Festival de Cannes 2017 : les films en compétition

Cinéma © Ch. Marcandier

Alors que la sélection du festival de Cannes vient de tomber, on peut déjà être sûr d’une chose : la sélection est décevante, incomparablement moins bonne que la précédente. Comment puis-je le savoir ? Parce que chaque année, les mêmes journalistes répètent exactement la même leçon : « cette année, c’est moins bien que l’année dernière ».
Je suis avec attention le festival depuis 1989, et ça a toujours été un « cru décevant », moins bon que celui de l’année précédente. Ajoutons que, sauf si le jury choisit les moins bons films, le palmarès sera décevant car ultra-conformiste (entendez : quelle curieuse idée de choisir les meilleurs films).

Pendant 10 jours, le cinéphile frustré entendra parler des plus grands cinéastes, des films les plus excitants tandis qu’il aura le choix, en salles, entre Pirates des caraïbes 5 et Bernard Menez… (authentique) ; surtout, il aura droit aux mines dégoûtées des quelques privilégiés, qui, invariablement, taperont sur tout ce qui bouge, trouveront que le festival met du temps à démarrer et assassineront dans leurs cahiers spéciaux des films qu’ils applaudiront à leur sortie…
Enfin ceux qui se désolent que-ce-sont-toujours-les-mêmes-cinéastes-qui-sont-sélectionnés seront dans le même mouvement scandalisés de l’absence de certains habitués.

Mais sélectionner, c’est retirer disait Raymond Domenech, voyons donc qui est en compétition cette année.

A Gentle Creature © Haut et Court

A Gentle Creature de Sergeï Loznitsa (Ukraine)

LE film à cocher cette année : en deux films, l’Ukrainien s’est imposé comme un des plus grands. My Joy (2010) et Dans la Brume (2012) ont tous les deux eu l’honneur de la compétition, tandis que Maidan, documentaire sur les manifestations démocratiques en Ukraine était Hors compétition. Sergeï Loznitsa aurait pu sans problème prétendre aux deux palmes d’or, il est reparti sans rien, les films ne sont même pas sortis en DVD, preuve de l’inconséquence de certains éditeurs. C’est que son cinéma, certes éblouissant mais âpre, sombre et violent, divise.
Pour certains, il est une caricature de film de festival, pour d’autres (dont moi), un monstre dont chaque film est une plongée dans un monde singulier, aux frontières du surnaturel et du réalisme. Son film, le plus long de la sélection (2h40), est une adaptation de La Douce de Dostoïevski, c’est dire si on sera loin du Rocky Horror Picture Show.

Sans amour, Andreï Zvyagintsev © Pyramide Distribution

Sans Amour d’Andreï Zvyagintsev (Russie)

Depuis Le Retour (Lion d’or 2003), Zvyagintsev s’est imposé comme le cinéaste russe emblématique. Déjà présent à Cannes avec Le Bannissement (compétition, prix d’interprétation masculine), Elena (Prix du Jury Un Certain Regard) et surtout Leviathan (prix du scénario 2014), il revient à Cannes et poursuit sa description apocalyptique de la Russie moderne avec Sans Amour, histoire d’un enfant fugueur. Les relations entre parents et enfants sont au cœur de l’œuvre du cinéaste, l’occasion pour lui de montrer des adultes eux-mêmes perdus, incapables d’offrir un avenir à leurs enfants.
Cinéaste majeur, Zvyagintsev aura contre lui tout ceux pour qui un plan ne peut durer plus de deux secondes. Ses films reçoivent parfois un accueil mitigé lors de leur projection cannoise avant d’être systématiquement réévaluées au moment de la sortie en salles… Un mystère.

You Were never really here

You Were Never Really Here de Lynn Ramsay (Royaume-Uni)

Une des grandes cinéastes britanniques, découverte à Cannes avec Ratcatcher (Un Certain Regard 1999), puis Morven Callar à la Quinzaine en 2002, elle s’impose en compétition avec We need to talk about Kevin, film coup de poing sur un enfant assassin, oublié du palmarès (mais c’était l’année du triomphe du film de secte Tree of Life).
Elle revient avec Joaquin Phoenix qui tentera de sauver une jeune fille de la prostitution.
Son talent pour installer un univers malsain en fait une candidate pour un prix du Jury.

