En matière d’ouvrage de poésie, on le sait, soit on a affaire à un recueil — choix, suites et séries plus ou moins concertées de poèmes —, soit à un livre pensé en tant que tel, c’est-à-dire à une forme, à un tout, plus qu’à un objet, dont l’intention globale prête au geste d’écrire son empan tout en esquissant l’hypothèse de ses lignes de fuite.

A l’occasion de cet entretien avec Emmanuèle Jawad, le poète Jean-Patrice Courtois revient sur certains moments et enjeux du travail qu’il développe de livre en livre : le rapport aux documents, la réflexion sur la phrase, les imbrications possibles de la poésie et des sciences… Un entretien non pour clore une œuvre mais pour indiquer certains de ses chemins à venir.

« Chaque mot a son odeur : il y a une harmonie et une dissonance des parfums, donc aussi des mots » avançait vigoureusement Nietzsche dans Humain, trop humain pour révéler, en une alliance sans égale, combien le savoir ne pouvait procéder que de la saveur : du goût du monde laissé dans la parole ou ce qui en tient lieu.

Ardent et terriblement sensuel : tels sont les quelques qualificatifs qui viennent spontanément à l’esprit pour parler de Parler peau, nouveau et beau recueil de poèmes de Sabine Huynh. Déployés conjointement aux peintures de Philippe Agostini, les poèmes de Parler peau dévoilent un art poétique feutré où, autrefois blessure, le corps vient à s’apaiser dans la fureur de l’amour et trouver une ligne nue de langage pour venir dire l’autre. Dans ce tournoiement de formes et de forces, la poésie ne cesse de s’interroger entre parler peau, parler peu et parler cru. Autant de raisons pour Diacritik de partir à la rencontre de l’autrice le temps d’un grand entretien.

A l’occasion de la publication d’Europe Odyssée, entretien avec Jean-Philippe Cazier où, entre autres, il est question de l’écriture politique, de la poésie et du débordement de la langue, de la violence de l’Histoire et de ceux et celles – migrants, réfugiés, déportés, exilés – qui la subissent et la contestent, de la possibilité d’une épopée contemporaine, d’une cosmopolitique comme résistance à l’ordre policier du monde.

La quatrième de couverture le dit : on peut entrer dans le livre comme on l’entend, « on peut lire ce livre dans le désordre ». Ce livre de Liliane Giraudon, le travail de la viande (sans aucune majuscule, donc), n’est pas un livre fléché, ordonné selon les attendus habituels : sans début ni fin, pourrait-on dire, mais un ensemble de morceaux, de pièces juxtaposées, cousues ensemble comme un patchwork sans haut ni bas ni centre.

Alliés dans la création, Michèle Métail et Louis Roquin parlent dans cet entretien des inventions qu’ils mettent en œuvre, des rencontres qu’ils provoquent entre leurs recherches, des coïncidences fécondes qui apparaissent, des principes qui les guident. L’ensemble pouvant sans doute être réuni sous une règle qui défait toute règle : déborder des cadres.  

Toute nouvelle publication d’un auteur dont on suit le parcours depuis longtemps est incitation à se replonger dans l’œuvre, pas nécessairement dans sa totalité, mais disons dans une assez large part de son corpus (tout dépend du nombre d’ouvrages que l’on a accumulés dans sa bibliothèque – en ce qui concerne Jacques Roubaud, je viens d’en compter 59, et j’en ai probablement oublié quelques-uns).

Prenant acte de l’impossibilité de faire un « portrait complet » de Denis Roche, Jean-Marie Gleize, dans son Denis Roche – Eloge de la véhémence, suit les lignes plurielles d’une œuvre et d’un créateur définis par la mobilité et la multiplicité des positions. Entretien avec Jean-Marie Gleize.