Je suis quelqu’un d’Aminata Aïdara offre ce que l’on attend souvent d’une œuvre : prendre un détour ludique et métaphorique pour déployer des motifs comme l’histoire familiale, le métissage, le racisme qui interpellent nos sociétés. Par la fiction, elle nous plonge conjointement dans le plaisir et la réflexion essaimant du savoir sans leçon, sur des sujets familiers.

Dans les années 70, elle pensait qu’il fallait dépasser le stade de la réhabilitation de l’homme noir : « On devait pouvoir créer une littérature qui reflète simplement notre manière d’être, qui soit un miroir de notre âme et de notre culture ». En mars 2018, les éditions Le Serpent à plumes ont eu l’heureuse initiative d’éditer le huitième roman d’Aminata Sow Fall, L’Empire du mensonge, déjà publié, en 2017 au Sénégal chez CEAC/Khoudia.

Pour les moins endurants à 1300 pages de lettres… et qui ont une certaine curiosité pour la relation amoureuse d’Albert Camus et Maria Casarès, le roman de Florence M.-Forsythe, Tu me vertiges (Le Passeur, 2017) vient de paraître en collection de poche en 2018…

Le joyau de Négar Djavadi, Désorientale, paraît dans la collection de poche des éditions Liana Levi, Piccolo. La narratrice, le « je » de la fiction, est Kimiâ, troisième fille de Darius Sadr et de Sara Tadjmol, intellectuels et opposants iraniens contre le Shah puis contre Khomeini. Que deviennent les enfants de militants entièrement consacrés à leur lutte au risque de leur vie personnelle et familiale ? 

« J’exige un autre centre du monde […] qu’aucun visage de la réalité humaine ne soit poussé sous le silence de l’Histoire ».

Ces mots de Sony Labou Tansi, extraits des Sept solitudes de Lorsa Lopez, sont choisis par Christiane Taubira pour ouvrir sa Baroque sarabande. Ils introduisent parfaitement à ces danses de lectures que nous proposent Tony Morrison et Christiane Taubira.

Il est banal de dire qu’un écrivain ne nous quitte jamais. Ses livres sont là pour l’inscrire dans le présent des lecteurs. Chacun a ses fictions de prédilection, la mienne est son roman La Tache, qui a donné à Roth une notoriété certaine en France, plus large que celle qu’il avait déjà depuis ses premiers romans.

« J’aimerais que les générations à venir quand elles recherchent la Martinique authentique se replongent dans tout ce qu’il a écrit, car Zobel c’est une mine […] Je dis que Zobel, c’est notre Pagnol. Zobel, c’est le peintre du petit peuple de la Martinique […] C’est vraiment un personnage extrêmement important et une figure illustre de notre culture » (Euzhan Palcy) 

En ce mois de mai 2018 où de nombreuses manifestations célèbrent Césaire, de plus en plus lu et connu dix ans après sa mort, il est bien aussi de revenir à celui qui fut dans l’ombre de son compatriote : Joseph Zobel.