« Vous êtes d’origine belge Monsieur Luke ? » Très bonne question. Et l’on remercie Jul et Achdé de l’avoir posée. Voilà plus de 70 ans que le garçon vacher (en français dans le texte), sillonne les États-Unis en compagnie de Jolly Jumper, avec quelques incursions au Mexique et au Canada, à la poursuite des Dalton ou en compagnie de Billy the Kid, de Calamity Jane et autres Empereur Smith. Le plus francophone des cow-boys de papier est de retour après deux ans d’absence et La terre promise déjà signé du duo Jul-Achdé, pour un voyage tout en sous-textes : Un cow-boy à Paris, en librairie aujourd’hui.

Le monde de la BD peut s’enorgueillir de compter un nouveau héros : Atom Vercorian, détective privé en devenir, casse-cou, séducteur et tenace. Bref, un enquêteur comme on en faisait plus, depuis Gil Jourdan, Marc Jaguar ou Ric Hochet. Mais bien plus qu’une (re)naissance, Atom Agency est un diamant graphique signé Olivier Schwartz et Yann qui a concocté un scénario finaud et des dialogues lettrés que ne renieraient pas Audiard ou Simonin.

Son Journal d’un ingénu avait fait sensation en 2008 lors de sa sortie, parce qu’il mettait en scène un Spirou enfin temporel, témoin de la marche inexorable du monde vers le second conflit mondial. La parution ce 5 octobre de Spirou, L’espoir malgré tout inaugure un cycle de 4 tomes qui trouvera sa conclusion en novembre 2020. Des premières heures de l’invasion de la Belgique par l’armée allemande à la fin de la guerre, Emile Bravo inscrit Spirou dans l’Histoire, et montre qu’un personnage de papier ne peut vivre en marge de son temps et hors du réel.

Rien ne va plus dans l’ancien monde : les dirigeants de la vallée veulent raser 4000 hectares de forêt quaternaire pour y ériger un parc de loisirs, entre féminisme préhistorique et émergence du hashtag #Balancetapierre, la famille Dotcom se déchire à petit feu. Et pour couronner le tout : l’inoubliable interprète de « Comme un chasseur abandonné », Johnny Abilis est mort.

Paru en juin 2018 aux éditions Dupuis dans la collection Aire Libre et redécouvert à l’aune d’un été propice aux séances de rattrapage, Midi-Minuit signé Doug Headline et Massimo Semerano est un roman graphique captivant et cinéphile, puisant dans le cinéma de genre pour en tirer une intrigue toute en référence au modèle qu’il explore.

L’une des signatures de Diacritik est la place accordée aux grands entretiens : écrits ou filmés, ils laissent se déployer la parole des artistes, sans aucune contrainte d’espace ou de temps. L’été peut être l’occasion de (re)découvrir ces interviews. Aujourd’hui Cyril Pedrosa s’entretenant avec Dominique Bry, en novembre 2015, autour de ses Equinoxes.

Son Journal d’un ingénu avait fait sensation en 2008 lors de sa sortie, parce qu’il mettait en scène un Spirou enfin temporel, témoin de la marche inexorable du monde vers le second conflit mondial. Avec Spirou ou l’espoir (dont le premier tome Un mauvais départ paraît le 5 octobre prochain), Emile Bravo revient sur les premières heures de l’invasion de la Belgique par l’armée allemande et sa perception d’un héros de bande dessinée qui ne peut pas vivre en marge de son temps et hors de la réalité.

Après Moulins (où il était exposé jusqu’au 18 juin), Miles Hyman s’installe à Quimperlé le temps d’une exposition qui lui est consacrée et intitulée « L’Entre-deux mondes », un nom de circonstance pour un artiste qui, né dans le Vermont et venu étudier et s’établir en France, est devenu celui que l’on décrit souvent comme le plus français des dessinateurs américains.

C’est un petit livre à la couverture barrée de rouge, empli de l’ironie et l’autodérision caractéristique de l’œuvre de Guy Delisle. L’auteur de Chroniques de Jérusalem, Pyongyang, Shenzen ou Chroniques Birmanes signe avec Le Guide du mauvais père une BD drôle et tendre, aux textes travaillés qui balancent entre second degré et réalisme emprunté au quotidien.

Du 15 juin au 30 septembre 2018 à la Maison du dessin de presse de Morges, c’est le faîte du Prince. Emmanuel Macron en grand inspirateur de caricaturistes et dessinateurs talentueux ? C’est le sous-texte de cette exposition qui prend le parti de s’intéresser au processus de création qui préside (sans jeu de mot) à la représentation du chef de l’État depuis son arrivée à l’Élysée en mai 2017.