Fatih Akin, Diane Kruger et Numan Acar © Bombero International/Warner Bros Entertainment/Boris Laewen

In The Fade de Fatih Akin (Allemagne)

Encore l’un des films les plus attendus du festival. Avec Head On (Ours d’or à Berlin en 2004) et De l’Autre coté (Prix du scénario à Cannes en 2007), Fatih Akin s’était imposé comme un cinéaste majeur.
Le sympathique Soul Kitchen et surtout The Cut, sa fresque un peu ratée sur le génocide arménien (qui méritait pourtant un meilleur accueil) auront fait retomber le soufflé, mais avec cette histoire de vengeance dans le milieu germano-turc, Fatih Akin pourrait retrouver la grâce : jusqu’à la consécration d’une palme ?

120 battements par minute © Celine Niesza

120 Battements par minute de Robin Campillo (France)

Desplechin en ouverture et Hors compétition (et voilà Libération obligé de dire du bien d’un film d’ouverture, mettant fin à une longue tradition), c’est de Robin Campillo que peut venir la meilleure nouvelle pour la sélection cannoise française.
Si son premier film (Les Revenants) était frustrant, Eastern Boys, primé à Venise, l’imposa comme un cinéaste à suivre.
Le voilà donc naturellement en compétition avec 120 Battements par minute, avec Adèle Haenel en militante d’Act Up au cœur des années 90.

Rodin de Jacques Doillon (France)

Fréquemment oublié à Cannes, en raison d’une filmographie lamentable qui ces dernières années aura bifurqué vers le ridicule, Doillon débarque avec un biopic sur Rodin.
Doillon à Cannes, c’est Lorant Deutsch à l’Académie française, l’occasion pour lui de découvrir des mecs qui font vraiment le métier qu’il a toujours voulu faire.
Comme c’est avec Lindon, et qu’on aime Lindon, on veut y croire.

Le Redoutable

Le redoutable de Michel Hazanavicius (France)

Nouveau biopic, cette fois-ci de Jean-Luc Godard, ex-cinéaste reconverti dans l’arnaque vidéaste et l’Almanach Vermot, avec Louis Garrel, héritier de la Nouvelle vague dans le rôle du cinéaste mort, dont chaque réplique drolatique fait se pâmer tous les cinéphiles qui ne vont plus au cinéma. On imagine la panique au sein de quelques rédactions d’une certaine tendance de la critique française : Hazanavicius sur Godard : SAAAAAAAAAAACRILEEEGE ! Mais dire du mal d’un film avec Louis Garrel : et ben SAAAAAAAACRILEEEGE aussi…
Pour Michel Hazanavicius, c’est l’occasion de jouer la belle, après The Artist, — initialement Hors compétition mais dont la promotion en compétition lança le triomphe (prix d’interprétation, césars, oscars !) — mais aussi les huées méritées de The Search, trois ans plus tard qu’un nouveau montage ne sauva pas de l’échec à la sortie.
On peut regretter qu’il ait choisi un sujet aussi peu intéressant que le tournage de La Chinoise, apologie de Mao, réalisé pendant qu’une bonne partie des Chinoises et des Chinois mourraient de faim (sûrement des réacs…). On peut espérer que le réalisateur des excellents OSS 117 pointe le ridicule du personnage, qui défendait le totalitarisme le plus sanglant comme OSS 117 défendait René Coty.
Ce qui va se passer : curieusement, tous les critiques ayant dit du mal de Louis Garrel disparaissent. Après enquête, un horrible charnier est découvert dans la villa des Inrocks.

