont il reste un des plus fameux interprètes.

En cette fin d’année, séance de rattrapage avec des parutions remarquables et remarquées, parce que leurs auteurs font partie de ceux qui comptent aujourd’hui dans le paysage de la bande dessinée franco-belge. Paysage qu’ils réinventent à leur manière, en s’inscrivant dans une filiation évidente (Juan Dias Canales et Ruben Pellerejo), dans une tradition séculaire (Xavier Dorison et Ralph Meyer) et dans un anticonformisme bienvenu (Wilfrid Lupano et Paul Cauuet).

VF6 Avant de revenir parler de La Magicienne, quatrième opus de la série de Wilfrid Lupano et Paul Cauuet, Les Vieux Fourneaux, retour sur le précédent épisode d’un triptyque commencé avec Ceux qui restent et Bonnie et Pierrot. Dans Celui qui part, Mimile, Pierrot et Antoine, les trois pépés fringants montraient d’une manière jubilatoire comment malgré leur âge canonique ils n’avaient pas pris une ride…