Après Général Idi Amin Dada sur le terrifiant dictateur ougandais puis L’avocat de la terreur , où il dévoilait la face cachée de Jacques Vergès, Barbet Schroeder achève sa trilogie de la terreur avec Le vénérable W. , documentaire glaçant sur le moine birman Wirathu, bouddhiste prêchant la haine et appelant à la disparition de la minorité musulmane des Rohingyas.

Cinéma © Ch. Marcandier

Alors que la sélection du festival de Cannes vient de tomber, on peut déjà être sûr d’une chose : la sélection est décevante, incomparablement moins bonne que la précédente. Comment puis-je le savoir ? Parce que chaque année, les mêmes journalistes répètent exactement la même leçon : « cette année, c’est moins bien que l’année dernière ».


Un an après Alejandro González Iñárritu, c’est au tour de James Gray d’opposer la violence des hommes à celle de la nature, de revenir sur les clichés du bon sauvage et de rappeler l’homme à sa misérable condition d’engrais sur patte. Mais là où The Revenant était aussi beau que violent,  The Lost city of Z est touché par la grâce, dernier opéra du cinéaste qui en quittant New York trouve l’apaisement.

Loving

Prendre la brique, étaler le ciment, poser la brique, droite, bien droite, c’est le plus important, rester bien droit… Richard Loving accomplit ces gestes encore et encore, il pose les briques, étale le ciment, et lui reste droit. Perdue entre New York et Los Angeles se situe l’Amérique, la Virginie, un nouveau monde qu’il faut construire. C’est notamment en racontant des histoires de cette Amérique que Jeff Nichols (Shotgun  Stories, Take Shelter, Mud) est devenu l’un des plus grands réalisateurs indépendants américains. Avec Loving, peut-être son film le plus audacieux, Jeff Nichols fait mine d’embrasser le film à thèse pour mieux en détourner les codes. Il y aura bien des avocats idéalistes, des lois injustes, la prison et la cour suprême, mais presque en arrière-plan. Ce qui intéresse Nichols, c’est d’abord ses héros et les paysages de la Virginie.

Silence

« On ne s’absout pas de ces péchés dans une église, on le fait dans la rue, le reste ne vaut rien, et je le sais ! », déclarait Harvey Keitel au début du Mean Street de Martin Scorsese, cinéaste ayant toujours mis la foi et le mystère au cœur de son œuvre. Il aura fallu des années au cinéaste pour réussir à monter l’un des projets qui lui tenait le plus à cœur : Silence, magistral film sur la foi et le doute. Un film catholique au sens scorsesien du terme, non pas un prêche mais l’œuvre d’un homme complexe qui n’a jamais cessé de s’interroger sur les rapports que l’homme entretient avec Dieu.

la la land

Une comédie musicale est toujours le pari le plus osé que puisse tenter de relever un cinéaste. Dans le meilleur cas de figure, le spectateur se sent soudainement des fourmis dans les jambes, se met à pianoter sur son fauteuil et peut même esquisser de légers mouvements d’épaules avant que son cerveau ne lui rappelle qu’il est dans un lieu public et que la peur du ridicule l’attache à son fauteuil. Ou alors, la magie ne prend pas et les personnages ressemblent à des alcooliques, le spectateur est gêné pour eux et regarde ailleurs. C’est ce qui fait la différence entre Chantons sous la pluie et Glee

Personal Shopper

Parmi les nombreux choix controversés du dernier jury du festival de Cannes (oubli de Toni Erdmann ou Sieranevada, présence du fadasse film de Dolan), la présence de Personal Shopper au palmarès est surement le moins défendable. Soit le Prix de la mise en scène, ex-æquo avec le Baccalauréat de Cristian Mungiu qui pouvait, lui, prétendre à la Palme d’or, pour un film au style pompeux, aux grosses ficelles et qui fait déjà partie du pire de la filmographie chaotique d’Olivier Assayas…