Ailleurs, partout, de Vivianne Perelmuter et Isabelle Ingold, serait une sorte de documentaire : « une sorte » car le film sort des cadres attendus du documentaire, comme il tend à sortir des cadres du récit, des cadres de la fiction, des cadres du visible cinématographique – comme il tend à sortir de tout cadre. Dans ce film, la traversée des frontières n’est pas seulement le thème, elle est aussi un principe esthétique et politique : traversée du discours, de l’image – un nomadisme qui emporte le cinéma, le dérègle, le réarrange pour une création particulièrement puissante, enthousiasmante.
New York. Red Hook. Journal de choses vues.
Sous l’influence des crônicas de Clarice Lispector, une série de textes du poète américain Guy Bennett, publiés dans Diacritik tout au long de l’année 2024.
Après Rien à cette magie, Meta Donna, Et tout soudain en rien, Suzanne Doppelt fait paraître Un beau masque prend l’air construit par une mise en dialogue avec des œuvres picturales. Entretien avec Suzanne Doppelt.
Une phrase décrit assez justement le livre de Gabriel Gauthier, Space : « la possibilité d’un univers miniature qui contiendrait un nombre infini de secrets et d’enquêtes que l’on pourrait résoudre en l’espace d’une semaine, au plein de l’été ». Un peu plus haut, le texte annonce qui mène l’enquête, « des enfants craintifs et secrets avec la passion des énigmes ». Ainsi sont posées quelques-unes des clés du livre.
New York. Red Hook. Journal de choses vues.
La gaieté me sidère, de Clarisse Michaux, rassemble une suite de poèmes en dialogue avec le film Jeanne Dielman, 23, quai du Commerce, 1080 Bruxelles, de Chantal Akerman, réalisé en 1975. Entretien avec Clarisse Michaux.
Avant d’être un film d’animation, La plus précieuse des marchandises a été un conte, écrit par Jean-Claude Grumberg, paru en 2019 aux éditions du Seuil dans la collection La Librairie du XXIe siècle dirigée par Maurice Olender, disparu en octobre 2022. Pour son dixième long métrage, Michel Hazanavicius signe une adaptation forte et lumineuse d’un texte puissant et nécessaire. Avec une prise de risque supplémentaire : le réalisateur a dessiné tous les personnages et osé dévoiler au monde une part jusque-là inconnue de sa palette de talents, voire de lui-même.
Des livres qui se lisent avec plaisir, il n’en manque pas. Des livres qui se relisent dans la foulée sans ennui, il y en a suffisamment pour alimenter cette chronique. Mais des livres qui se relisent longtemps après, comme si, de nouveau, c’était la première fois, non qu’on ne les ait oubliés, mais parce que nous les appréhendons de manière plus ouverte – la mémoire ayant été, sinon altérée, disons fragilisée, voire trouée, par les effets du temps (la mémoire est un champ de bataille pour les archives) –, il y en a beaucoup moins. On se dit alors : au diable l’actualité, c’est d’eux que nous devrions parler.
New York. Red Hook. Journal de choses vues.
L’effondrement, d’Édouard Louis, est un livre pluriel, la narration juxtaposant et entremêlant le commun, le plus banal, le social, et une forme d’étrangeté – étrangeté de l’autre, étrangeté de soi.
Le Théâtre du Voyageur se situe à Asnières-sur-Seine, dans la gare même d’Asnières-sur-Seine, sur le quai D. On prend le train à la gare Saint-Lazare, et cinq minutes plus tard environ (si on tombe sur un « direct ») on arrive à destination. Depuis ce quai D, il suffit alors de longer un long bâtiment, un entrepôt SNCF au bout duquel a été aménagé le théâtre.
Comment écrit-on à trois ? Peut-on penser l’écriture d’un livre où se perdraient, dans l’entremêlement de l’écriture, les voix des poètes qui s’y déploient ?
Comme souvent chez Ben Russell, les gros blocs d’images s’empilent un à un, cette fois pour construire Direct Action, un film-mur, solide et majestueux.