Sous l’influence des crônicas de Clarice Lispector, une série de textes du poète américain Guy Bennett, publiés dans Diacritik tout au long de l’année 2024.
Voici ce qu’un songe ardent, derrière le front, m’incita à écrire.
Plutôt que des « barrages » contre les idées et les pratiques d’extrême-droite, ce sont des passoires que les social-démocraties du 21ème siècle ont délibérément construites. Une manière de trier dans la panoplie du pire, non de l’empêcher. Comment voir autre chose que la prolifération du pire et ne plus indexer à ce dernier notre rapport à la politique parlementaire ? Qu’y peut ledit Nouveau Front Populaire ?
Du 14 au 16 juin aura lieu à Gentilly, au Lavoir numérique, la nouvelle édition du festival En temps réel, consacré aux nouvelles formes documentaires audiovisuelles et sonores.
Cela vous arrive sans doute aussi : vous venez d’achever la lecture d’un livre, en entamez un autre et deux paragraphes entrent en écho. Ma dernière expérience de ce type, sujet d’un nouveau transport en commun, est liée à Jusqu’à ce que mort s’ensuive, exceptionnel roman d’Olivier Rolin (Gallimard) qui interroge la forme d’une ville, le Paris des barricades arasé par le baron Haussmann, lu juste avant Circulez La ville sous surveillance de Thomas Jusquiame (Marchialy) qui interroge les origines d’un contrôle des populations urbaines et passe par Haussmann. Tous deux citent le préfet de Paris, tous deux lui donnent Walter Benjamin comme contrepoint.
Ça commence par une rencontre aux Mots à la bouche. En réalité, ça commence plus tôt, dans une librairie à Marseille où le livre se démarque sur une des tables (ce titre) : Johnny, est-ce que tu m’aimerais si j’avais une plus grosse bite ? Je ne connais pas encore l’auteur, Brontez Purnell — je ne sais pas que je vais le rencontrer deux semaines plus tard à terrasse d’un café parisien, pour un entretien et quelques photos —, mais je connais la maison d’édition, Rotolux, pour avoir édité Anthologie Douteuses et Firestar. Je fais confiance. Je prends le livre. C’est ma mère qui paie. Alors je le lis.
« Sandrine souhaite partager sa localisation avec vous » : cette phrase du roman dit tout le propos de Lucie Rico, tout son projet romanesque. Car il s’agit pour elle de travailler la matière même de la langue parlée par nos nouveaux usages, d’en faire un roman, dans GPS qui sort en poche chez Folio.
3 juin 2024. L’automne précoce semble achevé : il ne pleut plus et le soleil tente même une percée. La forêt, à deux pas, nous fait signe, mais c’est à la gare que nos pas nous conduisent ; il faudra donc se contenter de l’apercevoir à travers les vitres du transilien pour Paris où a lieu une projection d’un film fort attendu. Avant de quitter la maison, je relève le courrier, y trouvant le nouveau livre de Peter Handke, Dialogues intérieurs à la périphérie, que j’emporte avec moi, commençant à le lire dans le train et le métro, avant de poursuivre ma lecture dans la salle de projection où j’arrive bien trop tôt. 15 heures. Le noir se fait. Mon regard n’a le temps que de saisir au vol, page 69, cette brève recommandation : « Rester rythmiquement concentré »
Qu’il s’agisse de bibliothèques publiques ou privées, de collections éditoriales, de souvenirs de lectures ou de groupements de textes en cours, les livres vivent aussi de leurs maillages et voisinages. Cette série se veut proposition de regroupements de publications récentes, par tropismes, thématiques ou détails adjacents. Et comment mieux l’ouvrir que par la fin ?
Luc Bénazet publie des livres de poésie depuis 2009. Il est l’auteur notamment de Articuler (Nous éditions, 2015), Incidents (Nous éditions, 2018), Rainal ! (Eric Pesty éditeur, 2019) et La Masse forêt (P.O.L, 2022). Entretien avec Luc Bénazet à l’occasion de la parution de Métamorphiques aux éditions P.O.L.
Il faut dire je ne la supporte pas ta putain d’époque. Cette phrase qui tient plus de la percussion que de l’insulte est dite par un écrivain à bord d’un avion qui va s’écraser dans quelques minutes. L’appareil chute et le narrateur se met alors à penser tout haut. Dans quel monde va-t-il donc disparaître ? Qu’est-ce qui a été réellement vécu ?
Cher Facebook, je n’en suis pas à ma première missive, souviens-toi, je t’avais déjà écrit pour te dire que je te quittais… sans mettre ma menace à exécution. Aujourd’hui encore, la vérité m’oblige à te le dire, ton algorithme me fatigue !