Nous proposons une méthode de guérison, incertaine, risquée, à coup sûr douloureuse. Mais cette dernière, basée sur les thérapies oncologiques, offre une chance de survie à l’intégralité des êtres vivants n’ayant pas encore été exterminés par les modes de vie occidentaux. (2&3) Rappelons, entre autres, que 69% des populations de mammifères sauvages ont été détruites en 48 ans, que 88% des grands spécimens d’eau douce ont été tués en 4 décennies et que 67% des arthropodes ont été balayés en 10 ans.
I. Poétique étiologique
Allons directement à l’essentiel : via son pullulement technique, la civilisation occidentale est une mégamachine et constitue « un flux thermodynamique, non circularisable, transformant la nature en déchets. » (4) C’est la raison pour laquelle l’utilisation d’une énergie presque propre et infinie, telle que la fusion nucléaire (5), ne ferait paradoxalement qu’aggraver la situation. De fait, les moyens dont nous disposons importent peu tant que nos fins demeurent mortifères. Nous devons interroger nos buts et remettre en cause nos valeurs (notre axiologie), questionner tout ce qui fait sens dans le réel, afin de comprendre que de multiples autres manières d’habiter ce monde – ontologies – (6) ont existé (et existent toujours, pour partie). C’est à ce prix que nous pourrons (re)définir une « cosmopoétique ». (7)
Il faut s’arrêter sur cette idée et, pour ce faire, se placer sous la tutelle du philologue Jean Onimus, qui opposait le poétique, « devenu pour nous une nécéssité vitale » (8), au prosaïque, « tout ce qui peut être un jour technicisé, c’est-à-dire fabriqué automatiquement et indéfiniment répété. » Il abondait : « Non, la technique n’est pas neutre ! Elle nous arraisonne, elle nous emprisonne. […] La technique ignore les valeurs et peut se mettre au service des pires horreurs parce que le technicien, par métier, ne pense qu’à améliorer des fonctionnements. L’intention n’est pas son affaire. »
Là où le poétique constitue la chose même, le prosaïque représente son utilisation. Le poétique est la communion ; le prosaïque, la communication. Le poétique a à voir avec la création, le prosaïque a affaire à une fabrication. Le poétique serait sauvage et le prosaïque, domestiqué. Le poétique est par définition imprévisible, alors que le prosaïque est normé, machinique et reproductible. Soyons clairs et précis : nous ne pouvons nous passer du prosaïque, car nous en avons besoin pour vivre. Le souci consiste à avoir indexé, vassalisé, asservi le poétique au prosaïque… au lieu de faire l’inverse (9).
Onimus encore : « […] Il y a du poétique dès qu’il y a création et cela dans tous les domaines. Plus grande la part de création, plus saisissante, plus évidente celle du poétique. » (10) En conséquence, « le poétique n’est pas dans l’irréel ou l’irrationnel, […] mais dans un approfondissement du vécu. » C’est la raison pour laquelle « il y a dans la révolte écologiste une inspiration de nature poétique. » (11) « Le poétique, pour peu qu’on en comprenne la portée, relève directement de l’écologie, c’est-à-dire de la science du bien-vivre sur la terre. »
De facto, dès lors que nous nous départissons de notre dépendance à la technique, nous créons des espaces de liberté et retrouvons une capacité à habiter poétiquement le monde, en relative harmonie avec les autres êtres vivants. Notre cancer a par suite une médication d’ordre étiologique, autrement dit un « traitement de fond », qui pourrait nous permettre de ne pas reproduire les schémas délétères qui ont, entre autres, d’ores et déjà mené au dépassement de six limites planétaires sur neuf. (12).
Cela dit, lorsqu’un fumeur atteint d’un cancer du poumon cesse de fumer, il diminue ses risques de rechute, mais ce geste ne suffit pas, en lui-même, à le soigner. Un traitement symptomatique s’avère effectivement indispensable, qu’il s’agisse de chirurgie, de radiothérapie et/ou de chimiothérapie. En l’occurrence, notre thèse est que l’analogie avec la lutte socio-écologique est édifiante. Si le poétique doit étiologiquement supplanter le prosaïque dans maints domaines – permaculture (13) plutôt qu’agro- industrie, habitats légers artisanaux (14) plutôt qu’immeubles de taille démesurée et construits en série, marche à pied et/ou vélo laissant place à l’aléatoire plutôt que déplacements motorisés, donc rigides, entraide/coopération (15) plutôt que compétition exacerbée, etc. –, la cure impose symptomatiquement une phase de soin beaucoup plus rude et inconfortable, en vue de stopper la mégamachine.
