En surface, Baron Noir est « une vraie série politique dramatique, qui profite d’une écriture soignée, de bons dialogues, d’une mise en scène intelligente et de comédiens de qualité » (Pierre Langlais, Télérama). En surface, Baron Noir, saison 2 est « encore plus près du réel » (Carine Didier, Le Parisien). En surface, enfin, Baron noir est « une série captivante qui s’attache sans cynisme aux tiraillements entre convictions et ambitions » (Télérama). Une série « sans cynisme » ? Vraiment ? Rien n’est moins sûr. C’est même strictement le contraire. Explications.

The Night Of, ou la série qui met à mal la conception idéalisée de l’Amérique et à nu des blessures encore vives nées du et après le 11 septembre. Une œuvre sombre, jusque dans sa forme, un drame en huit épisodes qui se garde de tout manichéisme et explore les multiples facettes d’une société composite qui a longtemps rêvé son mode d’existence comme un modèle du vivre ensemble. Si vous avez manqué The Night Of lors de sa diffusion sur OCS, Canal + propose une séance de rattrapage de la série de Steven Zaillian à raison de deux épisodes chaque lundi à partir du 30 octobre.

Ed Kemper, Dennis Rader, Jerry Brudos, Richard Speck, ces noms ne diront sûrement rien au public français mais de l’autre côté de l’Atlantique, ils appartiennent à un panthéon monstrueux : celui des plus célèbres tueurs en série des États-Unis. Diffusé depuis le 13 octobre sur Netflix, Mindhunter remonte le temps et opère une plongée morbide dans les arcanes de l’investigation policière et dans la psyché de ceux que l’on n’appelait pas encore des serial killers.

Même en vacances, le critique est loin de se départir de son envie de voir et revoir des séries dont il a déjà parlé, parlera peut-être ou passera sous silence de crainte d’avouer un tropisme coupable pour les TV shows inconséquents de pur divertissement à la sauce blockbuster… Rien de tout cela en ce qui concerne Downton Abbey, intégralement revu à l’aune d’une programmation télévisuelle estivale quelque peu indigente. L’occasion de s’apercevoir combien les dialogues sont un tissu de citations de chansons pop.

Affirmer en 2017 que la télévision française n’a jamais produit de série gay sonne comme le triste et incroyable constat de la frilosité des chaines à aborder le sujet. Des personnages homos abondent dans de nombreuses fictions, mais que l’on tolère tant qu’ils ne sont pas sexualisés et servent d’alibi. L’impératif est limpide : les chaînes veulent faire de l’audience de manière à être financées par les annonceurs et, dans ce but, lissent au maximum ce qui pourrait peut-être heurter le public – un public qui ne correspond à aucune réalité absolue –, nivelant les programmes vers des contenus pouvant être regardés « en famille ». C’est dire la difficulté que les créateurs, qu’ils soient scénaristes, réalisateurs ou producteurs porteurs de projets ambitieux et originaux ont à se défendre et trouver des financements.

Un miroir nous renvoie toujours deux images : la première, inversée, de celui ou celle qui se regarde, se voit, se contemple ; et la seconde, déformée, diffractée, d’une perception, à la fois tout autre et familière. Alors, Black Mirror, série d’anticipation ou série qui twiste la réalité ? La question se pose à chaque épisode glaçant – sans jeu de mot – par avance.

Si vous avez manqué The Night Of lors de sa diffusion en US+24 l’été dernier, retour sur la série de Steven Zaillian dont OCS vient de reprogrammer le final ce week-end. Un TV show qui met à mal la conception idéalisée de l’Amérique et à nu des blessures encore vives nées après le 11 septembre. Une oeuvre sombre, jusque dans sa forme, une mini-série en huit épisodes qui se garde de tout manichéisme et explore les multiples facettes d’une société composite qui a longtemps rêvé son mode d’existence comme un modèle du vivre ensemble.

Le pitch de The Catch, actuellement diffusé sur Canal+, est à ce jour l’idée la plus rentable de la décennie : sous couvert d’inventer une histoire originale, la série reprend en tous points les ingrédients d’une recette qui a fait ses preuves dans une déclinaison d’une gémellité à faire pâlir les frères Bogdanov (avant leurs opérations de chirurgie esthétique).

Ex-Docteur Who ou Alex Hardy dans Broadchurch, David Tennant est aussi méconnaissable en député blond et rigide qu’Emily Watson est aux antipodes de ses rôles dans Breaking the waves ou Gosford Park. Dans Le Mari de la ministre, diffusée ce jeudi 10 mars sur Arte à 20h55, ils incarnent un couple animal et politique, dont les destins publics épousent l’histoire privée. Jusqu’à la rupture.

Vues, chaque jour ou chaque semaine, par des millions de téléspectateurs, les fictions TV, et plus encore les séries populaires peuvent constituer des outils prescripteurs majeurs de valeurs et de normes. Elles s’avèrent à ce titre un objet important pour l’analyse de la représentation des minorités dans les médias en France. Parmi ces séries, Plus belle la vie, actuellement le feuilleton français le plus regardé à la télévision et en replay sur Internet a, au-delà de sa fonction de divertissement, un rôle explicitement éducatif, politique et social.

La sixième saison de Downton Abbey est diffusée depuis fin septembre en Angleterre, sur ITV. Elle se déroule en 1925, axée sur les mutations dans les mœurs et la société, qu’il s’agisse de la place des femmes (Edith et son journal, Mary rattrapée par son passé) ou des hiérarchies sociales. L’intrigue résout certains de ses nœuds (Anna et Bates, le mariage annoncé de Carson et Mrs Hughes), voit des personnages revenir (mais Diacritik qui a vu trois épisodes ne spoilera pas) et une bataille homérique s’engager entre Violet et Cora autour de l’hôpital.