Mais si je dis ça, est-ce que je casse mon image ? D’ailleurs, on m’a encore dit récemment que j’étais snob. Me dire ça, à moi qui, entre deux rediffusions de La Zizanie, du Distrait ou de La Cage aux folles, ai grandi avec les télé-crochets d’alors, découvrant les chanteuses et les chanteurs populaires dans les émissions de Maritie et Gilbert Carpentier : France Gall, Sheila, Joe Dassin, Michel Sardou, Carlos, Mike Brant, Il était une fois, Sylvie Vartan, Serge Gainsbourg et Jane Birkin, Alain Souchon…

Parce que je ne suis pas le dernier pour raconter n’importe quoi, j’ai souvent dit que pour le montant modique de la redevance télévision, mes parents avaient trouvé la baby-sitter la moins chère du marché. Pour mémoire, la redevance était un impôt créé en 1933 (en 1949 pour la télévision) qui rapportait bon an mal an 3,8 milliards d’euros et permettait de financer l’audiovisuel public (France Télévision, Arte, l’INA, TV5 Monde)… Avant d’être supprimé en 2022 par le génie de l’économie locataire du palais de l’Élysée dont le bail arrive bientôt à expiration.

Ce qu’il y a de bien avec le VU de l’année, c’est qu’on ne change pas des équipes qui gagnent. D’un côté du terrain, Patrick Menais et ses visionneurs au long cours ; de l’autre, l’actualité, les images, les sons, les grands discours et les petites phrases… le monde (je n’irais pas jusqu’à parler d’humanité) en somme. En six parties désormais (pour ne pas risquer la saturation ?), le VU de l’année déroule 2025 sur le mode rétrospectif et sous les auspices de Morpheus demandant à Néo de choisir entre la pilule bleue et la pilule rouge – déterminant de fait la réalité dans laquelle évoluer.

Le VU de l’année sur France Télévision, c’est un peu comme les vœux présidentiels du 31 décembre : exercice annuel obligé, rendez-vous médiatique incontournable, on s’y prépare sans trop en attendre ; on guette sa diffusion avec une impatience gourmande mêlée d’appréhension légitime ; on le regarde compulsivement pour se (re)prendre en pleine poire l’année écoulée ; on en ressort avec le moral en berne de voir que rien ne change vraiment ou au contraire de constater que l’état du monde empire…

L’émission d’Hanouna, pourtant regardée par des millions de téléspectateurs, n’en est pas moins une vieille poubelle jouissant de ses propres remugles. La vulgarité permanente et gratuite – on est loin de l’art anarchiste du professeur Choron – y est omniprésente, les séquences machistes et homophobes s’y enchaînent, délivrant un discours qui, de manière primaire et « décomplexée », réactive sur le mode du langage et de la représentation la violence symbolique, matérielle et physique qui règne à l’égard de catégories de la population toujours objectifiées et infériorisées. L’émission d’Hanouna légitime cette violence – et n’en reste pas elle-même au niveau du symbolique et de l’image mais présente des passages à l’acte. On se souvient, par exemple, du « baiser » subi par une jeune femme forcée de se soumettre à Hanouna et à un de ses chroniqueurs. On pense aussi à la violence psychologique permanente qui est exercée sur certains des collaborateurs, contraints de se rabaisser chaque jour davantage pour exister quelque part dans le PAF et toucher leur chèque à la fin du mois.

La séquence est courte, quelques minutes à peine au cœur d’une émission qui dure 1h30, coupures publicitaires comprises. Cette émission, c’est Quotidien sur TMC, le seul show d’infotainment à la française digne de ce nom dans le paysage audiovisuel hexagonal. Cette séquence, visible sur le site de la chaîne, est un décryptage en règle du discours et de la méthode Marine Le Pen.

D’après la légende, désireux d’acquérir une connaissance parfaite des poisons et de leurs antidotes, le roi Mithridate VI (132-63 av. J.C.) avait réussi à s’immuniser totalement contre leurs effets en ingérant régulièrement de petites doses tout au long de son existence. A tel point qu’au moment de se donner la mort, il se rendit à l’évidence et à pied à la caserne la plus proche afin de se faire embrocher par un de ses mercenaires pour pouvoir en finir. Moins d’une semaine après l’élection américaine, dressons un parallèle entre l’empoisonnement antique et le populisme contemporain qui a conduit successivement au Brexit et à l’accession de Donald Trump à la présidence des États-Unis.

En ces temps de réécriture(s) permanente(s) de l’histoire, à l’ère des fake-news, de la post-vérité et des exubérances érigées en nouvelle doxa bolloréenne, il convient de remettre sinon l’église 2.0 au milieu du village numérique du moins un peu de fantaisie dans le morose. Fort de son savoir d’autodidacte diplômé, Boris-Hubert Loyer vous propose un petit précis d’histoire-géo pour les pas trop nuls qui sauront séparer le vrai grain du faux livresque. Quatrième épisode : le « lent remplacement ».

La tradition est bien ancrée depuis ses premières apparitions sur le service public, le visionnage du VU de l’année est devenu un passage sinon obligé, du moins un rendez-vous qui permet de se remémorer les faits, les images, les sons, les petites phrases et les grands discours qui ont jalonné une année de télévision, marqué les esprits (ou pas), imprimé (ou non) les rétines des téléspectateurs, du premier au dernier jour de 2022.

En ces temps de réécriture(s) permanente(s) de l’histoire, à l’ère des fake-news, de la post-vérité et des exubérances érigées en nouvelle doxa bolloréenne, il convient de remettre sinon l’église 2.0 au milieu du village numérique du moins un peu de fantaisie dans le morose. Fort de son savoir d’autodidacte diplômé, Boris-Hubert Loyer vous propose un petit précis d’histoire-géo pour les pas trop nuls qui sauront séparer le vrai grain du faux livresque. Deuxième volet : le Lourdistan.

Le documentaire Homothérapies, conversion forcée a pour objet les (mal) dénommées « thérapies de conversion » – absolument non thérapeutiques dans les faits et ne convertissant personne : ces « thérapies » sont supposées s’appliquer aux gays et lesbiennes alors que l’homosexualité n’est pas une maladie ; elles sont en vérité des agressions et des actes de torture ; on ne « convertit » pas quelqu’un à une sexualité ; pourquoi devrait-on « convertir » les homos ? ; etc.