II – Contre-violence symptomatique
Nous vivons actuellement dans la période la plus meurtrière de toute l’histoire de la vie sur Terre – en 4,5 milliards d’années. Les espèces s’éteignent 1.000 à 10.000 fois plus rapidement que lors des 5 extinctions massives précédentes (16). Pour la première fois, il ne s’agit pas, à proprement parler, d’une « extinction », mais bien d’une « extermination délibérée » (17) du vivant. Pour le dire très clairement : jamais cette planète n’a été le théâtre d’un tel déchaînement de violence.
Aussi, si la maladie est bien sûr infiniment plus profonde, le symptôme techno-capitalisme repose sur deux piliers, que sont production et consommation. En d’autres termes, lorsque nous travaillons et que nous acquérons des choses au sein du système en place – que nous le voulions ou non (il n’est pas question de juger) –, nous participons à l’écocide, au crime contre la vie. Peu importe la nature de notre « emploi » et des mets/objets dont nous faisons l’acquisition, la croissance économique s’en trouve grandie… tandis que le vivant en subit invariablement les conséquences. Alors, que faire ?
Option n°1/ Réduire la production. Ce serait une sage décision et c’est déjà ce qu’invitait à faire le rapport Meadows en 1972 (18). Le problème est que depuis 50 ans, la trajectoire suivie a été à l’opposé de cette recommandation, Dennis Meadows déclarant en 2012 : « […] Le scénario de l’effondrement l’emporte. » (19) Pour que cette diminution tant espérée puisse advenir, il faudrait un sursaut collectif et il est plus que temps de reconnaître que ce réveil général n’aura pas lieu. Pire, contrairement à l’idée reçue, il n’y a guère de « prise de conscience », l’historien Jean-Baptiste Fressoz (20) et le systémicien Arthur Keller (21) montrant respectivement que les luttes écologiques étaient beaucoup plus engagées au XIXe siècle et dans les années 1970, que ce soit dans la population générale ou chez les dirigeants.
Option n°2/ Déserter. Cesser de travailler et de consommer – au sens capitaliste. Sociologue, John Holloway nous y incite : « […] Il n’y a pas de capitalisme préexistant, il y a seulement le capitalisme que nous fabriquons aujourd’hui ou que nous ne fabriquons pas. […] La révolution ne consiste pas à détruire le capitalisme mais à refuser de le fabriquer. » (22) Bien sûr, les bifurqueurs existent. Il faut les féliciter et se réjouir. Mais soyons réalistes : ce démarquage individuel ne constitue pas une réponse politique collective, tout simplement pour une question de nombre.
Option n°3/ Pratiquer la contre-violence. La technique se développe de manière métastatique et sa profusion témoigne de notre ultra-violence à l’encontre du vivant : extractivisme, productivisme, ou encore croissancisme se caractérisent plus que jamais par l’utilisation de machines opprimant la vie. Face à cette brutalité inouïe, nous devons nous interroger honnêtement : est-il plus violent de laisser la mégamachine techno-coloniale saborder les conditions d’habitabilité de notre planète ou de tenter de l’en empêcher en faisant usage de la force ?
Pionnière de l’écoféminisme et poseuse de bombe, Françoise d’Eaubonne répondait sans ambages à cette question : « L’adoption de la contre-violence n’est pas cette ‘masculinisation’ des femmes que je dénonce ici-même, parade du Capital patriarcal pour nous hominiser afin de ne pas féminiser la planète ; […] elle n’est que l’adoption naturelle des moyens immédiats de la légitime défense qu’est aujourd’hui la résistance à l’État [et au] danger de mort écologique et économique. » (23).
