Célia Houdart

Après les remarquables et poétiques Carrare et Gil, Célia Houdart revient en cette rentrée 2017 avec sans doute son plus beau roman : le délicat et feutré Tout un monde lointain. Racontant l’histoire presque au bord d’être tue de Greco, décoratrice à la retraite sur la côte d’Azur, qui fait la rencontre dans une villa abandonnée du couple formé par Tessa et Louison, Célia Houdart offre un récit du sensible où chaque personnage entre progressivement au contact du monde, du vivant et de la matière.
Diacritik a renconté Célia Houdart le temps d’un grand entretien pour évoquer avec elle ce roman qui s’impose comme l’un des plus importants de l’année.

Camille de Toledo © Ida Jakobs

« Ce que j’espère, du lecteur, c’est de l’interprétation ».
Camille de Toledo

Le livre de la faim et de la soif est un roman difficile à présenter parce que ses qualités ont la même teneur que le cœur fuyant de l’existence qu’elles nous font toucher du doigt : elles sont aisées à ressentir mais périlleuses à saisir avec les mots de la langue.
Camille de Toledo a construit un dispositif de narration complexe, un labyrinthe miroitant dont les facettes nombreuses se reflètent les unes les autres dans une incandescence narrative qui nous immerge au cœur du tumulte de notre monde en pleine mutation. Du début du livre jusqu’à la fin, le lecteur se trouve précipité dans la quête aventureuse d’un personnage abyssal, un livre à vrai dire, avec ses pages et sa reliure, un livre donc, obsédé par le désir de sortir de lui-même pour entrer dans la vie.

Camille Laurens

Ces jeudi 2 et vendredi 3 mars, aura lieu à Caen, sous la direction de Sylvie Loignon et Isabelle Grell, un colloque international sur une figure majeure de l’écriture contemporaine : Camille Laurens. En présence de la romancière et aux côtés également de Philippe Forest et d’Olivier Steiner, les différentes interventions, en partenariat avec l’IMEC et la Maison des écrivains, reviendront sur le labyrinthe sans cesse relancé et infini d’un œuvre dont la mouvance et les jeux de dédoublements n’en font jamais celle que vous croyez.

Patrick Autréaux

« Un jour, on saura peut-être qu’il n’y a pas d’art, mais seulement de la médecine » suggérait Gilles Deleuze, au cœur d’une note comme épiphanique de Critique et clinique prenant la forme d’un aphorisme tiré de Le Clézio, dans le souci infaillible d’affirmer combien la littérature se doit d’être, devant toutes les morts et au-delà des vivants qui s’effondrent, comme une grande et éclatante santé : une profonde voix de vie qui trace, depuis l’écriture, autant de destins à guérir. Peut-être une telle sentence qui installe l’écrivain comme l’hyper-médecin de soi et du monde, de ce monde entendu comme une maladie qui brise les devenirs, s’offre-t-elle comme le cœur dérobé de La Voix écrite, grand récit à la beauté tremblée de Patrick Autréaux, paru en cette rentrée d’hiver chez Verdier.