Dû à Maylis Besserie et paru tout récemment, Le Tiers Temps porte en bandeau le visage si caractéristique de Samuel Beckett. Visage sombre, ridé, buriné, séduisant aussi.
Paolo Giordano a écrit Contagions en quelques jours, entre la fin février et le début du mois de mars, alors que l’Italie entrait dans l’épidémie de Coronavirus et commençait à prendre conscience (et nous avec elle) de l’ampleur sans précédent d’une crise planétaire dont le sens comme les conséquences vont bien au-delà de la seule maladie. Prolongement et amplification d’un article publié par l’écrivain dans le Corriere della Sera le 25 février, le livre a été mis en ligne en accès gratuit par le Seuil, son éditeur français, qui le considère « comme une intervention d’utilité publique ».
Si la série Freud, réalisée par Marvin Kren et diffusée sur Netflix, ne nous apprend rien sur Freud ou sur la psychanalyse, c’est que son objectif est ailleurs. Il ne s’agit pas du tout ici de faire une œuvre pédagogique ni de filmer un biopic, mais de réaliser un objet plus freudien qu’il n’y paraît.
Depuis 2012, le musée Guggenheim met en ligne la version numérique gratuite de nombre de ses catalogues. Ces archives gratuites en ligne regroupent désormais 205 titres, que vous pouvez tranquillement feuilleter en attendant la réouverture des musées.
À l’heure du coucher, le jeune homme entr’ouvre la chemise de son amante, découvrant ainsi les seins, puis le ventre. Voilà donc le corps féminin proposé en toute décence et célébré sur un mode poétique, non loin du sacré.
Révolution, pour changer l’ordre des choses et des hommes, pour faire émerger un monde meilleur, plus juste, où Alpha, Béta, Gamma, Delta et Epsilon vivraient en harmonie.
En ouverture, un court plaidoyer en forme de pied de nez à Hollywood : un blond et viril héros dénommé Lance le Brave acculé par des ombres noires au bord d’une falaise attend l’intercession d’un étrange personnage à haut-de-forme qui l’aiderait à sortir de ce mauvais pas.
Cet hiver 2020, la rétrospective consacrée à Francis Bacon au Centre Georges Pompidou suscite une polémique au sujet de l’absence de cartels. Seules des vidéos projetées en fin de parcours constituent de la documentation en appui des œuvres exposées.
Les librairies sont fermées et les initiatives d’éditeurs se multiplient pour permettre aux lecteurs d’accéder à leurs titres, et en particulier à des livres tout justes parus et rendus indisponibles par le confinement. C’est le cas des éditions Inculte qui nous permettent d’accéder en un clic et quelques euros à quinze nouveautés et/ou livres de fond de leur catalogue. Parmi ceux-ci, Zones de divergence de John Feffer, auquel Diacritik avait consacré un article lors de sa sortie.
Vif et frondeur, tel est le nouvel essai, La Passion d’Orphée que le romancier Philippe Vilain vient de faire paraître aux éditions Grasset. Dans ce pamphlet sans compromis, l’essayiste déploie l’idée forte selon laquelle la littérature contemporaine paraît effrayée par l’écriture, la refuse et lui préfère des formes populistes et marketées comme l’exofiction.
Diffusé sur TF1 depuis le 10 mars avec un battage raisonnable, Prodigal Son débarque en France quelques mois après son démarrage sur la Fox en 2019. Une série qui vient avantageusement remplacer l’horrible Magnum PI sans pour autant convaincre avec un pilote qui déborde de déjà-vu tout en essayant d’innover ça-et-là. Séance d’attrapage (ou pas), saison 2, épisode 5.
Si s’embarquer pour ‘là-bas’ d’une façon ou d’une autre ce n’est en fin de compte qu’aller du pareil au même, est-ce que ça n’est pas ici qu’il faut s’efforcer de trouver cet ailleurs – ou ce piment – faute de quoi notre existence est dépourvue de toute saveur?
En d’autres termes, si toutes les errances ramènent à des points connus, pourquoi ne pas prendre les points connus comme prétextes à des errances?
Michel Leyris, préface de Contes et propos de Raymond Queneau, Gallimard, 1980.
On parle beaucoup, ces derniers jours, et pour cause, d’évasions dans et par la littérature et de voyages immobiles. On en oublierait presque que la contrainte est différente : littéraire pour les uns, sanitaire pour nous aujourd’hui. Pour autant, pourquoi ne pas les (re)lire ?