Il en allait auparavant de même des Suffragettes qui, dans leur combat pour l’égalité et l’obtention du droit de vote, n’hésitaient pas à « agresser des politiciens », « provoquer des incendies », « briser les vitres de la maison du Premier ministre à coups de jets de pierre » et « poser des bombes » (24). En nous éloignant temporellement de la Seconde Guerre mondiale, nous avons, pour le meilleur et pour le pire, sans doute perdu un rapport de « proximité » et de « normalité » à la violence, tant et si bien qu’un jet de soupe sur une vitre nous paraît plus violent que l’installation d’un nouveau pipeline… À cela vient s’ajouter une propagande quant à l’efficacité de luttes prétendument non violentes.
Prenons d’abord l’exemple de Gandhi : « Là où il n’y a que le choix entre la lâcheté et la violence, je conseillerais la violence. Je préconise à ceux qui croient à la violence d’apprendre le maniement des armes. Je préférerais que l’Inde eût recours aux armes pour défendre son honneur plutôt que de la voir, par lâcheté, devenir ou rester l’impuissant témoin de son propre déshonneur. » (25)
Ensuite, quid de Nelson Mandela ? « […] Je ne nie nullement avoir préparé un plan de sabotage. Mais je ne l’ai pas fait par aventurisme ou par amour de la violence en soi. Je l’ai fait à la suite d’une analyse calme et réfléchie de la situation politique, telle qu’elle résulte de nombreuses années de tyrannie, d’exploitation et d’oppression de mon peuple par les Blancs. » (26)
Et si Martin Luther King a toujours prôné la non-violence, c’est irréfutablement grâce aux actions martiales conduites par les Black Panthers et Malcolm X que la « fenêtre d’Overton » s’est déplacée, rendant son discours audible. Ce dernier écrivait ainsi : « Ça devra passer par le vote ou le fusil. Si vous craignez d’user d’une expression pareille, alors quittez le pays ou retournez dans les champs de coton. Ils ramassent les voix des Noirs, [qui] n’obtiennent rien en échange. […] Je suis non violent avec ceux qui le sont envers moi. Mais si on lâche cette violence sur moi, on me rend fou et je ne suis pas responsable de mes actes. Et c’est ainsi que devraient se conduire tous les Noirs. Chaque fois que vous savez que vous êtes en accord avec la loi, avec vos droits légitimes, avec vos droits moraux, en accord avec la justice, mourez pour ce en quoi vous croyez. » (27)
En conclusion
« En Colombie, il y a plein de cultures et de peuples indiens différents et il y en a qui résistent et d’autres qui ne résistent pas. Certains prennent les armes contre l’accaparement des terres, contre l’extractivisme, etc. Et d’autres fuient et sont totalement non violents. […] Quand je leur demandais pourquoi ils ne résistaient pas, ils disaient : ‘Si on résiste, on perd le lien, on se dénombrile. Ça veut dire que quand on doit faire la guerre parce qu’on nous attaque – et les Indiens en Amérique du Nord se sont armés (certains oui, certains non) –, il y a un sacrifice de certains d’entre nous, qui coupent le lien et vont se battre, avec l’enjeu de revenir au lien après. « Entrer en résistance, c’est se couper, entrer en clivage, devenir hors-sol et aller vers la violence. » (Pablo Servigne). (28)
Il n’y a pas de meilleure définition de la tension (et de la complémentarité) entre les deux remèdes analysés dans cet article. Sur le long terme (étiologiquement), la civilisation occidentale doit trouver une manière poétique d’habiter le monde – un lien presque organique à la Terre. Mais à court terme, si certaines et certains ne se désolidarisent pas (symptomatiquement) pour détruire la mégamachine techno-industrielle, la planète ne sera simplement plus habitable. La violence dont il est ici question n’est donc pas gratuite, colérique, vengeresse : elle est calculée, aimante, protectrice.
Nous pourrions défendre à l’envi l’idée que nous ne pouvons plus « nous payer le luxe » de la non- violence. Mais cet argument s’avèrerait superflu, l’Occident libéro-capitaliste rendant la posture non violente impossible. Soit nous contribuons par notre (in)action à l’éradication méthodique du vivant, soit nous employons la force pour tenter de l’entraver… À l’heure où les points de bascule climatique sont tous sur le point d’être franchis (29) et de transformer la Terre en une « planète-étuve » (30) invivable, le choix est simple : la violence assurément coupable ou la violence potentiellement salvatrice (31).
