Après Général Idi Amin Dada sur le terrifiant dictateur ougandais puis L’avocat de la terreur , où il dévoilait la face cachée de Jacques Vergès, Barbet Schroeder achève sa trilogie de la terreur avec Le vénérable W., documentaire glaçant sur le moine birman Wirathu, bouddhiste prêchant la haine et appelant à la disparition de la minorité musulmane des Rohingyas.

Le 7 Juin 1954, Alan Turing, mathématicien britannique génial, fondateur de la science informatique, qui a, entre autres, joué durant la seconde guerre mondiale un rôle essentiel dans la maîtrise des codes d’Enigma, la machine cryptographique des nazis, se suicidait, en mangeant une pomme trempée dans du cyanure, après avoir été condamné à la castration chimique pour homosexualité. Hommage.

La 3e édition du Printemps de la Traduction, organisé par l’association ATLAS, aura lieu cette année du 7 au 11 juin 2017, à Paris et Gif-sur-Yvette. Venant à la rencontre des lecteurs, les traducteurs présentent leur rentrée littéraire : 8 librairies partenaires reçoivent les traducteurs de 9 romans sélectionnés dans l’actualité éditoriale.

« La cicatrice n’est pas la plaie. Elle est la nouvelle ligne de vie qui s’est créée par-dessus. Elle est le champ des possibles les plus insoupçonnés »

Léonora Miano, écrivaine plus connue comme romancière que comme essayiste, offre pourtant une contribution conséquente dans le domaine de l’écriture réflexive. Son apport est en relation avec ce qui l’a précédé mais aussi porteur de propositions passionnantes, dérangeantes parfois, pour notre monde d’aujourd’hui.

Le sous-titre de Règne animal de Jean-Baptiste Del Amo pourrait avoir des accents balzaciens (Grandeur et décadence d’une exploitation agricole) ou zoliens (Histoire naturelle et sociale d’une famille), sur un siècle de 1898 à 1981 : dans le Gers, à Puy-Larroque, tout semble d’abord un « perpétuel recommencement », dans une ferme qui suit le rythme des saisons et cycles naturels, avant que la petite exploitation familiale ne devienne un élevage de porcs industrialisé et intensif, selon un double mouvement d’accélération et de chute, jusqu’à « l’effondrement ».
Le magnifique et très dur roman de Jean-Baptiste Del Amo, au-delà de ses qualités littéraires, épouse la course folle qu’est devenu l’élevage, au mépris de tout respect de la nature comme des animaux, tout en dévoilant jusqu’à l’insoutenable une violence et une cruauté qui s’exercent aussi bien sur les hommes que sur les bêtes. Déjà couronné par le Prix des libraires de Nancy, il vient de recevoir par le prix du Livre Inter 2017.

« Ce que j’espère, du lecteur, c’est de l’interprétation ».
Camille de Toledo

Le livre de la faim et de la soif est un roman difficile à présenter parce que ses qualités ont la même teneur que le cœur fuyant de l’existence qu’elles nous font toucher du doigt : elles sont aisées à ressentir mais périlleuses à saisir avec les mots de la langue.
Camille de Toledo a construit un dispositif de narration complexe, un labyrinthe miroitant dont les facettes nombreuses se reflètent les unes les autres dans une incandescence narrative qui nous immerge au cœur du tumulte de notre monde en pleine mutation. Du début du livre jusqu’à la fin, le lecteur se trouve précipité dans la quête aventureuse d’un personnage abyssal, un livre à vrai dire, avec ses pages et sa reliure, un livre donc, obsédé par le désir de sortir de lui-même pour entrer dans la vie.