2017, année de la lose ? Assurément, si on considère le monde comme il va. Mais surtout, et c’est tant mieux, année de La Bouze, le sobriquet aussi affectueux qu’invraisemblable qui colle aux basques de Guillaume Bouzard lorsqu’il retrouve ses collègues et amis à l’occasion d’un festival de bande dessinée. La paronomase n’est pas très flatteuse et jamais surnom n’a été plus mal porté. Bouzard mériterait plutôt d’être placé au sommet des auteurs comiques contemporains, couronné des lauriers de la déconne et doté du bâton triomphant de la Pataphysique.

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Jean-Luc Nancy, j’en porte sur moi quelques souvenirs, comme on dirait d’un portrait, en ce qu’un portrait, c’est bien quelque chose que l’on porte, emmène et qui se déplace par la vertu de ce port. Il se porte d’ailleurs tout en me portant avec lui, souvenir où je suis inclus non seulement à titre d’observateur mais en tant que figure de fond. Je me sens là, en même temps que lui qui se porte, qui se porte bien d’ailleurs, montrant un sourire et une main suspendue à un point qui passe de son cahier, très peu consulté, à un livre de Kant (qu’on devine puisqu’il ne l’a pas emporté aujourd’hui) et de là revient s’agiter en un dialogue avec son autre main.

Louis Salkind © Jean-Philippe Cazier

Louis Salkind est le créateur d’une peinture traversée par les idées de différence et d’hybridation qui s’articule autour d’un travail sur le signe et la polysémie, agence des références plurielles à l’histoire de l’art ou à la vie quotidienne autant qu’elle est guidée par la logique du rêve et des propositions de l’inconscient. Rencontre avec le peintre qui évoque ici son parcours, ses processus de création, certains des thèmes de ses peintures : l’animal, le corps, la mythologie, le monstrueux, l’altérité –, mais aussi la psychanalyse, le théâtre ou l’œuvre de Gilles Deleuze et Félix Guattari.

Capture d’écran Arte

Arte diffuse ce mercredi 24 août à 22h40 un portrait du créateur de Corto Maltese, Hugo Pratt, trait pour trait, réalisé par Thierry Thomas avec un commentaire dit par Lambert Wilson. Le documentaire retrace l’existence aventureuse de celui qui, né à Rimini en 1927 et mort en Suisse en 1995 a eu mille vies (acteur, dessinateur, auteur, aquarelliste) et a marqué à jamais le monde de la bande dessinée, contribuant à faire entrer le neuvième art dans l’âge adulte.

FID Marseille

Il en va d’un festival comme d’une institution. Il comporte ses cadres, ses règles, ses codes, ses figures et ses objets. Les objets d’un festival de cinéma, ce sont les films. La communication d’un festival s’appuie sur eux, ce qu’on en dit et ce qu’on ne dit pas, leur accueil ou leur condamnation. Le FID est un festival à visage humain où chacun sent, je crois, que des films impliqués dans le monde contemporain attendent qu’on se tienne à la hauteur de ses effets sur nous. C’est une institution et un espace politique – plus qu’un espace de sélection. J’ai donc quitté mes réflexions du moment pour entrer dans des questions de cinéma et des questions politiques.

Wiliam Klein © JP Cazier
Wiliam Klein © JP Cazier

Le 16 avril a été inaugurée la 3e édition du Festival Normandie Impressionniste qui propose à travers la région normande un ensemble foisonnant d’expositions, de spectacles vivants, d’événements cinématographiques, lyriques, chorégraphiques – sans oublier le numérique, l’organisation d’ateliers, d’activités pédagogiques, de conférences, de rencontres, etc. Jusqu’au 26 septembre, l’ensemble de la Normandie, en plus de son patrimoine et de la beauté de ses lieux, devient l’occasion de s’immerger dans un monde culturel qui, pour cette édition, se veut résolument contemporain.

Louise Bourgeois © Renaud Monfourny
Louise Bourgeois © Renaud Monfourny

Renaud Monfourny expose à la Maison Européenne de la photographie et l’on retrouve 131 de ses portraits dans Sui Generis, livre publié chez Inculte/Dernière marge. Entrée dans un univers immédiatement identifiable, ou la scène culturelle par l’intime.

9782844265630

La collection de photographies du Centre Pompidou compte plus de 70000 œuvres. Thomas Clerc en a choisi une soixantaine, des portraits ou photos de groupes, d’artistes (peintres, cinéastes, écrivains, chanteurs), des icônes, des images célèbres (Antonin Artaud par Man Ray, Jackson Pollock par Hans Namuth), d’autres inconnues ou moins connues que l’écrivain nous invite à regarder, au sens plein du terme : pas seulement survoler ou voir, plonger son regard, interroger une représentation. Que nous apprennent ces photographies d’artistes qui eux-mêmes représentent et sont là représentés ? Que comprenons-nous ainsi de leur œuvre ? Voyons-nous autre chose ? et si oui, quoi ?