Mais si je dis ça, est-ce que je casse mon image ? D’ailleurs, on m’a encore dit récemment que j’étais snob. Me dire ça, à moi qui, entre deux rediffusions de La Zizanie, du Distrait ou de La Cage aux folles, ai grandi avec les télé-crochets d’alors, découvrant les chanteuses et les chanteurs populaires dans les émissions de Maritie et Gilbert Carpentier : France Gall, Sheila, Joe Dassin, Michel Sardou, Carlos, Mike Brant, Il était une fois, Sylvie Vartan, Serge Gainsbourg et Jane Birkin, Alain Souchon…
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Parce que je ne suis pas le dernier pour raconter n’importe quoi, j’ai souvent dit que pour le montant modique de la redevance télévision, mes parents avaient trouvé la baby-sitter la moins chère du marché. Pour mémoire, la redevance était un impôt créé en 1933 (en 1949 pour la télévision) qui rapportait bon an mal an 3,8 milliards d’euros et permettait de financer l’audiovisuel public (France Télévision, Arte, l’INA, TV5 Monde)… Avant d’être supprimé en 2022 par le génie de l’économie locataire du palais de l’Élysée dont le bail arrive bientôt à expiration.
La semaine dernière, alors que je me remettais difficilement des libations obligées de décembre et de l’ingestion successive de plusieurs galettes des Rois au bureau, en famille et en dégustation gratuite chez mon pâtissier habituel, j’ai été interpellé par le nombre d’articles consacrés à l’œil malade du président Macron et à ses lunettes d’aviateur de marque.
Initialement (et non « de base« , comme je l’ai entendu dire dans une émission qui se voulait sérieuse il n’y a pas plus tard qu’il n’y a pas longtemps), cette chronique devait s’intituler « Putain ! Dix ans ! ». Un titre qui a subi une censure préalable, de crainte de voir la publication automatique sur les réseaux sociaux caviardée pour des raisons d’outrage aux bonnes moeurs ou signalée par des internautes aux yeux délicats qui goûtent les unes de Valeurs Actuelles sans tressaillir mais poussent des cris d’Onfray dès qu’il s’agit de dénoncer (ou de créer) un scandale rien qu’en lisant un chapô ou trois mots dans un tweet sans avoir lu l’intégralité de l’article. Ou du livre, du film ou de la bande dessinée dont il parle.
À l’approche du 20 janvier 2025 – date épouvantail s’il en est –, un mouvement semble s’être initié avec çà et là des voix qui s’élèvent pour suggérer qu’il est temps de quitter X et Facebook… au profit d’autres plateformes qui seraient plus accueillantes, voire vivables. Sur le modèle même de la pensée d’Elon Musk qui cherche à coloniser la planète Mars avant que la Terre ne soit plus habitable, de plus en plus d’utilisateurs des réseaux dits sociaux songeraient sérieusement à décamper. Tout en se demandant : « Est-ce pour autant une bonne idée ? »
L’épidémie de Covid-19 a des conséquences inattendues sur ma personne. En parfait hypocondriaque ayant tendance à la nosophobie, j’ai plus d’une fois cru que j’avais l’intégralité des symptômes de la maladie – à l’exception de la fièvre, d’une toux persistante, de la perte de goût et d’odorat, de maux de tête et de difficulté à respirer. Mais ce n’est pas le plus grave. Au cours de mes nombreuses recherches en épidémiologie domestique entre deux prises de température rectale, j’ai constaté que si la pandémie de Covid-19 avait d’abord remplacé ma colère par une sidération compréhensible, elle m’a rendu plus grossier qu’à l’ordinaire et mené vers cette conclusion sans appel : le coronavirus rend con.
Mais par quel truchement en sommes-nous arrivés en 2021 à ce qu’un quarteron de cuistres abondamment médiatisées dicte l’agenda politique, impose sa présence inopportune à longueur de plateaux, commande au discours des uns et des autres et s’immisce jusque dans les conversations les plus anodines ?