L’œuvre d’Arno Bertina est magnétisée par un tropisme africain : de la guerre d’Algérie dans Le Dehors à la restitution des biens spoliés dans Des lions comme des danseuses, l’écrivain cadastre l’envers de l’histoire occidentale, le registre de ses exactions et de ses crimes, mais il accompagne également la vitalité joyeuse du continent, sa puissance de devenir et son énergie joueuse. C’est un tel tiraillement qui traverse L’âge de la première passe, avec pour ambition d’interroger la place inconfortable de l’écrivain, homme, blanc, occidental, au Congo, accompagnant une ONG s’efforçant d’aider des mineures prostituées.
Tous les mercredis, Joffrey Speno nous offre l’un des films de sa collection de portraits documentaires « La parole aux morts ». Aujourd’hui, « Le poids de deux cœurs ».
Une lecture de Spinoza et de l’Ethique par Jean-Clet Martin.
« Y a-t-il jamais eu des explorateurs de l’angoisse qui soient descendus en chute libre au fond de la panique puis en soient revenus pour en témoigner ? ». Une exploratrice certainement, Lydia Flem, qui dans un texte offert à la lecture dans le cadre de l’opération « Le Seuil du jour », déploie l’un de ces moments que l’on nomme trop légèrement sans doute une « crise de panique » pour montrer combien cet état limite est une « expérience de l’intime extrême ».
Une lecture de Gilles Deleuze par Jean-Clet Martin.
Au terme d’une permission de sortie, un homme jeune qui n’a pas réintégré la prison est recherché. Cet Angelo appartient à une famille de voyageurs, de gitans si l’on préfère. Une équipe du Groupe d’intervention de la Gendarmerie nationale (GIGN) fortement armée est chargée de le retrouver et le repère dans la ferme de ses parents. L’intervention des gendarmes est brutale et tourne mal. Des coups de feu sont tirés. Angelo meurt en peu d’instants. L’enquête qui s’ensuit aboutira à un non-lieu.
Toutle monde parle de « l’après ». « Après ne sera plus comme avant », promet-on un peu partout. Comment sera le monde « d’après » ? De quoi sera fait le jour « d’après » ? Tous les médias regorgent de spéculations sur « l’après ». Sera-t-il différent de « l’avant », et en quoi ? Ou sera-t-il la duplication frénétiquement relancée de cet « avant » dont tout le monde semblait pourtant s’accorder pendant un (court) moment à penser qu’il était bien mal parti, et qu’il nous menait tout droit à la catastrophe ?
Une lecture de Nietzsche et de l’éternel retour par Jean-Clet Martin.
Le 17 avril dernier, en écoutant la radio, j’ai appris la mort du chanteur Christophe. Le vendredi 17 avril, j’ai ainsi appris la mort d’un personnage de mon roman, Nous étions beaux la nuit. Ce n’est pas un drame que vivent fréquemment les écrivains. D’ordinaire, nos personnages ne sont pas de chair et une fois le roman imprimé, nous les oublions, ils appartiennent à une autre époque, celle dans laquelle nous nous projetions au moment de l’écrire, celle que nous habitions ces longs mois, ces années d’un processus d’écriture.
À l’occasion du 1er mai, et pour le fêter, Diacritik a la joie de vous offrir la Première du nouveau titre de Blackmail. Entre Suicide et D.A.F, le groupe offre ici un funk noir mais surtout le premier hit de l’histoire du marxisme : infrastructure, hyperstructure du rythme et des claviers qui dit beaucoup de notre époque.
En juin 1948, une directive du Conseil national de sécurité des États-Unis, signée par le président Truman, pose les principes du « déni plausible ». La directive stipule que les actions clandestines de la CIA seront « planifiées et exécutées de façon à ce que la responsabilité du gouvernement des États-Unis ne soit pas évidente aux yeux des personnes qui n’y ont pas accès, et que si ces actions clandestines étaient découvertes, le gouvernement puisse de manière plausible en nier toute responsabilité. »