Nous ne pouvons garantir le succès ni dans l’instant, ni dans la durée. Logos menacera toujours de reprendre son hégémonie. Nous ne guérirons jamais de notre cancer technique, nous ne serons qu’en rémission. Mais nous aurons au moins mis toutes les chances de notre côté.
« Dans les mouvements sociaux, il y a des gens qui sont tellement obsédés par la non-violence qu’ils considèrent que [couper une clôture avec une pince], c’est de la violence. Et on pourrait vraiment avoir un débat là-dessus quand on regarde l’histoire du XXe et du XXIe siècles… Je pense que dans 300 ou 400 ans, si l’humanité est encore là, s’il y a encore des historiens et des historiennes, ils vont regarder ça et ils vont se pisser dessus tellement ils vont rire. Ils vont se dire : ‘C’est pas sérieux ? Ils étaient quand même pas en train de débattre pour savoir si c’était de la violence, alors que deux générations avant, un président des États-Unis lançait des bombes atomiques sur des villes et qu’il y avait des camps de concentration ?’ […] Le débat éthique entre violence et non-violence est vraiment perverti dans les mouvements sociaux avec, en plus, des références à des exemples qui sont mal compris. Les deux exemples ‘tarte à la crème’, c’est Mahatma Gandhi et Martin Luther King. On les sort tout le temps en disant que Gandhi a libéré l’Inde par la non-violence et que Martin Luther King a ‘mis fin au racisme’. Mais ça, c’est une illusion complète. Dans le mouvement d’indépendance de l’Inde, auquel participait Gandhi, c’est vrai qu’il a mené des campagnes de désobéissance civile non violentes, mais dans le même mouvement, des gens attaquaient des casernes de l’armée britannique avec des bombes et des mitraillettes. Et pendant que Martin Luther King marchait à Birmingham dans la non-violence, des Afro-Américains avec des armes à feu se défendaient contre le KKK. Il y a eu des centaines d’émeutes dans des quartiers afro-américains, ça a été extrêmement violent. […] Et la non-violence de ces deux théoriciens implique de se faire taper dessus. C’est ça, la non-violence de Gandhi et de Luther King. C’est avancer collectivement vers la police, forcer et transgresser la loi dans l’objectif de se faire taper dessus, être filmé ou vu en train de se faire taper dessus pour montrer, révéler le niveau de violence auquel est prêt à s’adonner la puissance coloniale et/ou raciste, économique. En faisant ça, on déchire le voile de la prétendue prétention civilisationnelle de l’élite. La non-violence, ce n’est pas juste de se promener avec une chandelle ou une fleur et de dire ‘paix’ ou ‘fin à la guerre’… C’était de la non-violence offensive. On a très rarement ça aujourd’hui dans les mouvements sociaux… » (32)
« Entre le bataillon du black bloc anarchiste et celui de la police, ce dernier est autrement mieux équipé et plus violent que le premier. À l’opposé de l’esprit de liberté et d’égalité qui anime les black blocs, les bataillons policiers fonctionnent au commandement, à la discipline, à l’obéissance et à la déresponsabilisation individuelle. […] Si l’on ne se laisse pas illusionner par les médias qui attribuent un caractère exceptionnel à la ‘violence’ des black blocs, force est de constater qu’elle est d’une amplitude relativement faible, surtout en comparaison des multiples conflits sociaux violents, voire meurtriers, qui ont ponctué l’histoire ou qui se déroulent encore hors de l’Occident. » (33). (Francis Dupuis-Déri, professeur de science politique).
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Notes bibliographiques :
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Dans : Ceballos Gerardo, Dirzo Rodolfo & Ehrlich Paul, « Biological annihilation via the ongoing sixth mass extinction signaled by vertebrate population losses and declines », PNAS, 2017).
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& 3. Rapport Planète Vivante du WWF. Voir encore He Fengzhi & al., « The global decline of freshwater megafauna », Wiley Online Library, publié le 08/08/2019 à l’adresse suivante.
