Guy Hermet, historien de la guerre d’Espagne (18 juillet 1936-1er avril 1939), écrit, à son sujet qu’elle a été « l’un des grands symboles mobilisateurs de notre époque ». 80 ans après la triste victoire de Franco sur les Républicains, victoire d’une armée putschiste soutenue par l’Église et par le fascisme européen, cet événement historique ne disparaît jamais longtemps des catalogues, librairies et bibliothèques que ce soit dans le domaine historique ou dans le domaine littéraire. C’est celui-ci qui nous intéressera ici.

Xavier Person

Le premier récit de Xavier Person est un jeu de cache-cache.
« N’avais-je pas confondu ma vie avec celle des autres ? Ne devrais-je pas me livrer plus franchement plutôt que de me cacher derrière leurs histoires ? ».
Contre l’écriture continue du roman, le récit se donne ici par fragments. C’est une galerie de portraits que nous invite à visiter l’auteur, et le je autobiographique y paraît dans les intermèdes du défilé des autres.

À l’occasion de son dixième anniversaire intitulé « Appels d’air », la manifestation des « Littérature : enjeux contemporains » organisée par La Maison des écrivains, à l’initiative de Sylvie Gouttebaron et Dominique Viart, se place sous le signe de l’ouverture, de l’exploration, et de l’invention. Diacritik en sera l’un des invités ce samedi lors d’une table ronde au théâtre du Vieux-Colombier en compagnie des revues Vacarme et En Attendant Nadeau pour discuter, avec Alain Nicolas, du désir de revue aujourd’hui.

Antonine Maillet
Antonine Maillet

On sait, sans qu’il soit besoin d’y insister, que les prix littéraires sont un poste d’observation très intéressant de ce que les institutions reconnaissent et transmettent. Après tant d’autres, je me propose d’observer le Goncourt. Comme l’écrit Christine Marcandier : « Le Goncourt reste le Goncourt ce prix qu’on adore détester parce qu’il récompense trop souvent (voire quasi systématiquement) des livres mineurs. Ce prix que l’on est prêt à encenser quand il ose des choix plus novateurs et offre à des écrivains moins médiatiques une soudaine exposition (et des lecteurs) ».
Ce qui m’y incite cette année, c’est évidemment d’approcher les raisons du choix pour Leïla Slimani.

Gilles Bonnet initie, aux éditions Classiques Garnier, une collection remarquable, centrée sur les « Écrivains francophones d’aujourd’hui ». L’objectif est de constituer une forme de « bibliothèque critique de référence ». Les trois premières monographies viennent de paraître, consacrées à Nathalie Quintane, Valère Novarina et Jean-Claude Pirotte.
Présentation, accompagnée d’un entretien avec Gilles Bonnet.

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Bernard Wallet objet du dossier du Matricule des anges (n° 170, février 2016) et en entretien. Thierry Guichard l’a rencontré dans un petit village aux confins de la Provence et du Languedoc, à l’occasion de la réédition chez Tristram, collection Souple, de son unique livre publié — sous son nom ! il en a tant publié signé par d’autres, notamment chez Verticales, qu’il fonda — Paysage avec palmiers (lire la critique du livre sur Diacritik).

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En 1992, Philippe Sollers, éditeur de Paysage avec palmiers chez Gallimard (« L’Infini ») écrit en quatrième de couverture : « Beyrouth n’était qu’une simple préparation à une sauvagerie désormais ouverte et universelle. L’histoire, comme le désir de mort, n’a pas de fin ». Le livre de Bernard Wallet paraît le 7 janvier dans la collection de poche « Souple » des éditions Tristram. Ces « choses vues » au Liban disent l’horreur de la guerre, l’horreur qui s’exerce sur celui qui en est le témoin mais aussi une réalité qui ne peut s’approcher que par fragments et éclats. Et la permanence du conflit.

HausseDesPrixLa semaine des prix littéraires a été lancée hier avec le Grand Prix de l’Académie française et ses deux lauréats, Hédi Kaddour pour Les Prépondérants et Boualem Sansal pour 2084. Un prix en miroir comme deux rives de la Méditerranée primées — et jusque là, comment ne pas être d’accord ? — mais aussi le recto et le verso du livre : d’un côté, l’ampleur, la fluidité, un sens inné et merveilleux (au sens étymologique) du détail qui fait sens, de l’autre des métaphores pâteuses, un didactisme tout aussi étouffant et, disons-le, un très mauvais roman : en somme le meilleur (Kaddour) comme le pire.