Le film est l’adaptation du livre Un an après d’Anne Wiazemsky (lire l’article sur le roman)

L’Amant double, François Ozon

L’Amant Double de François Ozon (France)

Le petit Julien Marchio nous écrit que « François Ozon, c’est comme le Stade Rennais, il est toujours là mais ne gagne jamais rien ». Merci Julien, tu gagnes un pin’s parlant Jean-Luc Godard/Jean-Michel Larqué.
C’est en effet la troisième fois que Ozon se retrouve en compétition, après un Swimming Pool sans intérêt et un Jeune et Jolie tout à fait ridicule, dont il retrouve l’actrice Marina Vachs qui sera ici plongée dans un « thriller érotique » avec l’excellent Jérémie Rénier, habitué de la Croisette avec les frères Dardenne…
Le « Thriller érotique » se veut sulfureux, ce qui sera sûrement très amusant, puisque François Ozon se croit toujours sous Pompidou et que son idée du sulfureux ressemble pas mal aux érotico-soft de troisième partie de soirée. Ce sera aussi très référencé, car, si Ozon est un cinéaste sans intérêt, il a excellent goût ; hélas on devrait donc assister à l’habituel festival du cliché en guise de références…

Happy End

Happy End de Michael Haneke (France/Autriche)

Ainsi le film français le plus excitant de la compétition est autrichien et réalisé par un des habitués des lieux : ce sera en effet le onzième film présenté à Cannes par le sémillant Haneke — les trois premiers chez le voisin de la Quinzaine des réalisateurs, un hors compétition (Le Temps du loup) et sept en compétition donc, double vainqueur de la palme avec les très beaux et très sombres Ruban Blanc (2009) et Amour (2012), Grand Prix en 2001 pour La Pianiste, prix de la mise en scène en 2005 pour Caché.
Michel Haneke, c’est la Mannschaft du festival de Cannes. La feuille de match annonce une attaque Trintignant, Huppert, Kassovitz dans une critique de la bourgeoisie… On peut aussi miser sur une absence quasi totale de coussin péteur, est-ce un mal ?
Ce qui va se passer ? Le film est excellent, cela fatigue tout le monde, on lui jette la Palme. Désireux de se refaire une réputation, Haneke annonce un biopic sur Dora l’exploratrice. Huppert joue Dora, Huppert est magnifique, Haneke reçoit une nouvelle palme par la poste.

Hong Sang-soo

The Day After de Hong Sang-soo (Corée du Sud)

Quatrième film en compétition pour le trop prolifique réalisateur coréen révélé à Un Certain Regard. Films et séquences interchangeables, passages obligés (beuverie, rencontre avec une fille), rarement mauvais (In Another Country), rarement emballant (Ha Ha Ha, Turning Gate).
Hong Sang-soo présentera également un film en séance spéciale (La caméra de Claire). Sa fascination pour la Nouvelle vague française devrait lui valoir les louanges des critiques.
Bref, on risque d’avoir le droit au jeu des 7 différences entre ce film et le précédent… Je le soupçonne de repasser les bobines de ses anciens films, en ne changeant que le titre…

Vers la lumière, Naomi Kawase

Vers la lumière de Naomi Kawase (Japon)

Sponsorisée par Berocca, chaque sélection de la Japonaise lauréate de la Caméra d’or en 1997 avec Moe No Suzaku est l’occasion pour les festivaliers de rattraper un peu de sommeil en retard.
Shara, Still the Water ou La Forêt Mogari, étrange Grand Prix en 2007 reposent sur des scénarios abscons, mais sauvés par des images magnifiques comme une ou deux séquences tendant vers le surnaturel. Le rythme inutilement lent et les morales assez convenues ont jusqu’ici toujours limité les films de Kawase.
Avec cette histoire d’amour entre une femme travaillant dans l’audiodescription et un photographe… devenant aveugle on peut craindre un nouveau salmigondis pseudo-philosophique et lourdement symbolique qui plombe le cinéma d’une réalisatrice pourtant talentueuse. Il faudra juste que l’on puisse rester éveillé pour s’en apercevoir.
Je suis absolument certain qu’en glissant des messages contre la cigarette dans ses films, cette femme ferait reculer le cancer…