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Voir enfin Seibold Sebastian & al., « Arthropod decline in grasslands and forests is associated with landscape-level drivers », Nature, publiée le 30/10/2019 à cette adresse. Nous parlons ici de l’Occident au sens le plus large possible, « celui de Lénine ou celui d’Uncle Sam », comme disait le poète Sony Labou Tansi. Dans Labou Tansi Sony, Encre, sueur, salive et sang, Seuil, Paris, 2015 (1974), p. 20.
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Voir Keller Arthur, « Designing Lucid hopes for the future », TEDx Talks, publié le 03/09/2019 à l’adresse suivante : ttps://www.youtube.com/watch?v=_42nPGtJ7LE.
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Sur cette question, Vincent Mignerot montre habilement que si la fusion peut quantitativement générer autant (voire plus) d’énergie que les combustibles fossiles, elle ne peut les remplacer qualitativement. En effet, nous ne savons pas remplacer toutes « nos infrastructures par d’autres qui permettraient de faire fonctionner peu ou prou » nos sociétés. Pour des questions minérales, il sera par exemple impossible de remplacer 1,4 milliard de véhicules thermiques dans le monde par des voitures électriques. Voir Mignerot Vincent, « La transition énergétique, entre croyance et réalité », ENISE – CTC42, publiée le 29/10/2022 à l’adresse suivante : https://www.youtube.com/watch?v=sC_o8wwsOT4.
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Voir notamment Philippe Descola, Par-delà nature et culture, Gallimard, 2005.
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« […] ‘Cosmopoétique’ désigne ce dialogue obscur, tissé de métaphores et de gestes imprévus, que nous entretenons, dans des moments privilégiés, avec l’ensemble de ce qui vibre. » In Touam Bona Dénètem, Sagesse des lianes, Post- éditions, Fécamp, 2021, p. 19. Nous employons ici ce terme dans une acception plus large, explicitée ci-dessous.
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Jean Onimus, Qu’est-ce que le poétique ?, Poesis, 2017, pp. 32-33-139.
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Ce propos est emprunté à Aurélien Barrau. Voir Barrau Aurélien et Mhalla Asma, « Intelligence artificielle, l’homme est-il devenu obsolète ? », LEM, publiée le 09/10/2024 : https://www.youtube.com/watch?v=nlUy71yquNI.
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Jean Onimus, op. cit. pp. 137-141.
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Jean Onimus, op. cit., pp. 106-197-198.
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Voir Persson Linn & al., « Outside the safe operating space of the planetary boundary for novel entities », Environmental Science & Technology, 56, 2022, pp. 1510-1521.
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Voir notamment Holmgren David & Mollison Bill, Permaculture, Debard, 1986.
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Voir par exemple Attias Jonathan, La Désobéissance fertile, Payot & Rivages, 2021.
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Voir Chapelle Gauthier & Servigne Pablo, L’Entraide, l’autre loi de la jungle, Les Liens qui Libèrent, Uzès, 2019.
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Voir par exemple : https://wwf.panda.org/discover/our_focus/biodiversity/biodiversity/.
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Voir notamment Barrau Aurélien, « Barrau chez Janco, exposé devant le Shift Project à Lyon », publié le 13/09/2022 à l’adresse : https://www.youtube.com/watch?v=VajcUf7xRTQ&t=14s.
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Meadows Dennis, Meadows Donella & Randers Jorgen, Les Limites à la croissance, Écosociété, Montréal, 1972.
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Noualhat Laure, « Le scénario de l’effondrement l’emporte », Libération, publiée le 15/06/2012 : https://www.liberation.fr/futurs/2012/06/15/le-scenario-de-l-effondrement-l-emporte_826664/.
