Le 27 avril dernier a eu lieu une grande rencontre avec Dario Argento à Paris, au Forum des images. Diacritik en était le partenaire, avec la librairie Atout Livres et France Culture.
Retrouvez l’intégralité de cette rencontre en vidéo.
Simona Crippa
Inaugurée le 8 mars 2018, une date en clin d’œil symbolique, la Galerie Miranda offre de belles promesses dans le champ qui est le sien : la photographie et l’édition photographique. La vocation de Miranda Salt, créatrice de ce bel espace, est de faire découvrir au public français des œuvres photographiques principalement féminines et étrangères.
En 1977, neuf ans après Mai 68, au cours d’un entretien avec Michelle Porte, Marguerite Duras déclare : « C’est l’utopie qui fait avancer les idées de gauche, même si elle échoue. 68 a échoué, ça fait un pas en avant fantastique pour l’idée de gauche […] Il n’y a qu’à tenter des choses, mêmes si elles sont faites pour échouer. Même échouées, ce sont les seules qui font avancer l’esprit révolutionnaire. Comme la poésie fait avancer l’amour. »
De la mer et de la terre, de l’ici et de l’ailleurs, de nos désirs de bonheur et de fuite, d’îles et de continents, d’amour, de solitude et de promesses, d’amitié, de rires et de souffrances, de vie et de mort, de couleurs, d’odeurs et de saveurs, voilà quelques-uns des sujets qui nourrissent le beau et nouveau roman de Milena Agus : Terres promises.
Avec Phantom Thread, Paul Thomas Anderson signe son huitième opus et Daniel Day-Lewis annonce jouer dans son dernier film. L’événement est facile à créer. La critique s’enthousiasme : « chef d’œuvre », « grand film féministe » (sic). Les uns disent qu’il s’agit d’un film à la recherche de la perfection comme à vouloir poursuivre son sujet et même le dépasser, les autres hèlent les « entendus » se croyant plus malins que tous, pour se faire entendre davantage. Mais de qui ce film est-il le nom ? Qu’est-ce qui se cache derrière ce « fil fantôme » qui est pourtant très épais et a échappé, jusqu’ici, à tout commentaire ?
Une excellente année pour l’industrie du cinéma nous déclare-t-on. La troisième meilleure depuis 50 ans. Pour l’industrie, les chiffres, certes. Et il ne faut pas se mentir, c’est une bonne chose lorsque l’on connaît le modèle de répartition qui profite à la création.
« Ce n’est pas dans une île de la Sonde,
ni dans une contrée du Pacifique que ces événements ont eu lieu,
c’est sur notre terre, celle de l’Europe » Marguerite Duras
Des mots de Duras, de sa douleur à attendre Robert Antelme, envahissent, dès le commencement, le film d’Emmanuel Finkiel. On est au plus près du souffle de la jeune Marguerite filmée en gros plan et portée à l’écran par une Mélanie Thierry très inspirée et dont on croit pouvoir toucher le grain de peau si fin, de peau de rose.
Duras a toujours été une créatrice contre. Elle a écrit contre l’écriture, elle a fait du cinéma contre le cinéma, elle a fait du journalisme contre le journalisme, elle a traduit contre la traduction. De ce dernier pan de son activité créatrice, on en parle peu. Et pourtant elle l’a pratiqué et toujours avec le génie qu’on lui reconnaît.
Vous sortez du silence. Vous sortez de l’anonymat. Vous sortez de vos cuisines, de vos chambres, du carré clos de vos bureaux pour dire les abus dont vous avez été et vous êtes victimes. Continuez à le faire. Continuez à ne pas vous oublier. Car si ce n’est pas vous qui prenez la place qui vous est due dans ce monde, personne ne le fera pour vous.
« J’ai beaucoup d’estime pour le roman. J’ai toujours pensé que pour être un romancier il faut être génial alors que pour travailler dans le domaine des sciences humaines il suffit d’être intelligent » déclare Edgar Morin au micro de France Culture lors d’un entretien avec Alain Veinstein le 15 décembre 2008 pour l’émission « Du jour au lendemain ».
La collection de poche « Piccolo » chez Liana Levi s’enrichit, en cette fin septembre 2017, du titre publié en avril 2016 : Sens dessus dessous, le beau roman de Milena Agus qui offre à chaque page un rêve d’été indien pour conjurer l’hiver de la vie.
Alessandro Piperno, intervista per Dove la storia finisce, Parigi, merzo 2017, Simona Crippa & Christine Marcandier, Diacritik.
Là où l’histoire se termine, le quatrième roman d’Alessandro Piperno, est une interrogation aiguë de la filiation et des soubresauts de l’histoire contemporaine, quand tout se fragmente et implose. Mêlant récit intimiste et peinture sociale pour composer une comédie drôle, féroce et parfois mélancolique, le romancier italien sonde l’histoire récente (le terrorisme européen) et révèle les dessous de la haute société romaine, une « bonne société qui n’avait plus de nom à présent, ni de prestige, ni de distinction, rien, que des stocks options, des notifications d’ouverture d’enquêtes judiciaires, quelques mauvais pressentiments de caste » . Quelque chose se termine, en effet.
En mars dernier, Alessandro Piperno a accordé un long entretien à Simona Crippa et Christine Marcandier, pour Diacritik.
Cher Loïc Prigent, je reprends ici ma réponse à votre reportage paresseux et poussif sur Duras. Ça vous a sans doute amusé de le faire, ça m’amuse de vous répondre pour redéfinir les contours biaisés que vous avez esquissés à propos de ce grand auteur.
Sur France 2 était diffusé ce printemps – et cela ne manquera pas de l’être ces jours-ci au programme des rediffusions au rythme du désœuvrement de l’été – un mini et ridicule reportage signé Loïc Prigent (« La Brigade du Stup’ » dans Stupéfiant !, mars 2017) sur Marguerite Duras qui utilisait tous les poncifs réactionnaires sur cet auteur majeur du XXe siècle.