Okja, Bong Joon-Ho

Okja de Bong Joon-Ho (Corée du Sud)

Cela aurait pu être la plus belle nouvelle de la sélection. Le génial réalisateur de Memories of Murder, The Host ou Mother arrive enfin en compétition avec une histoire de monstre géant qu’une petite fille tente de sauver d’une multinationale : la famille, la perte du pouvoir, la violence, thèmes de prédilection de l’un des cinéastes modernes les plus intéressants sont tous là. Tilda Swinton, Jake Gyllenhal à l’affiche, Khondji à la photographie.
Hélas, la quasi totalité des cinéphiles seront privés du film qui ne sortira pas en salle mais en exclusivité sur Netflix. C’est donc Thierry Fremaux qui entérine le fait que les salles de cinéma sont obsolètes et que seule une minorité peut avoir accès au cinéma, privatisé par les plates formes hors de prix. Un encouragement au piratage assez stupéfiant.
La première Palme d’Or à ne jamais sortir au cinéma ?

Mise à mort du Cerf sacré

Mise à mort du Cerf sacré de Yorghos Lanthimos (Royaume-Uni)

D’accord, quand il s’agira de convaincre vos amis de vous suivre au cinéma et de sacrifier la facilité d’un blockbuster ou d’une comédie française à l’audace d’un film cannois, celui-là, il va falloir le vendre…
Pourtant le deuxième film en compétition du réalisateur de The Lobster, prix du jury bien barré en 2015, sera l’un des films les plus attendus du festival : Nicole Kidman et Colin Farrell bouleversés par l’arrivée d’un ado mystérieux dans la famille…
Peut-être trop étrange pour une Palme mais un favori pour le palmarès, incontestablement.

Kormel Mandruczo, La Lune de Jupiter

La Lune de Jupiter de Kormel Mandruczo (Hongrie)

Avec son nom d’avant-centre au jeu de tête destructeur, le Hongrois Mandruczo révélé avec l’angoissant White God — fable où des chiens enragés envahissaient la ville comme la rage semble envahir le pays d’Orban — a imposé son monde singulier.
Le réalisateur a connu la sélection avec le contemplatif ou hypnotisant (au choix) Delta puis avec Un Garçon fragile, resté inédit en salle. Mandruczo semble avoir renoué avec le mélange actualité/fantastique qui faisait la force de White God.
Dans son dernier film, un migrant frappé par une balle se découvre un don pour la lévitation… Oui, quand même. Avouons que c’est pour cela qu’on aime le festival de Cannes !

Nicole Kidman, Les Proies © Universal Pictures International France

Les Proies de Sofia Coppola (États-Unis)

Depuis l’excellent Lost In Translation, chaque film de Sofia Coppola démontre un peu plus que son style arty très tendance masque un gênant manque d’inspiration et de souffle. Autrement dit, l’un des grands espoirs du cinéma mondial est en passe de devenir une arnaque. Une belle arnaque car Coppola a un sens évident de l’image, mais au service de pas grand-chose : cliché, placement de produits, de jolis clips publicitaires.
Curieusement, Virgin Suicide n’était pas en compétition et Lost in translation pas à Cannes. C’est avec sa grande pub pour les apéricubes (et macarons) Marie-Antoinette que Sofia a découvert la sélection.
Après un Somewhere ridicule et The Bling Ring qui ne tenait que sur son casting, Coppola jouera donc gros avec ce remake d’un film de Don Siegel avec Clint Eastwood où Colin Farrell (encore lui) devra échapper à Elle Fanning, Nicole Kidman (encore elle) et Kirsten Dunst.
Échapper à Kirsten Dunst ? Oui.

