Boris Vian (pré)disait qu’il ne vivrait pas jusqu’à quarante ans. À l’occasion des 100 ans de sa naissance, les éditions Dupuis rééditent Piscine Molitor de Cailleaux et Bourhis (en tirage limité à 1 500 exemplaires, avec un dossier inédit de 16 pages). Son imagination était débordante, ses talents multiples, sa maladie était sa solitude : Cailleaux et Bourhis signent le portrait de Boris Vian dans un roman graphique d’une grande sensibilité où percent mélancolie et admiration.

Jeudi 5 décembre 2019. Le brouillard recouvre la banlieue parisienne. De la fenêtre de mon atelier, je vois à peine la forêt en face, et encore moins les trains passer (peu devraient relier la capitale en ce jour de grève générale). Je note : lire, ce n’est pas s’évader ; c’est, au contraire, chercher de l’air dans une prison imaginaire où on s’est soi-même enfermé pour échapper à l’obscuration que dispense le monde.

Quand, en 2008, Munuera et Morvan ont clos le cycle de leur collaboration avec Dupuis avec Aux Sources du Z, qui aurait cru qu’à l’image d’un Monsieur Choc, le légendaire Zorglub reviendrait avec sa propre série ? La Fille du Z est le premier album des aventures du savant diabolique à manteau de zibeline et fume-cigarettes, un spin-off technologique pétaradant qui exploite la force comique du personnage créé par Franquin et Greg en 1959 et emprunte (entre autres sources d’inspirations) sa thématique principale à Philippe K. Dick.

Olympia est la suite de La Grande Odalisque. Sans intitulé générique ni numéro de tome, ces deux livres semblent autonomes et indépendants l’un de l’autre — si ce n’est leur titre qui décline le nom de chefs d’œuvre de la peinture française. En fait, plus qu’une série, c’est pour l’instant un diptyque d’une prodigieuse complémentarité dans sa construction, ses thèmes et ses variations.