Des personnes sont allées danser pour s’amuser comme on peut avoir envie de le faire lorsque l’on a vingt ans. Parce qu’elles aimaient danser et être avec d’autres personnes avec qui danser, parler, peut-être s’embrasser. Être avec ses ami.e.s et peut-être rencontrer quelqu’un que l’on aimera pour une nuit ou pour la vie, comme le dit sans doute une chanson. A Orlando, ces personnes ont été assassinées parce qu’elles étaient lesbiennes ou trans ou gays – ou parce que leur assassin pensait qu’elles l’étaient.
Auteur : Jean-Philippe Cazier
La nouvelle édition du Marché de la poésie se tient du 8 au 12 juin 2016 à Paris, place Saint Sulpice (75006). Si cette année le Mexique est l’invité d’honneur du Marché, sont également invités des poètes slovènes, néerlandais ou français.
Les livres de William Burroughs sont évidemment très connus, mais ses œuvres plastiques le sont beaucoup moins, n’étant généralement pas considérées comme significatives d’une démarche réellement artistique. C’est donc avec une certaine audace que la Semiose Galerie présente, jusqu’au 23 juillet 2016, une sélection d’œuvres de Burroughs inédites en France.
Le ring invisible est le roman d’une genèse : celle de Cassius Clay, boxeur génial devenu Mohamed Ali en même temps que bien d’autres choses. Le livre s’intéresse aux débuts du boxeur, à sa formation, son apparition – on pourrait dire sa naissance, puisque Cassius Clay nait un jour dans le corps du jeune Cassius, s’y développe comme une forme de vie nouvelle, une force inédite. Si la genèse est celle de Cassius Clay, de la naissance de son corps, de sa parole, elle est aussi celle du livre puisque celui-ci est composé de cette genèse. Le livre n’est pas un roman sur Cassius Clay, comme le serait un roman se pliant aux exigences de la représentation : il est le corps de Cassius Clay – son corps, ses affects, son esprit et les processus qui les traversent.
La Fondation Henri Cartier-Bresson expose une rétrospective de l’œuvre de la photographe américaine Francesca Woodman (1958-1981), constituée d’une centaine de tirages, vidéos et documents. Inaugurée en mai, elle se poursuit jusqu’au 31 juillet 2016.
Il s’agit d’une exposition d’abord présentée au Moderna Museet de Stockholm, en 2015, sur laquelle Jean-Philippe Cazier avait alors écrit. Diacritik republie son article.
La Fête de l’insurrection gitane se tiendra ce dimanche 15 mai sur le parvis de la Basilique de Saint-Denis. Si elle est l’occasion de commémorer un événement peu connu de l’histoire, elle est aussi l’expression d’une forme de résistance politique autant qu’un lieu de rencontre, de réflexion, de découverte – et d’amusement. Entretien avec Pierre Chopinaud, de l’association La voix des Rroms.
Le mutantisme commencerait avec l’affirmation qu’il « nous faut agir pour nous-mêmes, tout de suite », puisque nous serions pris dans une « crise évolutive ». Ici et maintenant sont en crise et il nous faut en sortir – ou disparaître. L’enjeu est vital – ou plutôt il est la vie elle-même : comment non pas rester en vie dans ce monde-ci mais inventer une autre forme de vie et donc un autre monde ?
Tu connais cette histoire. Tu la connais depuis l’enfance. On te l’a racontée lorsque tu étais enfant. On te la racontait en chuchotant au creux de ton oreille. Une bouche s’approchait de ta peau, contre l’oreille, et les lèvres murmuraient l’histoire. Tu te souviens ? Non ?
Le 16 avril a été inaugurée la 3e édition du Festival Normandie Impressionniste qui propose à travers la région normande un ensemble foisonnant d’expositions, de spectacles vivants, d’événements cinématographiques, lyriques, chorégraphiques – sans oublier le numérique, l’organisation d’ateliers, d’activités pédagogiques, de conférences, de rencontres, etc. Jusqu’au 26 septembre, l’ensemble de la Normandie, en plus de son patrimoine et de la beauté de ses lieux, devient l’occasion de s’immerger dans un monde culturel qui, pour cette édition, se veut résolument contemporain.
Machines de guerre urbaines, coordonné par Manola Antonioli, rassemble des contributions d’architectes, de philosophes, d’artistes autour de questions relatives aux nouvelles façons de penser et de vivre les espaces urbains contemporains. A partir d’un concept inventé par Gilles Deleuze et Félix Guattari, cet ouvrage analyse ce qui s’invente autour des problématiques urbaines actuelles dans des domaines et selon des modalités très divers : architecture, agriculture urbaine, guérilla végétale, art, tiers lieux, urbanisme, etc.
Rada Iveković rappelle que les réfugiés ont une histoire et que cette histoire est aussi la nôtre, que les conflits meurtriers ou les situations de crise dont ils essaient de se protéger sont aussi les conséquences d’une histoire coloniale, de politiques internationales où l’Europe, entre autres, avance souvent en eaux très troubles. Ce contre quoi les réfugiés cherchent refuge est aussi l’histoire de l’Europe et les intérêts européens.
A l’occasion de la parution de De la vérité dans les sciences, un entretien multiple avec Aurélien Barrau où il est question autant de philosophie ou d’art, que de physique, de poésie et d’art, de Jacques Derrida, de Feyerabend et Karl Popper, de sociologie et des sciences humaines, de politique, des univers multiples, ou encore de Nietzsche, d’anarchie, de créationnisme, et bien sûr de la question de la vérité.
Jean Genet écrit que la trahison est « la règle élémentaire qui dirigeait ma vie ». Trahir n’est pas un choix ou la traduction d’une âme mauvaise : c’est une règle de vie où ce qui est choisi est la vie qu’elle rend possible ; c’est le moyen positif d’une vie plus vivante puisque suivi pour que la vie soit autre chose que l’existence immédiate, donnée, soumise à d’autres règles mortifères.
Les principes de la schizoanalyse exposés dans L’anti-Œdipe et Mille Plateaux résultent en partie des recherches que Deleuze et Guattari ont menées séparément. Si L’anti-Œdipe implique un rejet de la théorie œdipienne, cela n’inclut pas pour autant l’abandon de Freud.
Que l’écriture – et l’écriture poétique en particulier – n’ait rien à voir avec l’argent et les hiérarchies sociales, c’est ce que montre le travail de nombreuses « petites » maisons et de nombreux écrivains qui n’ont qu’un intérêt : affirmer l’écriture, le renversement du monde par l’écriture, les mondes possibles que l’écriture crée. C’est ce qu’exprime nombre de revues qui de manière le plus souvent très précaire diffusent et rendent accessibles les écritures contemporaines les plus diverses, souvent marginales.