The Meyerowitz Stories

The Meyerowitz Stories de Noah Baumbach (États-Unis)

Comme Sofia Coppola, Baumbach disputera le prix du film du 11e arrondissement parisien. Telerama a déjà préparé sa machine à « jubilatoire », Libération aiguise ses oxymores sans aucun sens, les Inrocks attendent la réaction du public : si le film se fait huer, ce sera leur palme, s’il est bien reçu, alors ce sera un Baumbach décevant, il sera toujours temps de changer d’avis à la sortie du film.
Noah Baumbach étant un des pires cinéastes new-yorkais (Frances Ha, While we were young et dernièrement l’insupportable Mistress America), on devrait regretter sa sélection, mais voilà : Les Berkman se séparent laisse croire qu’il existe un cinéaste derrière le bobo, surtout on n’a plus souvent l’occasion de voir Dustin Hoffman au cinéma, ici dans le rôle du patriarche artiste auquel on rend hommage. Le film est fort bien fréquenté, non seulement on échappe à Greta Gerwig et son surjeu, mais on retrouve Adam Sandler, Ben Stiller et Emma Thompson… Oui, passer de Greta Gerwig à Emma Thompson, il vaut mieux se mouiller la nuque…
On annonce aussi une certaine Grace Van Patten, l’occasion de tester le niveau d’anglais du traducteur de la conférence de presse, en lui demandant si elle est la petite fille du grand Dick Van Patten…

Wonderstruck © Metropolitan FilmExport

Wonderstruck de Todd Haynes (États-Unis)

Un des grands moments du festival de Cannes, en tout cas sur le papier, avec le plus excitant des représentants américains.
Présent en compétition pour le beau, quoiqu’un peu prévisible, Carol (prix d’interprétation féminine pour Rooney Mara), mais aussi pour le formidable Velvet Goldmine, injustement oublié par le jury de 1998 (certes, un grand cru), Haynes retrouve la grande Julianne Moore dans un film où deux sourds sont liés, à 50 ans d’intervalle, par un même mystère…
Incontestablement, Haynes sera l’un des favoris à la Palme d’or. Tôt ou tard il l’aura, tout le monde le sait…
Quoique Buffon n’a jamais gagné la Ligue des Champions…

Good Time de Benny et Josh Safdie

Good Time de Benny et Josh Safdie (États-Unis)

Oui, je ne connais pas ces deux là ! J’ai vu tous les films des autres sélectionnés et vous, derrière votre petit bureau, caressant votre chat et faisant tournoyer votre cognac, vous vous dites « mais c’est n’importe quoi Diacritik », mais oui, voilà : je n’ai pas vu Lenny and the kids ou Made Love in New York, aucun des deux films n’ayant eu l’honneur d’une sélection cannoise d’ailleurs.
Reste qu’on peut se réjouir de retrouver la formidable Jennifer Jason Leigh, une des plus grandes actrices au monde, trop rare ces dernières années. On y retrouve Robert Pattinson, bon acteur mais clairement pas trop rare.
Cette sélection inattendue, avec celles de Sofia Coppola et de Noah Baumbach, complète une sélection américaine très « tendance », très urbaine, alors que PT Anderson était annoncé et que James Gray avait préféré Berlin…
Non seulement Hollywood sèche Cannes, mais le festival n’est même plus la priorité des grands indépendants… Tant mieux pour les autres.

The Square (Ruben Ostlund)

The Square (Ruben Ostlund)

C’est l’un des cinéastes scandinaves les plus prometteurs qui débarquent dans la sélection cannoise. Révélé avec Happy Sweden, cousin suédois des Monstres de Monicelli, Ruben Ostlund confirme avec l’excellent Snow Therapy où un mari  idéal se révélera, en une poignée de seconde, un lâche absolu, créant un séisme dans sa famille.
Entre la comédie et le malaise, le cinéma de Ruben Ostlund montre la face sombre de la société suédoise si policée. Dans The Square, un conservateur de musée, écolo et humaniste aux grands principes, laisse apparaître sa vraie nature après le vol de son… portable. Au moment-même son exposition, The Square, supposée célébrer l’altruisme et la solidarité, prend un tour inattendu.