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Voir Bonneuil Christophe & Fressoz Jean-Baptiste, L’Événement anthropocène, Seuil, 2013, p. 241 : « En Europe autour de 1800, les conflits forestiers constituent […] un phénomène global où se joue une lutte essentielle entre une nature ‘optimisée’, connectée au marché en vue de servir les besoins de consommateurs lointains, et un ‘environnementalisme des pauvres’ des communautés villageoises privées de droit d’usage et de gestion commune. »
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« [Politiquement], que ce soit au niveau national, que ce soit même à des échelles inférieures, que ce soit au niveau onusien ou international, […] il y a une grande régression de la prise de conscience sur les limites entre les années 70 et aujourd’hui. Dans les années 70 il y avait cette étude qui s’appelle The Limits to Growth. On l’oublie souvent, mais ce rapport a été un best seller. Ça s’est vendu à des dizaines de millions d’exemplaires. Au début des années 70, toute la classe politique mondiale l’avait lu. […] L’équipe Meadows a rencontré quasiment tous les dirigeants du monde, l’ONU, les responsables militaires, etc. […] Aujourd’hui, je pense que quasiment aucun des dirigeants du monde n’en a même entendu parler… » Voir ici Keller Arthur & Mignerot Vincent, « Collapsologie en politique », Café Collapse, publiée le 20/03/2019 : https://www.youtube.com/watch?v=nM04y8UyzpU.
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Holloway John, Crack capitalism, Libertalia, 2012 (2010), pp. 411-412.
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D’Eaubonne Françoise, Contre-violence ou la Résistance à l’État, Cambourakis, 2023 (1978), p. 212.
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Irene, La Terreur féministe, Divergences, 2021, pp. 85-86.
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Gandhi, The Collected Works of Mahatma Gandhi, The Publications Division, Ahmedabad, 1965, 18, pp. 132-133.
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Mandela Nelson, L’Apartheid, Minuit, 1985 (1965), « Le sabotage », 10/1963 – 05/1964, p. 56.
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X Malcolm, Le Vote ou le fusil, Points, 2011 (03/04/1964), pp. 17-29.
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Voir Barrau Aurélien & Servigne Pablo, « Des solutions techniques à la crise écologique ? », Sismique, publiée le 10/10/2023 : https://www.youtube.com/watch?v=gUZo1J683nE.
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Voir Garot Blandine, « La Terre est sur le point de franchir cinq points de bascule, une menace ‘sans précédent’ », Novethic, publiée le 06/12/2023 : https://www.novethic.fr/actualite/environnement/climat/isr-rse/une- menace-sans-precedent-la-terre-est-sur-le-point-de-franchir-5-points-de-bascule-et-trois-autres-pourraient-suivre- 151946.html.
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Armstrong McKay David (& al.), « Exceeding 1.5°C global warming could trigger multiple climate tipping points », Science, vol. 377, publié le 09/09/2022 : https://www.science.org/doi/10.1126/science.abn7950.
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D’aucuns diront que si 3,5% de la population sort pacifiquement dans la rue, une révolution a toujours lieu. Le souci est que cette croyance s’appuie sur une étude propagandiste (voir notamment à ce sujet Chenoweth Erica & Stephan Maria, Pouvoir de la non-violence, Calmann-Lévy, Paris, 2021 (2011)), les autrices étant, entre autres, financées par la Banque mondiale et l’Union Européenne… Le but de cet endoctrinement, souvent repris par de trop nombreux·ses militant·es écologistes, est d’orienter la population vers la non-violence et le citoyennisme (vote, pétition, marches). Or, un contre-exemple suffit : entre 2019 et 2021, 3 millions de personnes ont défilé tous les vendredis dans les rues d’Alger, d’Oran ou encore de Constantine, sur les 46 millions que compte l’Algérie, pour faire la révolution, le Hirak. Cela représentait 6,5% de la population, soit près du double des fameux 3,5%. Pourtant, le gouvernement succédant au clan Bouteflika fut sa copie conforme. Preuve est (malheureusement) faite que sans violence, une (méga)machine gouvernante ne peut être empêchée de fonctionner et une révolution ne peut se produire (quand bien même la quasi- totalité de la population se retrouverait pacifiquement dans la rue chaque week-end).
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Dupuis-Déri Francis, « Démocratie : Marketing politique pour les pauvres ? », Thinkerview, publiée le 25/02/2019 : https://www.youtube.com/watch?v=1wF5FMUtHDM.
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Dupuis-Déri Francis, Les Black Blocs, Lux, Montréal, 2019, pp. 43-267. S’il est ici question des black blocs, d’autres formes de violence sont bien sûr envisageables, l’objectif ultime étant l’efficacité face à la mégamachine écocidaire.